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Actualités

Disparition de Delphine Noels

Publié le : 14-04-2026

Nous avons appris avec tristesse le décès de la réalisatrice belge Delphine Noels.

Elle avait réalisé en 2014 Post Partum, produit par Frakas Productions, avec l’actrice Mélanie Doutey — l’un des premiers films à aborder cette thématique encore taboue à l’époque.

Nous nous souvenons aussi des cours de jeu face caméra qu’elle encadrait au Conservatoire de Liège, et dont elle accompagnait les projections aux Grignoux. Elle tenait profondément à ce que ces exercices d’école puissent rencontrer le regard du public, dans les conditions du grand écran.

C’était une réalisatrice passionnée, une personne engagée et généreuse.

Nous pensons particulièrement à ses proches.

Au revoir Delphine.

Jumpers : zigouillons le roi des capitalistes !  

Publié le : 08-04-2026

Jumpers met en scène une jeune femme, Mabel, qui se bat pour conserver un espace de biodiversité sur lequel le maire de sa ville, Jerry, veut construire une rocade d’autoroute. Le film prend comme situation initiale un véritable enjeu de société, à l’image des luttes contre les grands projets inutiles et imposés qu’on voit fleurir un peu partout, de la ZAD de la Chartreuse ici à Liège à l’occupation du chantier de l’A69 dans le sud de la France. Alors qu’il semble dresser des constats intéressants, Jumpers finit par sauter à une conclusion plus que décevante.

Cette analyse décortique le propos du film, pour dresser une conclusion alternative : il faut bel et bien zigouiller le roi des humains ! 

Lisez notre analyse ICI

Journal des Grignoux n° 326

Publié le : 03-04-2026

Éditorial

Dans une petite cabane isolée au milieu des bois vosgiens, ce sont trois générations d’une même famille qui, à la lueur de bougies, échangent passionnément et en pleine nuit sur ce lien magique qu’elles entretiennent à la nature et aux êtres sauvages. Une séquence à comprendre comme un moment suspendu qui en appelle aux aspects les plus élémentaires et précieux de notre existence. Elle est extraite du Chant des forêts, ce formidable film de Vincent Munier, l’un des trois protagonistes de la séquence aux côtés de son père et de son fils.

Porté par une rigueur formelle de tous les instants, ce film connaît depuis sa sortie en février un incroyable plébiscite de la part du public. À l’heure où nous écrivons ces lignes (mi-mars), il a rassemblé près de 90 000 spectateurs en Belgique dont plus de 13 000 rien que dans les cinémas des Grignoux !

Que nous raconte finalement ce succès si réjouissant ? Certainement, d’une part, notre besoin de reconnexion à la nature et au sauvage dans une époque violente et tragique. D’autre part, celui de retrouver cette capacité à l’émerveillement, au plaisir du regard et de l’écoute par le biais du langage cinématographique et — c’est important — du grand écran de la salle de cinéma. On rajoutera un élément essentiel : cette transmission, d’un savoir, d’une passion et d’une vision positive du monde, qui prend tout son sens au cœur du noyau intime, familial.

Fin avril, nous franchirons le seuil d’une autre cabane pour faire connaissance avec des membres d’une famille, cette fois dans le Grand Nord américain. Dans Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay, une fiction tirée du best-seller de David Vann, un père et son fils tentent de se reconnecter l’un à l’autre, en se coupant volontairement de la société dite moderne. Ils vont être confrontés à une expérience de vie extrême, dans un rapport tendu avec l’environnement dont les variations météorologiques intenses impacteront leur mental, avec le risque de les faire basculer définitivement dans une direction non désirée à l’origine.

Deux autres films, événementiels, abordent eux aussi de manière intimiste des thématiques existentielles, en mettant en lumière des relations familiales dans leur rapport au monde. Des relations qui seront impactées par quelque chose de plus grand qu’elles, ici non par la nature, mais par la marche de l’histoire quand elle s’en prend à l’idéal démocratique. Dans tous les cas, on parlera soit de résistance, soit de renoncement avec une question générique en guise de ligne de démarcation : jusqu’où peut-on demeurer fidèle à ses idéaux ?

Dans Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli situe son action durant la Seconde Guerre mondiale et évoque, dans une fresque de grande ampleur, le basculement, fatal, pour un père et sa fille vers le nazisme alors que rien ne semblait les y prédisposer au départ. Par naïveté, par aveuglement, par opportunisme, par égo... Le film montre sans néanmoins pardonner, mais avec la nuance nécessaire, à quel point rejoindre le mauvais côté de l’histoire ne tient parfois qu’à un fil.

