Bien plus qu’un simple film à thème sur le harcèlement adolescent, le premier long métrage de l’Américain Charlie Polinger, primé à Cannes et Deauville, évoque la rencontre singulièrement inspirée, autour et dans une piscine, entre le trouble délicat de Naissance des pieuvres de Céline Sciamma, la cruauté sauvage de Sa Majesté des Mouches de William Golding et le body horror cher à un certain David Cronenberg. Gonflé !
La sortie nationale de THE PLAGUE, initialement prévue le 10 juin, est reportée à une date encore à déterminer par son distributeur
Dans un camp estival de water-polo, la rumeur de l’existence d’une épidémie de peste se propage. Quand Ben, jeune candide, refuse d’y croire, les frontières du réel se brouillent pour bientôt l’engloutir puis le recracher au cœur d’un jeu impitoyable et pervers entre garçons… Plongée immersive dans l’enfer adolescent de l’anxiété sociale et du harcèlement, ce vrai-faux thriller psychologique en apnée travaille avec beaucoup d’intelligence la thématique de la contamination, qu’elle soit réelle ou fantasmée. Son obsession très formaliste pour les motifs géométriques, couplée à un usage résolument maximaliste de la musique, ouvre sur une exacerbation très rigoureuse des affects, entre malaise pur et peur maladive de perdre le contrôle. Une expérience qui secoue, jusque dans la performance sidérante de justesse de ses jeunes interprètes.
Nicolas Clément, les Grignoux