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affiche du film Noura rêve

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Noura rêve

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  • Réalisé par
    Hinde Boujemaa
  • Interprété par
    Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi
  • Distributeur
    O brother
  • Langue
    arabe
  • Pays d'origine
    Tunisie, Belgique, France
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 34
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2020-01-29

Plaidoyer pour la liberté d’aimer, Noura rêve appartient à cette nouvelle vague du cinéma tunisien, mettant en lumière les contradictions d’une société coincée entre tradition et émancipation. Au cœur de cette histoire, Noura, une mère de famille désirant s’extraire du verdict social qui s’est abattu sur elle…

C’est une histoire bien actuelle et qu’on pourrait pourtant considérer d’un autre temps dans notre pays, où l’on ne jette plus tant la pierre à ceux qui commettent l’adultère. En Tunisie, le fait de tromper son époux ou son épouse est un crime passible de deux à cinq ans de prison ! C’est le point de départ de l’histoire de Noura, femme qu’on ne peut en aucun cas qualifier de légère… Et pourtant infidèle. Comme on la comprend ! Des années à attendre son mari, Lassad, détenu récidiviste : lassée de poireauter au parloir pour quelques mots vains, sans aucune forme d’espoir. Ses trois enfants n’en peuvent plus d’attendre un paternel qui ne revient pas, redoutant presque sa venue, tant sa présence jadis ne fut pas synonyme d’apaisement, ni de tranquillité. Seule Noura fait encore l’effort de rendre visite à son mari, mais elle a du mal à feindre l’enthousiasme. Elle le fait par devoir sans doute, par souci du qu’en-dira-t-on aussi, n’osant pas avouer son désamour. N’osant pas plus confesser qu’elle s’est prise à rêver de se reconstruire une vie avec un honnête homme, Jamel, un garagiste travailleur, prévenant. Impatiemment, Noura compte les jours avant que le divorce, qu’elle a demandé en cachette, soit prononcé. C’est une libération qui s’annonce. Mais celle qui va se produire et bouleverser tout le monde n’aura, elle, pas été annoncée… Une grâce présidentielle est prononcée, et Lassad sort de prison sans crier gare, désireux de rattraper le temps perdu avec sa moitié. Noura est tétanisée, obligée de composer, ne pouvant refuser d’accomplir son devoir conjugal. Quant à Jamel, le voilà sur les crocs, inquiet et jaloux, exigeant de son amante qu’elle fasse montre de témérité, quitte à risquer gros. Voilà donc Noura prise en tenaille entre ces deux hommes… La tension est à son comble, oppressante, tandis qu’on se prend à imaginer un terrible dénouement.

Tant l’interprétation sublime de Hend Sabri (Noura) que le scénario nous épargnent de tomber dans le registre d’une insipide bluette. Le personnage de Noura est complexe, ses sentiments restent ambivalents, ses réactions ambiguës. Elle n’est pas qu’une impuissante victime. Elle porte en elle ses contradictions, sa part de duplicité coupable et c’est ce qui la rend si proche de nous. De même, ni le mari ni l’amant ne sont des personnages caricaturaux, au profil tracé au couteau. Tour à tour tendres, agaçants, rebelles à leur façon, ils sont pourtant porteurs, sans en avoir conscience, du ferment de la domination masculine.

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