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Une analyse proposée par les Grignoux
La Fête est finie
de Marie Garel-Weiss
France, 2018, 1h33

Cette analyse consacrée à La Fête est finie de Marie Garel-Weiss revient sur le portrait des deux personnages principales. Elle vise à éclairer le sens du fim mais également à mieux comprendre comment une telle fiction cinématographique peut nous éclairer sur la réalité qui nous entoure. Attention ! Ne lisez pas cette analyse avant d'avoir vu le film dont elle dévoile largement l'intrigue.

Le film en quelques mots

Image du filmLa Fête est finie aborde la consommation de stupéfiants à travers le destin de deux jeunes filles toxicomanes qui, à un moment donné de leur parcours et pour des raisons diverses, décident de s'en sortir et font la démarche de se rendre dans un centre d'aide aux personnes dépendantes. Arrivées le même jour, elles entament ensemble le chemin qui doit les mener vers une autonomie et une liberté retrouvées. Or cette proximité aléatoire représente en réalité pour elles le début d'une amitié à toute épreuve, pour le meilleur et parfois pour le pire.

Loin de tout discours moralisateur sur les ravages de la drogue, la réalisatrice a donc choisi d'aborder le sujet sous l'angle positif de l'espoir : espoir de retrouver le sens et le goût de la vie, de reprendre les rênes de sa destinée ou encore de renouer avec ses proches et de tisser à nouveau avec eux des liens de confiance.

Céleste et Sihem

La relation d'amitié qui naît entre Céleste et Sihem et la façon dont elle évolue se trouve au cœur du film de Marie Garel-Weiss. Tout le phénomène de la dépendance est ainsi abordé à travers le prisme de leur amitié, qui se révélera être tour à tour un formidable soutien dans l'épreuve, une bulle étouffante voire toxique ou encore une liaison dangereuse face à la tentation de la rechute.

C'est sur ces deux personnages et les relations qu'ils entretiennent que nous proposons par conséquent de revenir dans l'analyse développée ci-dessous.

Quelques questions

Nous proposons de dresser le portrait de chacune des deux jeunes filles avec des questions relativement simples comme :

En ce qui concerne son identité sociale et son statut civil, professionnel
• Quel âge a-t-elle environ ?
• A-t-elle fait des études ?
• Que fait-elle dans la vie ?
• De quel milieu est-elle issue ?

En ce qui concerne son histoire
• Que sait-on de son histoire personnelle ?
• Que peut-on dire de son passé familial ?
• Quelle type de relations entretient-elle avec ses proches ?

En ce qui concerne son caractère et sa personnalité
• Comment se comporte-t-elle avec le personnel du centre ?
• Avec ses proches ?
• Avec les autres pensionnaires ?
• Quelle est son attitude par rapport au travail ?
• À l'argent ?
• À l'autorité ?
• Aux règles de la vie commune (au centre, en cohabitation)
• Quelles sont ses qualités principales ?
• Quels sont ses défauts principaux ?

Ces questions peuvent paraître élémentaires. Elles sont cependant importantes parce que nous conservons des individus que nous rencontrons dans la vie quotidienne ou que nous voyons au cinéma une impression sommaire, alrgement intuitive, basée sur l'un ou l'autre élément saillant[1], qu'il soit physique (la couleur des cheveux) ou psychologique (extraverti, timide, renfermé…). Toute analyse, qui veut éviter l'impressionnisme, nécessite que l'on considère les différentes dimensions de ce qui constitue la personnalité (au sens le plus large) de individus. La grille proposée ci-dessus, aussi simple ou élémentaire soit-elle, permet ainsi d'objectiver une impression qui sans cela risquerait d'être partielle et partiale.

