Medias
Journal des Grignoux Chargez notre appli mobile Nos newsletters (archives, inscriptions) Nos galeries photos
Medias
Journal des Grignoux en PDF + archives Chargez notre appli mobile S’inscrire à nos newsletters Nos galeries photos
Lancer la bande-annonce
Bande-annonce
affiche du film Le Parfum vert

Prochaines séances

  • 2023-01-29 14:15
  • 2023-01-30 14:15
  • 2023-01-31 16:00

Le Parfum vert

  • Choisissez une séance
    • Dim. 29 Janvier | 14:15
    • Lun. 30 Janvier | 14:15
    • Mar. 31 Janvier | 16:00
  • Réalisé par
    Nicolas Pariser
  • Interprété par
    Sandrine Kiberlain, Vincent Lacoste, Rüdiger Vogler
  • Distributeur
    O'Brother
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2022
  • Durée
    1 h 41
  • Version
    Version française
  • Date de sortie
    2022-12-21

Réalisée par l’excellent Nicolas Pariser (Alice et le maire), cette comédie policière loufoque et stylée convoque les univers de Tintin et d’Hitchcock, tout en assumant une teinte politique lorsqu’elle évoque l’Europe et ses démons. Le divertissement de qualité que l’on attendait pour la fin de l’année !

Alors qu’il est en pleine représentation devant un public médusé, un pensionnaire de la Comédie-Française est assassiné par empoisonnement. Martin, un des comédiens de la troupe et témoin direct de cet assassinat, est bientôt soupçonné par la police et pourchassé par la mystérieuse organisation qui a commandité le meurtre. Aidé par une dessinatrice de B.D., Claire, Martin cherchera à élucider le mystère de cette mort violente au cours d'un voyage très mouvementé à travers l’Europe…

Cinéaste passionnant qui se distingue par ses intrigues sur fond de complot politique et dont les dialogues occupent une place centrale dans l’action, Nicolas Pariser ne change finalement pas de registre avec cette proposition de pure comédie policière au charme fou. Le Parfum vert s’inscrit dans la continuité du travail d’un cinéaste qui, résolument dans le mouvement de la création, a le désir d’élargir son spectre et d’approcher un cinéma de divertissement, tout en restant exigeant avec ses intentions artistiques. Son nouveau film évoque l’univers de la bande dessinée franco-belge, en particulier Les Aventures de Tintin pour le ton décalé et l’esthétique visuelle très ligne claire, mais aussi le cinéma de Hitchcock pour le romantisme inquiet de l’intrigue. Soutenu par un travail méticuleux sur les couleurs, la décoration et la lumière qui donne à l’image des points communs avec le trait, l’encre et l’épaisseur du papier d’une bande dessinée, le film se distingue du banal exercice de style rétro et référencé.

Ce voyage loufoque à travers l’Europe porte en lui un fond politique aux sombres tonalités contemporaines. Il dégage finalement un sentiment d’inquiétude générale sur l’état d’un continent en crise et en souffrance, où le poids du passé tragique n’est toujours pas réglé (les références à la Seconde Guerre mondiale), un monde inquiet à qui il serait grand temps de venir en aide. Le Parfum vert est une sorte de long rêve éveillé qui a le goût de l’aventure initiatique, à l’image du personnage incarné par Vincent Lacoste. Les cheveux en bataille et le visage chiffonné après avoir été profondément endormi, il s’embarque dans l’enquête avec ses petits moyens de débutant, sans trop savoir où il va. Heureusement pour lui, c’est sa complice, incarnée par une géniale Sandrine Kiberlain, drôle et romantique, qui prend la direction des opérations, ce qui n’est pas la dernière des bonnes idées du film. Le Parfum vert arrive ainsi à faire exister des personnages de chair et de sang, sérieusement pris par un récit plein de rebondissements rocambolesques et de dialogues en mode « pif ! et paf ! », tout droit sortis des bulles d’une B.D. L’enquête policière est agréablement désuète, mais, on le sait, l’important est toujours moins la destination que le trajet emprunté et, de ce point de vue, Le Parfum vert est une invitation au voyage idéale. C’est un bel objet de cinéma abouti, séduisant et ambitieux, qui ne perd cependant jamais en chemin sa dimension enfantine et c’est sans doute la plus belle de ses qualités.

NICOLAS BRUYELLE, les Grignoux

Fiche PDF du film