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Santiago, Italia

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  • Réalisé par
    Nanni Moretti
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    italien, espagnol
  • Pays d'origine
    Italie
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 20
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-04-25

Dans ce documentaire éminemment politique, Nanni Moretti (Mia madre, Habemus papam) revient sur l’élan de solidarité mené par l’Italie envers les réfugiés chiliens qui vivaient sous la dictature de Pinochet. À travers cette histoire, il tend un miroir à l’Italie d’aujourd’hui, dont les principes d’accueil ont bien changé…

Un regard perçant, un sourire à la fois grave et malicieux, n’osant pas être complètement heureux… Ce sont ceux de Salvador Allende le jour de son élection, en 1970, comme si un destin terrible était déjà scellé, alors que la foule galvanisée l’acclame de toutes ses forces.

Dès le début de son mandat, ce nouveau gouvernement – qui n’a pas de socialiste que le nom – commence à mettre en place ses premières mesures : mettre fin à la fuite des capitaux, nationaliser les industries et la production de cuivre, donner un emploi digne à chaque citoyen, de quoi vivre décemment, un demi-litre gratuit de lait par enfant quotidiennement afin qu’aucun ne souffre plus de malnutrition, redistribuer les terres agricoles aux paysans, etc. Les résultats économiques sont tels que le PIB progresse de 9 % et que le taux de chômage ne sera plus que de 3,1 % en 1972. Les seuls qui ne sont pas ravis sont les classes jusque-là dominantes, qui doivent désormais payer un impôt sur le revenu, et bien sûr les États-Unis, qui perdent leur vache à lait. Et si la bonne gouvernance faisait tache d’huile ? La presse nationale inféodée à la classe dominante riche mènera des campagnes de désinformation massives, agressives afin de discréditer le gouvernement de l’Unidad Popular… La suite ? C’est le 11 septembre, celui de Santiago en 1973 : l’attaque de la Moneda ! Alors que la plupart des pays européens n’ont pas le courage de condamner le putsch (ne serait-ce que pour ne pas heurter les Américains), le film raconte le lien qui va se tisser dès lors entre les Italiens et les réfugiés qu’ils vont accueillir. Un lien qui ne va cesser de croître et de se consolider. À partir de l’ambassade italienne à Santiago tout d’abord (le bruit circule vite qu’il suffit de sauter son mur pour y trouver refuge), mais en Italie également par la suite. Car cet élan de solidarité spontané, courageux, sans attendre les ordres venus de plus haut, va faire boule de neige, sans qu’il y ait besoin de grands discours.

Ceux qui croyaient repartir aussi sec dans leur pays d’origine, dès le coup d’état terminé, s’installeront dans le temps, tout comme le régime de Pinochet qui les empêchera de faire marche arrière… Nanni Moretti fait le choix d’aller interviewer des gens de terrain, diplomates, résistants, militaires d’alors… et de maintenant ! Il s’efface humblement derrière son sujet qui résonne fortement avec notre époque : les portes de l’Italie se ferment aujourd’hui à double tour face aux nouveaux migrants. Moretti dit d’ailleurs que c’est l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite italienne qui l’a amené à réaliser ce magnifique film d’espoir et de solidarité.

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