Grâce à cet outil d'analyse, il est possible de dresser un portrait systématique (sinon complet) des deux personnages et de confronter ces portraits en identifiant tout ce qui rapproche les deux jeunes filles et tout ce qui les sépare. On essaiera d'abord de repérer tous les éléments qui ont pu conduire au rapprochement de Céleste et de Sihem, cela en dépit d'une personnalité et d'une histoire différentes, puis de mettre en évidence leurs trajectoires personnelles, qui se croisent à un moment donné avant de s'écarter à nouveau, avec des retrouvailles à la fin du film. Il faut en effet tenri compte de la dimension temporelle du film qui est importante pour cerner l'évolution de leur relation et en comprendre les étapes décisives.

Quelques éléments de réponse

Comme dans beaucoup de scénarios qui mettent en scène des couples, qu'il s'agisse d'amis, d'amants ou même de collègues de travail, celui de La Fête est finie se caractérise par un jeu subtil de différences et de ressemblances. L'originalité de La Fête est finie est sans doute de ne pas conduire à un simple rapprochement (ou à une rupture) mais à un renversement (partiel) des attentes que les portraits d'abord dressés ont pu créer.

Des portraits contrastés

Image du filmLes deux jeunes protagonistes du film se distinguent d'abord par leur personnalité et leur caractère. Calme, réservée, plutôt taiseuse et peu liante, Sihem ne montre au départ aucune prédisposition à entrer en contact avec Céleste, beaucoup plus speedée, plus agressive et plus extravertie qu'elle. Même leur look à leur arrivée au Séquoia indique un fossé entre ces deux filles, l'aspect soigné et classique des vêtements de Sihem qui entre dans le centre avec une lourde valise à roulettes tranchant avec le balluchon de Céleste et l'aspect négligé de sa tenue. Dès le début du film, nous remarquons ainsi que la réalisatrice a construit ses personnages sur base d'une opposition flagrante et qu'il y a sans doute dans ce choix de mise en scène une intention de creuser au-delà des apparences pour comprendre comment une amitié si forte à pu naître entre deux filles tellement différentes.

Ce contraste de personnalité ressort d'ailleurs avec beaucoup de force lorsque les deux jeunes filles sont exclues du centre et livrées à elles-mêmes dans le petit appartement qu'elles partagent désormais : là où Céleste se laisse vivre, refuse de travailler pour un salaire de misère, délaisse les tâches ménagères et n'hésite pas à voler la cafetière à offrir en cadeau à la mère de son amie, Sihem, elle, fuit dans le travail et l'hyperactivité : elle s'est trouvée un emploi de caissière, s'occupe sans cesse à ranger l'appartement, à faire du ménage… Or celle qui s'en sortira n'est pas celle que l'on pense et il faudra une rechute partagée pour qu'un conflit sévère sépare les deux femmes, chacune étant alors amenée à « vivre sans béquilles » et à faire ses preuves seule. Une fois encore, la question des apparences est donc soulevée ici avec beaucoup d'habileté.

Par ailleurs, Céleste et Sihem sont également éloignées l'une de l'autre par le milieu socioculturel dont elles sont issues ainsi que leur histoire familiale.

Alors que Sihem provient d'un milieu aisé, qu'elle a poursuivi pendant un temps de brillantes études de droit comme ses sœurs, toutes deux avocates, et qu'elle a grandi au sein d'une famille unie et aimante, Céleste est issue d'un milieu beaucoup moins favorisé sinon précaire. Élevée par sa mère, elle n'a pas fait d'études et souffre manifestement depuis longtemps de divers manques (manque de figure paternelle, incompréhension et manque de dialogue avec sa mère, manque affectif…). Elle a quitté très tôt le foyer familial et se débrouille seule depuis lors. Si l'éducation a permis à Sihem d'acquérir le sens des valeurs (respecter et protéger ses parents, ne pas voler, travailler pour vivre…), ce n'est pas le cas de Céleste, qui a manifestement grandi sans beaucoup de repères moraux : elle ne manifeste que peu d'empathie vis-à-vis de sa mère, à qui elle fait de nombreux reproches, elle vole (alors qu'elle n'a pas encore rechuté et que sa situation ne le justifie donc pas), elle ne voit pas non plus l'intérêt de travailler puisqu'elle est bénéficiaire d'allocations sociales…

L'opposition construite par la réalisatrice se prolonge ainsi au-delà de leurs personnalités respectives. Sur le plan de l'interprétation, on peut imaginer qu'un tel procédé relève d'une volonté de mettre, par effet de contraste, l'accent sur ce qui rapproche ces deux jeunes femmes.

