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affiche du film Roubaix, une lumière

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Roubaix, une lumière

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  • Réalisé par
    Arnaud Despechin
  • Interprété par
    Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier, Antoine Reinartz
  • Distributeur
    Celluloid dreams
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2019
  • Durée
    1:59
  • Version
    Version française
  • Date de sortie
    2019-10-31
  • Récompenses

    "Roubaix, une lumière" a remporté le Bayard d'Or au FIFF 2019

Arnaud Desplechin change de ton, et signe un polar noir ancré dans une ville qu’il connaît bien pour l’avoir filmée et y avoir grandi : Roubaix. Bayard d'Or au FIFF 2019.

Roubaix, une nuit de Noël. Le commissaire Daoud sillonne la ville qui l’a vu grandir. Voitures brûlées, altercations… Au commissariat, vient d’arriver Louis Coterelle, fraîchement diplômé. Daoud et Coterelle vont faire face au meurtre d’une vieille dame. Deux jeunes femmes sont interrogées, Claude et Marie. Démunies, alcooliques, amoureuses.

Au-delà de son immense réussite, Roubaix, une lumière marque une étape décisive dans la carrière d’Arnaud Desplechin : le cinéaste y reste attaché à sa ville natale, décor de plusieurs de ses longs métrages (Un conte de Noël, Trois souvenirs de ma jeunesse), mais il délaisse sa veine autobiographique pour filmer au plus près du réel, abandonne le milieu de la bourgeoisie intellectuelle pour s’attacher aux classes les plus défavorisées et marginales de la ville. Desplechin prend comme point de départ un fait divers criminel. Pourtant, cette immersion dans la réalité la plus crue se révèle un détour pour revenir au cinéma, et à la littérature, qui ont toujours nourri son œuvre. Le cinéaste tourne le dos au naturalisme et adopte un style volontairement théâtral, inattendu dans un tel contexte. La précision et la richesse des dialogues, l’interprétation magistrale confirment que Desplechin est un directeur d’acteurs génial. Et c’est dans le souci du texte, l’incarnation d’un personnage que pourront naître le sens, la vérité du film.

Faut-il préciser que Léa Seydoux et Sara Forestier sont prodigieuses ? Elles délivrent toutes deux des performances inoubliables et d’une intensité rarement égalée à l’écran. Le film appartient sans ambages au genre policier, il s’inscrit dans une certaine tradition cinématographique française par sa description de la vie quotidienne d’un commissariat et des méthodes d’investigation d’un commissaire charismatique et intuitif (Roschdy Zem, extraordinaire lui aussi), décrit comme un prince solitaire de la ville, forçant le respect et l’admiration de tous. En s’intéressant au meurtre gratuit d’une vieille femme, le cinéaste délivre une réflexion sur le mal, la culpabilité et la pitié, accordant autant d’attention aux bourreaux et aux victimes, intimement liées par la même misère morale et matérielle. Tableau d’un monde en crise, le film se charge alors d’une mission : rendre leur humanité aux coupables.

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