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affiche du film La vérité

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La vérité

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  • Réalisé par
    Hirokazu Kore-Eda
  • Interprété par
    Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, Ludivine Sagnier
  • Distributeur
    September Film
  • Langue
    français, anglais
  • Pays d'origine
    France, Japon
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 46
  • Version
    Version française
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2020-02-26

Un film comme une révérence testamentaire au talent immense de Deneuve et de Binoche, dans un Paris lunaire, dandy et automnal

On l’avait quitté auréolé d’une Palme d’or pour un film magnifique et on ne peut plus japonais (Un air de famille), on le retrouve comme par enchantement au cœur d’un automne parisien : Hirokazu Kore-eda est décidément un cinéaste plein de surprises qui signe ici un film à la fois grinçant et drôle sur la famille – son thème de prédilection –, mais aussi un hommage sincère et touchant au cinéma et aux actrices. Très écrit, avec une partition au millimètre que les deux comédiennes principales interprètent avec un brio rare, c’est un film qui n’est pas sans rappeler le cinéma d’Arnaud Desplechin, avec cet humour un peu vache teinté d’autodérision. Mais ce qui fait mouche, c’est l’utilisation de l’image de Catherine Deneuve et le jeu en miroir dans lequel Kore-eda la place tout au long du film : en l’admirant dans ce rôle d’une célèbre comédienne française qui a tourné avec les plus grands et vit dans un hôtel particulier qu’elle traverse la cigarette aux lèvres, on finit par se demander où est le vrai, où est le faux, où commence le personnage, où s’arrête la réalité de l’interprète… Bien sûr, pas de réponse, juste le plaisir vif d’une œuvre centrée sur les comédiennes et comédiens que l’on ne quitte pas d’une semelle…

Alors qu’elle vit sans doute les derniers éclats de sa gloire, Fabienne vient de terminer son autobiographie qui a tout pour être un succès public et médiatique à la hauteur de sa renommée : elle y a mis tout le panache, tout l’égocentrisme nécessaires, et surtout cette manière bien personnelle de réécrire à sa sauce l’histoire de sa vie. De son côté, quand elle arrive à Paris avec son mari américain et leur fille, Lumir n’est pas franchement détendue. Elle a fait le voyage pour fêter la sortie du bouquin de sa mère mais, si elle a précisément décidé de vivre à des milliers de kilomètres de Paris et de son petit milieu artistique, c’est bien parce que les rapports avec ce monstre sacré n’ont jamais été des plus sereins. Qu’à cela ne tienne, Lumir va faire des efforts, nourrissant l’espoir secret de recueillir enfin quelques miettes d’un amour maternel jusque-là resté avare. L’âge, l’écriture, l’introspection auront peut-être eu raison de ce cœur de pierre. Vaines espérances. Fabienne est fidèle à sa réputation : une femme au caractère bien trempé qui vit son métier comme une passion dévorante à côté de laquelle rien n’existe. Pourtant, son numéro bien rodé de diva autocentrée commence à connaître de furieux cafouillages. D’abord, c’est son assistant particulier qui démissionne du jour au lendemain ; ensuite, elle voit bien qu’elle n’est plus tout à fait le centre de gravité de son prochain film, qui laisse la part belle à une jeune comédienne montante, que tout le monde présente comme la réincarnation d’une ancienne rivale… C’est peut-être dans ces failles que Lumir va trouver sa place, quitte à réveiller vérités et mensonges anciens.

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