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affiche du film Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles

Prochaines séances

  • 2020-01-28 14:00
  • 2020-02-03 12:10

Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles

  • Choisissez une séance
    • Mar. 28 Janvier | 14:00
    • Lun. 03 Février | 12:10
  • Réalisé par
    Chantal Akerman
  • Interprété par
    Delphine Seyrig, Jan Decorte, Henri Storck
  • Distributeur
    Cinematek
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    Belgique
  • Année
    1975
  • Durée
    3 h 21
  • Version
    Version française
  • Date de sortie
    2020-01-13

La description minutieuse et hyperréaliste du quotidien aliénant d’une femme, mère au foyer le jour et prostituée la nuit. Une expérience sensorielle qui bouscule les conventions, un film fondateur à la mise en scène minimaliste et à l’extrême stylisation

Sommet du cinéma du réel, Jeanne Dielman a révolutionné toute une manière de faire et penser les films, et inspiré de nombreux cinéastes outre- Atlantique, où Chantal Akerman est considérée comme une grande précurseuse. Pour illustrer ce film, nous avons choisi de retranscrire cet extrait très éloquent d’une conversation entre les cinéastes Todd Haynes (Carol, Le musée des merveilles) et Gus Van Sant (Elephant, Last days), à propos de la cinéaste et de son film le plus célèbre :

Gus Van Sant : dans un scénario ou un film dramatique ordinaire, on m’a toujours appris qu’il fallait donner le plus d’informations possible, peut-être même plus qu’il est nécessaire. La quantité d’informations spécifiques a tendance à devenir la même dans tous les films parce qu’on veut à tout prix empêcher les spectateurs de s’ennuyer ou de quitter la salle.

Todd Haynes : et on arrive à se fourvoyer et à penser qu’il faut livrer toute cette information en détail, des faits du genre « il a été abusé sexuellement dans son enfance », qu’on apprend à l’acte trois, ce qui explique ensuite qu’il a fait telle ou telle chose… Tu sais comme moi que ces détails jouent un rôle essentiel dans notre travail, et que si l’on faisait un choix différent, du genre “Oh, il traversait la rue et une voiture a failli le renverser”, avec une forme moins dramatique, le film ne fonctionnerait pas. Pourtant, cela revient réellement à opposer la forme et le contenu, alors que d’une certaine manière, dans Jeanne Dielman, les deux sont réunis, et j’ai adoré la manière dont le contenu était à ce point-là poussé à s’engager envers la forme. Le spectateur veut toujours s’identifier de manière évidente à cette femme en tant que personnage tridimensionnel chargé d’un passé psychologique. (Extrait repris de Chantal Akerman, autoportrait en cinéaste, éditions du Centre Georges Pompidou/Éditions Cahiers du Cinéma, 2004).

FOCUS CHANTAL AKERMAN

Mettre le cinéma de Chantal Akerman à l’honneur, c’est rappeler la place centrale que la cinéaste belge occupe dans l’Histoire du cinéma et dire tout le bien que nous en pensons. Radical et aventureux, il ne laisse pas indifférent et n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur, comme victime d’un malentendu qui pèse souvent sur les épaules des artistes en avance sur leur temps dont les innovations peuvent déconcerter, injustement. Sensoriel et émouvant, jamais purement formel, le cinéma de Chantal Akerman est d’une richesse insoupçonnée et ne cesse de marquer les cinéphiles et cinéastes modernes comme elle (citons Gus Van Sant et Todd Haynes), jusqu’à être une source d’inspiration pour Todd Philips lorsqu’il réalisa Joker.

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