La naissance d'une amitié

Image du filmComme tous les toxicomanes du centre, Céleste et Sihem ont une même volonté de s'en sortir et ont franchi le pas pour se faire aider en dehors de leur milieu de vie habituel. Comme pour tous les autres pensionnaires, les contacts avec les proches restent ponctuels et strictement encadrés. L'événement fortuit que constitue leur arrivée simultanée au Séquoia et le fait qu'elles entament ensemble leur parcours thérapeutique explique sans doute un premier rapprochement mais c'est surtout une même intolérance aux règles de la vie communautaire qui va amener entre elles une grande complicité. « Putain c'est l'armée ici ! » s'exclame l'une d'elles le premier matin alors qu'elles observent les autres faire du Tai chi dans le jardin. Leur relation débutera toutefois par un conflit, lorsque Céleste rejoint Sihem à l'extérieur pendant une soirée télé, devinant qu'elle s'est esquivée pour « prendre quelque chose » en douce. La réaction qu'elle a alors – elle avale elle-même le tube de médicaments de sa nouvelle copine en entier – indique qu'il s'agit moins pour elle d'empêcher Sihem de rechuter que de combler son propre manque à elle. C'est finalement cet événement révélateur d'une même difficulté à tenir le coup qui marque le début de leur amitié. Désormais, c'est ensemble qu'elles surmonteront les épreuves, comme on le voit dans la scène suivante où elles travaillent aux champs. Lors de cette séquence, leurs rires tranchent en effet avec l'effort physique que réclament les tâches (entre autres, fixer de gros pieux en terre), dont le côté pénible et rébarbatif est encore accentué par l'atmosphère grise, froide et pluvieuse qui enveloppe l'ensemble de la scène.

Au centre, les relations sexuelles sont interdites. Si l'attitude ambiguë de Céleste et de Sihem, installées ensemble dans la baignoire après la visite des proches, peut s'interpréter comme un prélude à une relation sexuelle – c'est immédiatement à cela que songent leur voisine de chambre et, à sa suite, la plupart des résidents –, les deux jeunes filles s'en défendent, ne voyant pas ce qu'il y a de mal à prendre un bain. Pour elles, il s'agit d'un malentendu qui relève d'une conception différente des relations humaines et cette divergence – cette dissidence, pourrait-on dire – par rapport au groupe va les rapprocher un peu plus encore.

Par ailleurs, leur fugue en pleine nuit va leur valoir un renvoi définitif du centre. Si elles n'ont effectivement pas respecté l'une des règles de base, c'était en réalité pour elles le seul moyen d'échapper à la tentation de la rechute, en remplaçant la drogue par « un grec », un kebab. De leur point de vue, elles estiment n'avoir rien fait de contraire à la morale ni aux objectifs de la cure puisqu'elles n'ont pas rechuté malgré une nuit passée dehors, avec des jeunes habitués à consommer de manière récréative certains produits comme l'ecstasy. C'est donc ensemble que Sihem et Céleste se retrouvent à la rue, fragiles, démunies de tout mais relativement confiantes dans leurs capacités à tenir bon. Mais le poids des contraintes qui les unissait au centre va bientôt faire place au poids de la liberté et des choix auxquels elle convie, et les premières dissensions apparaissent rapidement entre les deux filles, qui sont chacune porteuses de valeurs et d'un caractère bien différents. La sortie en boîte et la rechute, la violente dispute qui s'en suivra le lendemain matin puis le départ de Sihem signeront en quelque sorte la fin de leur relation amicale, avant leurs retrouvailles quatre ans plus tard : c'est seulement alors, après cette longue période d'abstinence et une vie reconstruite (travail, appartement…), que Céleste va pouvoir réellement aider son amie à sortir de l'enfer.

