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affiche du film La vie invisible d'Euridice Gusmao

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La vie invisible d'Euridice Gusmao

  • Réalisé par
    Karim Aïnouz
  • Interprété par
    Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    portugais, grec
  • Pays d'origine
    Brésil, Allemagne
  • Année
    2019
  • Durée
    2:19
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-12-11
  • Récompenses

    Grand Prix de la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019

Voici un film surprenant, que nous avons découvert sans trop d’attentes, et dont nous sommes ressortis émus et subjugués. Présentée dans la section Un certain regard au Festival de Cannes, dont elle a remporté le grand prix, cette fresque familiale raconte la destinée de deux sœurs dans le Brésil des années 1950, destinée étroitement liée à la condition des femmes de l’époque

Guida et Eurídice sont deux sœurs inséparables. Guida rêve de rencontrer le grand amour, Eurídice de devenir une grande pianiste. Il faut la voir s’abandonner corps et âme à sa passion, incapable de décoller ses doigts du clavier pour aider sa sœur et sa mère à mettre la table. « Tu as 18 ans, tu n’es plus une enfant », la charrie Guida. Quelques minutes suffisent à nous faire entrevoir la complicité, l’entente indéfectible qui existent entre les deux sœurs. Leur ressemblance est étonnante, on les prendrait presque pour des jumelles… Mais Guida a deux ans de plus et, ce soir-là, elle désire ardemment retrouver ce charmant marin grec rencontré sur le port de Rio de Janeiro. Eurídice accepte donc de la couvrir – « pour une fois ! » – auprès de leurs parents et de lui ouvrir la porte à l’arrière du jardin durant la nuit. Mais Guida ne revient pas… Succombant à l’éclat de la passion amoureuse, elle s’en va en Grèce, laissant sa sœur seule. Seule face à l’autorité paternelle, et bientôt seule face aux « obligations » conjugales, à l’épuisement d’un rêve qui semble toujours plus lointain, tandis que son piano finit par prendre la poussière au sein d’un foyer dont elle n’a pas choisi d’être la gardienne.

C’est ici que débute cette chronique familiale. Nous suivons en parallèle le destin de ces deux sœurs séparées par la fierté mal placée d’un patriarcat qui annihile le désir des femmes : leur désir d’aimer, de suivre leur rêve, d’écrire leur propre destinée. Car Guida est revenue, enceinte et célibataire, et est dûment renvoyée de chez elle par un père qui ne peut accepter l’idée d’un « bâtard » dans sa famille, contraignant sa femme à ne pas toucher un mot de cette visite à Eurídice… Les deux sœurs se chercheront toute leur vie : l’une vivant à la dure dans les quartiers pauvres de Rio, l’autre s’embourbant dans une vie de famille étouffante.

Au-delà du récit à l’écriture fine, au plus près des deux héroïnes, nous amenant à vivre avec elles l’adversité du monde masculin, c’est la beauté du film qui nous a littéralement subjugués. Les décors, les costumes, les couleurs… Car, paradoxalement, cette histoire d’émancipation féminine contrariée est mise en scène dans une esthétique flamboyante, chaleureuse, donnant envie d’en savoir plus sur les courants artistiques et les styles qui ont traversé le Brésil contemporain. On s’en voudrait de terminer sans mentionner l’interprétation des deux actrices principales Carol Duarte (Eurídice) et Julia Stockler (Guida), qui sont toutes les deux, tout simplement, superbes.

ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX

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