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affiche du film Muidhond

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Muidhond

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  • Réalisé par
    Patrice Toye
  • Interprété par
    Tijmen Govaerts, Julia Brown, Line Pillet, Ina Geerts
  • Distributeur
  • Langue
    flamand
  • Pays d'origine
    Belgique, Pays-Bas
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 39
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2020-01-29

Patrice Toye, la réalisatrice de Little black spiders, adapte le roman d’Inge Schilperoord, La tanche, qui sema le trouble lors de sa publication, il y a deux ans, en abordant un sujet tabou : entrer dans la tête d’un homme en lutte contre lui-même et ses pulsions pédocriminelles…

S’attaquer à un tel sujet était extrêmement risqué, surtout à notre époque. A-t-on vraiment besoin, envie, aujourd’hui d’entrer en empathie, tenter de comprendre un personnage pédocriminel ?

L’objectif de Patrice Toye est de montrer, en prenant toutes les précautions nécessaires pour le faire, ce que nous refusons habituellement de voir ; aller chercher la nuance dans ce que nous considérons comme inacceptable. Ce qu’elle évoque ici, au même titre que l’auteure du roman original, Inge Schilperoord – qui s’inspira d’un cas rencontré dans son exercice de psychologue judiciaire –, c’est la souffrance d’un homme en lutte contre ses démons, contre d’obscurs désirs qui le condamnent à une profonde solitude. L’objet du film ne se situe donc pas dans les actes du protagoniste, mais dans la menace qui gronde à l’intérieur de lui et pourrait éventuellement le faire basculer.

Jonathan a une vingtaine d’années et vient d’être libéré de prison. Nous apprenons rapidement que les preuves censées l’accuser n’étaient pas concluantes. Il doit reprendre sa vie, se réintégrer, trouver un appartement, poursuivre son suivi médical… Et il est bien déterminé à le faire. En attendant, il retourne vivre chez sa mère, dans un immeuble isolé en périphérie d’un port, entre les dunes où il aime s’aventurer – notamment pour aller pêcher – et plusieurs chantiers de construction. Même si les interactions sociales semblent rares dans ce no man’s land dépeuplé, la volonté de Jonathan sera mise à rude épreuve lorsqu’une mère et sa fille s’installeront à côté de chez lui…

La cinéaste opte pour le minimalisme et déploie son film dans un registre où le visuel prime sur le scénario : le travail effectué sur la photographie, sur la création d’ambiance est superbement mené – la réalisatrice s’inspire notamment du photographe Todd Hido –, suscitant parfois un sentiment d’étouffement, une manière d’inscrire dans le cadre tout le tiraillement intérieur du personnage.

C’est l’histoire de la lutte d’un homme tiraillé entre le bien et le mal qui cohabitent en lui comme en chacun d’entre nous. Ce film pointe notre extrême solitude quand nous nous débattons dans nos pensées et nos sentiments les plus intimes. Il révèle aussi notre impuissance et notre fragilité. Personne ne se fait tout seul. Nous avons tous dû apprendre à nous accommoder de la manière dont nos gènes et notre environnement social nous ont façonnés.
PATRICE TOYE

ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX

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