Un vécu douloureux

Au-delà d'une même rébellion contre les règles du centre, ce qui rapproche par-dessus tout Sihem et Céleste, c'est une profonde blessure intérieure. La scène qui les montre étendues toutes les deux aux pieds d'un arbre lorsqu'elles se confient l'une à l'autre est d'ailleurs assez éloquente : au-delà des mots, l'image nous parle à la fois des racines et de la force dont elles ont besoin pour surmonter les événements du passé. Alors que Céleste a grandi sans père et dans une relation difficile avec sa mère – « T'as de la chance d'avoir une famille comme ça… C'est comme si c'était pas la réalité… Y a plus de vie en un repas chez toi que toute ma vie avec ma mère ! », dira-t-elle plus tard à son amie après un repas chez ses parents –, Sihem, elle, a perdu l'enfant qu'elle allait mettre au monde, une petite fille que les médecins n'ont pas pu sauver et à qui elle a promis de s'en sortir, d'avoir une vie. Pendant toute la durée de la séquence, la caméra se rapproche et bouge autour de leurs visages, dans un même mouvement d'approche que celui utilisé pour filmer les branchages de l'arbre quelques instants plus tôt : avec beaucoup d'humanité, de douceur et d'émotion, un peu comme si elle saisissait l'importance de ce moment de confidences et voulait protéger ces vies qui ne tiennent finalement plus qu'à un fil.

Cinéma et réalité

La Fête est finie est pour une part une fiction même si la cinéaste (qui est également la scénariste du film) s'est inspirée, comme elle le dit dans ses interviews, de sa propre expérience. Mais peut-on alors considérer que ce film représente la « réalité » (ou une part de celle-ci), et qu'il nous permet notamment d'appréhender un phénomène comme celui de l'addiction ou de la dépendance  ?[2]

L'on perçoit immédiatement les limites de la représentation cinématographique si l'on considère un phénomène comme le « manque », le sevrage qui provoque une douleur physique ou mentale souvent intense et irrépressible. Une telle sensation ne peut pas être partagée par le cinéma, et le spectateur qui n'en a pas fait personnellement l'expérience peut seulement comprendre intellectuellement un tel état mais non l'éprouver. Ceci explique que, confrontés à une telle réalité, beaucoup de personnes, qui n'ont jamais ressenti intimement le phénomène de la dépendance, puissent affirmer qu'il suffit de faire preuve de volonté pour « s'en sortir »… Et il est dès lors très difficile pour beaucoup de spectateurs et spectatrices de comprendre des comportements comme la « rechute » puisqu'ils n'éprouvent pas la force ou la puissance du sentiment du manque.

En revanche, l'amitié entre Céleste et Sihem est un sentiment qui peut certainement être facilement partagé par la plupart d'entre nous. En plaçant cette amitié au centre du film, la cinéaste a donc déplacé l'attention des spectateurs et spectatrices vers une relation qui peut sembler singulière, propre à l'histoire des deux jeunes filles, mais qui fonctionne comme un puissant facteur d'empathie. En même temps, comme le signale le psychologue qui leur fait face, cette amitié crée une nouvelle dépendance similaire à leur addiction à la drogue. Sans réduire les deux phénomènes l'un à l'autre, nous pouvons dès lors mieux percevoir les analogies entre les deux.

En outre, cette transposition permet de mettre en lumière le « besoin » que la drogue comme l'amitié vient combler. En cela, le film rejoint, même si ce n'est pas explicite, les recommandations thérapeutiques des spécialistes des addictions qui recommandent de dépasser la fixation sur les « produits » (drogue, alcool, tabac…) qui seraient intrinsèquement dangereux[3], et de prendre plus largement en considération l'ensemble de la situation (individuelle, familiale, passée, présente…) où l'addiction vient prendre place. L'on comprend à travers les multiples confidences - même très brèves et allusives - des deux jeunes filles qu'elles souffrent d'un manque affectif que la drogue vient partiellement combler (ce qui n'exclut pas d'autres motifs comme la recherche du plaisir comme le signale la sortie en boîte de nuit, ou encore l'influence d'une sociabilité plus ou moins « toxique »). L'amitié, surtout quand elle est extrêmement intense, se révèle elle-même ambivalente (comme le souligne le psychologue) puisqu'elle peut entraîner une forte dépendance à l'autre. En même temps, elle peut aussi comme dans le film offrir une issue heureuse à un mal-être personnel.

