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Bande-annonce
affiche du film Martin Eden

Prochaines séances

  • 2019-12-20 19:45
  • 2019-12-23 17:00

Martin Eden

  • Choisissez une séance
    • Ven. 20 Décembre | 19:45
    • Lun. 23 Décembre | 17:00
  • Réalisé par
    Pietro Marcello
  • Interprété par
    Luca Marinelli, Carlo Cecchi, Marco Leonardi
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    italien
  • Pays d'origine
    Italie, France
  • Année
    2019
  • Durée
    2:08
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-11-06

Une adaptation audacieuse et déroutante du chef-d’œuvre de Jack London qui restitue parfaitement les tourments intérieurs de ce jeune marin prolétaire qui rêve d’atteindre le royaume de la connaissance en devenant écrivain

Naples, au cours du xxe siècle, à une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Il est grand et plein de contrastes. Son allure est sauvage et gracieuse, son regard à la fois perçant et mélancolique, son timbre de voix assuré et tremblant. Il est Martin Eden, ce jeune homme complexe qui rejette les courants politiques, défend un individualisme au grand cœur. Il va parcourir le récit en dégageant une puissante aura qui nous marquera durablement. C’est un être généreux, terriblement attachant, un artiste engagé, perdu dans le tourbillon d’un monde violent et cynique qui n’a rien à faire des gars sensibles et entiers comme lui. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment de trahir ses origines… S’attaquer à un tel monument de la littérature n’était pas sans risques, surtout formels.

Pietro Marcello déjoue les pièges d’une mise en scène académique qui aurait ronronné platement, et restitue toute la beauté et le caractère intemporel du roman, par la grâce d’une vraie proposition personnelle. Sans non plus en faire des tonnes, le cinéaste ne perd jamais de vue qu’il raconte une histoire bouleversante, à la dimension sociale très claire. La mise en scène regorge d’idées poétiques, déroute agréablement par sa façon de jouer avec les anachronismes et les images d’archives. Il déplace l’intrigue des États-Unis vers l’Italie, incruste des flash-back qui nous sortent de la fiction. Quand une chanson de Joe Dassin ou de la musique électro surgissent dans ce décor italien des années trente, on ne sursaute pas, au contraire, on est émus. Cela en dit long sur la réussite d’un projet qui, par un sacré tour de passe-passe, arrive à fusionner l’improbable et les contraires avec cohérence.

Ce projet étonnant doit énormément au comédien principal, Luca Marinelli, justement récompensé à Venise. Il nous a fait penser au Depardieu de la première époque, c’est dire. Son jeu est en adéquation avec les tourments intérieurs de son personnage, ce rebelle magnifique, sans jamais tomber dans la performance musclée et excessive. Martin Eden, monument de la littérature, méritait une adaptation cinématographique respectueuse et moderne. C’est chose faite, et on respire bien fort de soulagement.

NICOLAS BRUYELLE, LES GRIGNOUX

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