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affiche du film Les siffleurs

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Les siffleurs

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  • Titre original
    The whistlers
  • Réalisé par
    Corneliu Porumboiu
  • Interprété par
    Vlad Ivanov, Catrinel Marlon, Rodica Lazar
  • Distributeur
    Cinemien
  • Langue
    roumain
  • Pays d'origine
    Roumanie, France, Allemagne
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 38
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Thriller
  • Date de sortie
    2020-01-15

Loin de la Nouvelle Vague roumaine lancée il y a quelques années par Cristian Mungiu et Cristi Puiu, Les siffleurs contient tous les ingrédients du polar bien cadenassé : des trafiquants à la gâchette facile, un flic ripou, une planque avec des millions, une femme fatale et une langue sifflée ancestrale, le silbo

Du réalisateur roumain Corneliu Porumboiu, on connaît 12 h 08, à l’est de Bucarest, qui avait reçu la Caméra d’or, prix prestigieux récompensant une première œuvre à Cannes. Le trésor (Prix Un certain regard) l’avait confirmé dans son rôle de réalisateur « à suivre ». Quittant complètement cet univers radical, le cinéaste signe ici un film bien plus classique, qui s’inscrit dans la pure tradition du polar.

Soit Cristi, un inspecteur de police corrompu et mis sur écoute par sa hiérarchie. Approché par la très belle Gilda, il se voit obligé de collaborer avec une bande de trafiquants pour faire évader un des leurs, Zsolt, et surtout récupérer le million que ce dernier a planqué on ne sait trop où. Une opération que les malfrats ont imaginé organiser dans une langue ancestrale sifflée, le silbo gomero, uniquement parlée dans les Îles Canaries, et que Cristi va donc devoir apprendre. Le but étant bien entendu de coder toute l’opération pour la rendre incompréhensible pour la police. Toute la partie du film sur l’apprentissage de cet idiome est plutôt drôle et donne au film un ton décalé et bienvenu. Surtout qu’à bien y réfléchir, nous sommes face à une fiction qui fait carrément l’éloge de la corruption, réel fléau en Roumanie, que Porumboiu nous sert avec un humour absurde et bien dosé : c’est à qui retournera sa veste le plus grand nombre de fois. Ici, on ne dénonce pas les pourris, on essaye coûte que coûte de retrouver ce paquet de fric et on espère bien être les premiers. Qu’on soit flic ou voyou, d’ailleurs.

L’autre surprise, c’est ce scénario dont la recette a été servie de très nombreuses fois. Mais cet imbroglio pègre-police, même s’il ne renouvelle pas le genre, est plutôt pétillant. Le cinéaste s’amuse et emmène le spectateur dans sa danse surréaliste : comment cet inspecteur va-t-il se dépatouiller de cette histoire qui dégénère à mesure qu’elle avance ? Le réalisateur n’hésite pas non plus à emprunter un paquet de références au cinéma des années 1950, dont celui d’Alfred Hitchcock. Il raconte aussi son histoire en utilisant de multiples entrées (chaque personnage raconte les faits de son point de vue et s’introduit dans le récit par un joli carton coloré), et on se retrouve vite dans un kaléidoscope de temporalités différentes qui viennent brouiller les cartes. Certes, on s’y perd un peu à certains moments, mais Porumboiu finit toujours par nous tendre une perche. Jusqu’à un final flamboyant, dans le ciel de Singapour.

LAURENCE HOTTART, LES GRIGNOUX

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