Dans Yellow Letters d’Ilker Çatak, une fiction lauréate de l’Ours d’Or à Berlin, un professeur et son épouse comédienne sont condamnés par le gouvernement turc pour leurs idées progressistes. Ils connaissent une précarité nouvelle avec le risque, tangible, de briser l’union de leur couple et de leur famille. Ils feront tout pour ne pas tomber dans ce piège que leur tendent des autorités conscientes de la nécessité de consolider leur pouvoir par la censure, en faisant taire tout discours dissonant, toute révolte, toute manière de penser par soi-même.

Berceau de la démocratie, de la socialisation, du vivre-ensemble, la famille est cet espace intime où tout se construit, où tout se joue pour l’avenir, aux contacts des autres et de la nature. Remettre au cœur de nos sociétés en ébullition les valeurs progressistes auxquelles nous croyons implique d’entretenir les notions de résistance et d’écoute. Cela signifie aussi prendre le temps de la contemplation, de la poésie et de la transmission. Il en va du futur des nouvelles générations et, par corollaire, de la préservation de nos démocraties, de nos cellules intimes comme de cette nature, majestueuse et mystérieuse, qui a tant à nous apprendre sur nous-mêmes.

Les Grignoux

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Gourou : le développement personnel, se changer soi sans changer le monde

Publié le : 25-02-2026

Dans la foulée de la sortie du film Gourou, les Grignoux ont rencontré Manon Mottard, autrice de l'enquête-podcast « Le piège : les coulisses du développement personnel», diffusé par la RTBF.

A travers cette analyse, nous revenons sur quelques-uns des éléments essentiels de cette enquête et interrogeons par ailleurs le succès de ce genre de séminaires et du développement personnel dans nos sociétés. 

Lisez notre analyse ICI

L’Enfant Bélier : fiction cinématographique d’une fiction policière

Publié le : 05-02-2026

Découvrez notre analyse qui se propose d’articuler l’histoire vraie du meurtre de Mawda avec son traitement à l’écran.

Comment cette fiction restitue-t-elle une histoire qui a déjà été largement fictionnalisée dans la réalité? Quels éléments réels parvient-elle à intégrer qui puisse permettre de comprendre en partie les implications de ce drame ? La réalisatrice déclare que son film s’inscrit dans un contexte de politiques de plus en plus dures à l’égard des personnes migrantes. Cette analyse reviendra sur les points importants de ces politiques que le film permet d’appréhender. 

Lisez notre analyse ICI

Bilan 2025 des cinémas des Grignoux 

Publié le : 15-01-2026

L’année 2025 s’ouvre sur un constat lucide : le secteur du cinéma d’art et d’essai, en Wallonie comme ailleurs, traverse une période de turbulences. Les Grignoux n’ont pas été épargnés. Hausse généralisée des coûts, réduction de certaines subventions publiques (et pas des moindres pour notre asbl !), crise de fréquentation des salles (473000 entrées, soit -13% par rapport à 2024), impacts des grands chantiers urbains…  


Mission sociale et politique des Grignoux 
 
Les Grignoux rappellent que leur projet est culturel ET politique, au sens noble du terme : défendre la démocratie, la citoyenneté active, l’analyse critique de la société et la solidarité. Cette conscience politique irrigue la programmation, les débats en salle, les prises de position publiques et la gouvernance.  
Nous dénonçons les attaques subies cette année par les Grignoux et par d'autres acteurs culturels et de l'éducation permanente, qui assimilent expression politique ou critique à des éléments partisans. Cela revient à punir l’esprit critique et à réduire la liberté d’expression. Cette dérive est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un contexte de montées des populismes et des extrêmes en Europe et en Belgique francophone.

Vitalité culturelle et programmation 
 
Malgré les difficultés, les Grignoux témoignent de la vitalité du cinéma indépendant, de la diversité de la programmation et de la volonté de faire du cinéma un outil de réflexion et de résistance. Les films programmés en 2025 ont permis de porter des voix fragilisées, de questionner les institutions et de rappeler l’urgence de répondre à la détresse humaine.  

