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affiche du film La Llorona

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Ce film est disponible également en matinées scolaires à Namur

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La Llorona

  • Choisissez une séance
  • Réalisé par
    Jayro Bustamante
  • Interprété par
    María Mercedes Coroy, Sabrina de La Hoz, Julio Diaz
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    espagnol
  • Pays d'origine
    Guatemala, France
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 37
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Drame
    Historique
  • Date de sortie
    2020-01-22

Jayro Bustamante (Ixcanul, Temblores) évoque le génocide au Guatemala, avec les codes du film de fantômes, dans un huis clos anxiogène et formellement déroutant

Le réalisateur guatémaltèque termine son triptyque à propos de ceux dont les dénominations sont considérées au Guatemala comme les pires insultes qu’on puisse adresser à quelqu’un : « indigène » (bien que 70 % de la population le soit) dans Ixcanul ; « gay » dans Temblores, et à présent « communiste », dans La Llorona, film qui revient sur le génocide survenu au début des années 1980 pendant la guerre civile au Guatemala.

En 2013, le général et ex-président Efraín Ríos Montt a été condamné pour génocide et crimes contre l’humanité, mais après deux semaines seulement, la sentence a été annulée pour vice de forme, ce qui a provoqué rage et consternation au sein de la population guatémaltèque. C’est de lui qu’est inspiré le personnage d’Enrique Monteverde, un général de l’armée à la retraite que l’on voit au procès, accompagné de sa femme Carmen et de sa fille Natalia, et qui se montre insolent et sûr de lui malgré les terribles témoignages de femmes qui ont subi des violences de la part des militaires qu’il commandait. Monteverde est condamné pour génocide, mais il est relâché peu après suite à l’annulation de la procédure judiciaire.

Cette impunité totale et outrageuse va amener les gens dans la rue pour protester, et la famille Monteverde va être obligée de se tapir dans sa maison en évitant les pierres lancées vers ses fenêtres par ses concitoyens furieux. C’est dans la luxueuse villa avec piscine du général que se déroule la plus grande partie du film. Les personnages sont comme pris au piège et le cercle qu’il y a autour d’eux se resserre de plus en plus. De jour, on entend les chœurs incessants des manifestants venant de la rue ; de nuit, les sanglots d’une femme tourmentent Enrique, tandis que sa femme Carmen, qui l’a toujours défendu, se met à faire des rêves terribles et révélateurs, et que sa fille Natalia se pose de plus en plus de questions. L’esprit de La Llorona, la Pleureuse légendaire qui fait partie de la tradition latino-américaine, plane sur cette maisonnée, en quête de justice, dans un crescendo de plus en plus surnaturel. Bustamante choisit de raconter un épisode atroce de l’histoire du Guatemala à travers le cinéma de genre, réalisant un film qui flirte avec l’horreur, parce qu’au fond, c’est bien d’horreur dont on parle ici.

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