Mais le portrait contrasté des personnages révèle également le caractère abstrait d'une formule comme le « manque affectif ». L'intégration familiale pour l'une ou au contraire l'absence de figure paternelle pour l'autre, l'aisance financière d'un côté ou les difficultés socio-économiques de l'autre, des normes morales strictes ou plus tolérantes représentent des réalités psychosociales très différentes qui nous permettent de percevoir « sur le vif » le mal-être dont souffrent ces jeunes filles. Le film n'explique évidemment pas les causes de l'addiction ni ne donne les moyens d'en sortir mais permet aux spectateurs et spectatrices d'approcher de façon concrète les différents éléments d'un portrait complexe et contrasté où la « drogue » vient prendre place.

Références sur l'addictologie
  • Une synthèse de la revue Sciences humaines avec une courte bibliographie
  • Alain Morel, Jean-Pierre Couteron, Patrick Fouilland (sous la direction), Aide-mémoire - Addictologie en 49 notions. Paris, Dunod, 2015, p. 238-241.

1. En psychologie, la saillance désigne le fait que, face à un phénomène concret (par exemple un individu), notre attention se focalise sur l'un ou l'autre élément (par exemple les traits du visage) et néglige beaucoup d'autres détails (par exemple, l'habillement ou même la couleurs des cheveux ou des yeux). La saillance influe également sur la mémorisation qui privilégie certains éléments et en oublie d'autres. Ainsi, lorsque nous parlons après la projection d'un film, nous négligeons énormément d'événements et de détails qui nous paru, comme on dit, secondaires. Il est dès lors important, si l'on veut mener une étude un tant soit peu objective, d'utiliser des instruments de remémoration comme des grilles plus ou moins systématiques qui permettent d'attirer l'attention sur des éléments qui sans cela seraient négligés, mais aussi de s'en souvenir.

2. Un spécialiste comme le professeur Christian Lüscher fait une différence entre la dépendance et l'addiction. La dépendance à une substance (mais également à des comportements comme le jeu, le shopping ou le sexe) se caractériserait par héroïnele fait que l'interruption brusque de la consommation entraîne un symptôme de sevrage, c'est-à-dire une souffrance psychologique ou physique. L'addiction se caractérise par une consommation excessive de la substance. Une personne qui boit quotidiennement deux, trois ou quatre verres d'alcool le soir après le travail sera très certainement dépendante car elle aura beaucoup de difficultés à arrêter ne serait-ce qu'un jour sa consommation. La cocaïne en revanche serait une substance essentiellement addictive car elle entraîne l'individu dans une consommation excessive (comme on le voit dans de nombreux films où les personnages multiplient les « rails » de coke dans une ambiance festive). Les opiacés (héroïne, morphine, codéine…) entraînent à la fois dépendance et addiction. L'on comprend facilement que la dépendance est un phénomène beaucoup plus large, et que beaucoup de consommateurs de substances réputes très addictives ne deviennent pas sujets à une addiction : leur consommation reste, comme on dit, contrôlée. La distinction (qui n'est pas reconnue par tous les spécialistes) n'est pas très importante pour notre propos.

3. Certaines substances comme le tabac ou l'alcool sont intrinsèquement nocives pour la santé. Et certaines sont plus addictives (comme les opiacés) que d'autres. Mais les spécialistes s'accordent sur le fait que la « rencontre » avec le produit n'induit pas de façon mécanique ni l'addiction ni la dépendance, et ils évitent dès lors de se focaliser sur le seul produit pour s'intéresser à l'ensemble de la personne dont la consommation est problématique.

 

Affiche du film

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