TOP 10 des films les plus vus dans les salles des Grignoux en 2025 :  

1. L'Acier a coulé dans nos veines 
2. Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau 
3. En fanfare 
4. Une bataille après l'autre 
5. Zootopia 2 (toujours en salles) 
6. The Brutalist 
7. La femme la plus riche du monde 
8. Valeur sentimentale 
9. The Room Next Door 
10. Jeunes Mères

Les sources de satisfaction 

- Ce sont 2 films distribués par l'équipe du Parc Distribution qui arrivent en pointe, dont le documentaire L'Acier a coulé dans nos veines réalisé par Christine Pireaux et Thierry Michel. Une preuve de plus, si besoin, que des films "locaux et engagés" rencontrent toujours le public des Grignoux.

- La programmation 2026 s'annonce plus dense et aussi plus riche qu'en 2025 : nous attendons notamment la sortie de Marty Supreme (avec Timothée Chalamet, récompensé aux Golden Globes), L'Odyssée de Christopher Nolan en été, Dune 3 de Denis Villeneuve en fin d'année... 

- Le renforcement de films classiques séduit de plus en plus de jeunes (y compris avec animation musicale en live (Laurel et Hardy le 25 janvier au cinéma le Parc !) Le Churchill est d’ailleurs notre cinéma liégeois qui s’en sort le mieux en termes de fréquentation (-5%).  

- La diffusion de films "à grand spectacle" séduit toujours les plus curieux : Avatar (en ce moment dans nos salles avec des conditions techniques de pointe) ou bientôt le très attendu Le Chant des forêts de Vincent Munier (réalisateur de La Panthère des neiges)

- Nos séances en matinées scolaires via le programme Écran Large sur Tableau Noir attirent toujours autant de jeunes spectateur·rices dans nos salles obscures (52.236) : notre mission d’éducation à l’image continue d’accompagner les générations futures ! 

Perspectives et ambitions

L’avenir s’annonce incertain et les questions sont nombreuses : les coupes budgétaires et les mesures annoncées inquiètent, tant pour les Grignoux que pour l’ensemble du secteur culturel. Quel est le projet de société qui sous-tend ces décisions ? 
Dans cet environnement complexe, où les conditions économiques et politiques fragilisent, les Grignoux continuent cependant à proposer une offre culturelle différente, qui privilégie l’émotion, la rencontre, l’expérience partagée afin de donner des clés de compréhension du monde et ouvrir les horizons. 
Chaque année, ce sont en effet plus de 500 films différents et 12.000 séances qui animent les salles liégeoises et namuroises, sans oublier les nombreux événements qui font vivre le cinéma belge et européen. Une programmation à la fois de niche et grand public, qui conjugue qualité et diversité.  

Alors, vivons 2026 ensemble, au cinéma ! 

Journal des Grignoux n°324

Publié le : 07-01-2026

Éditorial

« Le présent décret a pour objet le développement de l’action d’éducation permanente «…» visant l’analyse critique de la société, la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives, le développement de la citoyenneté active et l’exercice des droits civils, sociaux, culturels, environnementaux et économiques dans une perspective d’émancipation individuelle et collective » (Extrait du décret du 17 juillet 2003 de la Fédération Wallonie-Bruxelles relatif à l’action d’éducation permanente dans le champ de la vie associative).

Si, d’ordinaire, l’éditorial de notre journal fait dialoguer actualités, enjeux sociétaux et sorties cinéma, que nous y partageons habituellement notre enthousiasme pour les œuvres qui nourrissent nos programmations, aujourd'hui, nous bousculons quelque peu cette pratique. Derrière notre proposition culturelle, nos débats, nos choix artistiques, il y a un projet, un projet politique que nous construisons avec vous depuis cinquante ans. Un projet qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de ce décret que nous tenions à mettre à l’honneur dans ces lignes. Notre projet partage avec lui la conviction fondamentale que, sans analyse critique, sans citoyenneté active et sans espace de rencontre pour les exercer, la démocratie se meurt.

