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Bande-annonce
affiche du film An elephant sitting still

Prochaines séances

  • 2019-06-27 13:45
  • 2019-07-02 19:30

An elephant sitting still

  • Choisissez une séance
    • Jeu. 27 Juin | 13:45
    • Mar. 02 Juillet | 19:30
  • Réalisé par
    Hu Bo
  • Interprété par
    Yuchang Peng, Yu Zhang, Uvin Wang
  • Distributeur
    Celluloid dreams
  • Langue
    mandarin
  • Pays d'origine
    Chine
  • Année
    2018
  • Durée
    3 h 56
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-06-06

Film posthume d’une beauté vertigineuse, empreint d’un spleen bouleversant, ce nouveau bijou du cinéma chinois sublime et suit quatre personnages en mal de vivre dans une Chine étouffante et dépressive

De temps à autre, un film venu d’ailleurs tombe du ciel. Celui que personne n’attend et qui, pourtant, chamboulerait presque à lui tout seul le monde du cinéma. An elephant sitting still en fait maintenant partie. Le premier et dernier long métrage du prodige chinois (il s’est suicidé avant la sortie du film en salles), récemment auréolé du Cheval d’or du meilleur film (l’équivalent chinois des Oscars), semble peu à peu entrer dans la légende du cinéma contemporain. Attention, expérience hors-norme et chef-d’œuvre maudit en perspective.

Dans la ville de Manzhouli, l’histoire raconte qu’un éléphant s’étant échappé d’un cirque trône inlassablement, immobile, comme déconnecté du monde. Au cours d’une seule et même journée, quatre individus vont croiser leur destin jonché de doutes existentiels. Bientôt, un train doit partir en direction de Manzhouli. Ce lieu et cet animal vont devenir un idéal d’échappatoire…

En réunissant quatre protagonistes ayant la même nécessité de fuir ce monde qui ne les comprend plus (pas plus qu’eux ne le comprennent), le réalisateur marche constamment sur un fil, où l’asphyxie ne tient qu’à une respiration, tout en parvenant à redonner ses lettres de noblesse au spleen, une notion devenue trop souvent galvaudée. Un geste romantique, presque adolescent, pour un rendu totalement bouleversant. Le suicide d’un amant trompé, la mort d’un être cher, la désillusion amoureuse, l’oppression d’une mère destructrice… Plus rien n’a de sens, petits comme grands désarrois. La descente aux enfers, précoce, paraît inéluctable pour ces personnages. Les passions s’enchaînent à un rythme effréné (le tout se déroulant sur vingt-quatre heures) et pourtant, le temps semble s’étirer à l’infini. Il est vrai que la longueur du long métrage aurait de quoi rebuter : 3 h 56. Comment rendre un tel parti-pris digeste et ne pas susciter l’écœurement face à la détresse dont déborde le film ? Réponse : en donnant simplement une caméra à Hu Bo. Par la grâce inouïe de sa mise en scène, il parvient à figer le temps. De sorte qu’on en perde toute notion. Par le biais de plans-séquences constants et époustouflants, le cinéaste chinois injecte une aura hypnotique à son testament. Enfin, on se plaît à imaginer l’œuvre naviguer entre les répertoires de Gus Van Sant (Elephant) et Jim Jarmusch (Dead man).

Plus qu’un grand film, An elephant sitting still s’aborde comme une véritable révolution du cinéma chinois. Hu Bo est mort, vive Hu Bo.

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