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affiche du film And then we danced

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And then we danced

  • Choisissez une séance
  • Réalisé par
    Levan Akin
  • Interprété par
    Levan Gelbakhiani, Tamar Bukhnikashvili,Bachi Valishvili
  • Distributeur
    Cinemien
  • Langue
    géorgien
  • Pays d'origine
    Suède, Géorgie
  • Année
    2019
  • Durée
    1:45
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-11-06

Se plonger corps, âme et esprit dans le tourbillon du désir et de la danse, c’est un peu ce que propose And then we danced, troisième long métrage d’un jeune réalisateur suédois d’origine géorgienne, Levan Akin. Voici un film qui nous montre que la liberté commence d’abord par la jouissance de son propre corps

Quand Meraj danse, il vit. Il danse depuis qu’il sait marcher. Comme son père avant lui, comme sa grand-mère. Comme son frère aîné qui suit avec lui les cours au Ballet national géorgien, espérant, comme tous ses condisciples, intégrer un jour le corps principal du ballet. Un beau matin, la porte s’ouvre sur un nouvel élève. Irakli est beau, original, adorable de gentillesse, viril, doué, un peu impertinent aussi. Meraj se sent étrangement attiré par cet élève charismatique qui devient très vite son rival dans la salle de danse.

Depuis le très beau Depuis qu’Otar est parti, le cinéma ne nous avait que très rarement emmenés en Géorgie. Avec And then we danced, on se plonge dans l’univers de la jeunesse de Tbilissi à travers la famille de Meraj. On y découvre plusieurs générations vivant sous le même toit (la grand-mère, la mère, les deux grands fils) et un quotidien qui reste difficile. La famille se serre dans un appartement minuscule, les coupures d’électricité se répètent et Meraj, en plus de ses cours, travaille dans un restaurant pour arrondir les fins de mois. Dans cette atmosphère étouffante d’un pays sous pression, les sessions de danse apparaissent comme des bulles de liberté. Ce que Meraj fait à sa façon, déliée et gracile, et que son physique androgyne rend encore plus sensuelle. Meraj ne rentre d’ailleurs pas dans la case, la danse folklorique nationale devant être virile, et lavée de tout caractère sexuel…

Toute la subtilité du film de Levan Akin est là : comment impose-t-on à ces jeunes danseurs les normes d’une société cadenassée, par l’église orthodoxe notamment, alors même qu’ils exercent une discipline censée leur permettre de tout exprimer avec leur corps ? Meraj pensait suivre une route bien tracée. Sa rencontre avec Irakli va révéler en lui une soif de liberté qu’il ne soupçonnait pas. Sans révolutionner le genre (une romance gay empêchée), And then we danced vibre d’une très belle énergie. Il éclaire aussi sur la violence à l’égard des minorités sexuelles en Géorgie, le réalisateur ayant choisi de raconter cette histoire suite à la Gay Pride de 2013 à Tbilissi, mise à mal par des centaines de militants fachos.

LAURENCE HOTTART, LES GRIGNOUX

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