Aux Grignoux, cette conscience politique n’est pas accessoire, elle est notre raison d’être. C’est elle qui traverse la grande majorité de notre programmation, qui oriente nos débats en salle, qui fonde nos prises de position publiques et notre gouvernance. Cette conscience politique irrigue aussi un travail parfois moins connu : nos analyses et productions de savoirs associatifs. Ces outils précieux utilisent le cinéma comme moyen de compréhension du monde, comme manière de questionner, décortiquer, mettre en perspective l’actualité, les images, et notre façon de les regarder. Ces outils nous éclairent aussi sur la manière dont la lutte peut prendre des formes multiples pour combattre les oppressions et les injustices. En guise d’exemples récents et d’inspiration, citons l’analyse autour de L’Histoire de Souleymane qui nous informe sur des organisations de travailleurs qui infléchissent l’adoption d’une directive européenne visant à l’amélioration des conditions de travail des livreurs ou encore la perspective d’une lutte faite de joie et de soin dans l'analyse autour du documentaire Famille choisie. La production Libérez Sabine! décrit, quant à elle, comment les réseaux de solidarité qui peuvent se créer entre les luttes politiques et les structures culturelles sont fertiles. Enfin, dans notre étude autour de Put Your Soul on Your Hand and Walk, nous interrogeons les dispositifs filmiques qui transforment le spectateur en acteur potentiel du soutien à la Palestine. En miroir à ce travail, la Rentrée associative des Grignoux, qui aura lieu le 6 janvier au Caméo et au Parc, donnera le ton pour l’année 2026 : rejoignez-nous pour la projection du film coup-de-poing La Voix de Hind Rajab suivie d’une rencontre pour échanger sur nos moyens d’action et de résistance face à un génocide.

Ces exemples illustrent que l’analyse critique, l’exercice des droits, l’émancipation individuelle et collective sont au cœur de notre projet. Plus largement, ces valeurs, ces missions, ce sont celles que porte — avec le soutien des pouvoirs publics — un secteur associatif aujourd’hui fragilisé. Fragilisé par des coupes budgétaires qui défient la raison. Fragilisé aussi par une offensive idéologique de plus en plus décomplexée qui alimente clivage et polarisation des discours. Rappelons-nous que lorsque l’on affaiblit la liberté associative, lorsque l’on déstructure celles et ceux qui permettent le débat, le partage, la pensée, c’est la démocratie elle-même que l’on affaiblit.

Pour terminer ces quelques lignes, nous reprendrons les mots de Salomé Saqué (journaliste chez Blast) qui décrivent avec une infinie justesse notre état d’esprit : « Nous y sommes, à ce moment charnière où nous pouvons encore réagir, nous pouvons encore faire du bruit, nous pouvons encore mettre en lumière les faits vérifiés pour déchirer l’obscurantisme qui menace. Nous pouvons encore dire haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde-là. Nous pouvons utiliser nos droits tant que nous les avons. Le droit d’informer, le droit de nous rassembler, le droit de créer, le droit de rire et de faire rire, le droit d’affirmer notre envie de solidarité, notre besoin d’humanité. Nous avons le droit de résister de toutes nos forces à ce vent de haine et d’intolérance. La démocratie ne meurt que si on la laisse mourir. »

Les Grignoux

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La carte de membre 2026 est disponible

Publié le : 07-01-2026

Elle vous fait profiter de ces avantages :

- réduction de 1,5€ sur chaque séance (8€ au lieu de 9,5€)
- réception de notre journal à domicile

Pour le prix annuel de 6€ (donc rentabilisée en 4 séances, sans compter les frais d'envoi du journal) !

Notre carte de membre 2026 vous attend aux caisses de nos cinémas.

Pour plus d'infos sur nos tarifs, cliquez ici.

Heureuse année 2026 à vous !

Publié le : 02-01-2026

L’année 2025 n’a pas été tendre. Celle qui vient risque malheureusement de l'être encore moins. Pas de voeux pieux donc, mais juste un dessin comme on les aime, engagé à dessein. Merci encore et toujours pour votre soutien. Heureuse année 2026 à vous ! Comptez sur nous.

Les Grignoux

horaires

Durant les fêtes...

Publié le : 23-12-2025

Nos CINÉMAS vous accueillent

Les 24 décembre et 31 décembre : 
Cinéma Caméo : de 10h à 18h
Cinémas le Parc, Churchill et Sauvenière : de 10h à 20h

Les 25 décembre et 1er janvier :
Premières séances à 14h dans les 4 cinémas

Nos ESPACES HORECA vous accueillent

Les 24 décembre et 31 décembre : 
Caféo : jusqu'à 18h
Brasserie Sauvenière : jusqu'à 20h
Café le Parc : fermé

Les 25 décembre et 1er janvier : 
Caféo : fermé
Brasserie Sauvenière : dès 16h
Café le Parc  : dès 17h

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