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Bande-annonce
affiche du film Corsage

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Corsage

  • Réalisé par
    Marie Kreutzer
  • Interprété par
    Vicky Krieps, Florian Teichtmeister, Katharina Lorenz, Finnegan Oldfield
  • Distributeur
  • Langue
    allemand
  • Pays d'origine
    Autriche
  • Année
    2022
  • Durée
    1 h 53
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2022-12-21
  • Récompenses

    Prix d’interprétation de la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes pour Vicky Krieps

À la manière de Sofia Coppola avec Marie-Antoinette, la cinéaste autrichienne Marie Kreutzer signe un biopic moderne sur Élisabeth d’Autriche (Sissi). C’est l’épatante actrice luxembourgeoise Vicky Krieps qui y tient le rôle principal, et sa sublime performance lui a valu le Prix d’interprétation de la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes

Noël 1877, Élisabeth d’Autriche fête son 40e anniversaire. Première dame d’Autriche, femme de l’empereur François-Joseph Ier, elle n’a pas le droit de s’exprimer et doit rester à jamais la belle et jeune impératrice. Pour satisfaire ces attentes, elle se plie à un régime rigoureux de jeûne, d’exercices, de coiffure et de mesure quotidienne de sa taille. Étouffée par ces conventions, avide de savoir et de vie, Élisabeth se rebelle de plus en plus contre cette image.

De Sissi, l’impératrice d’Autriche, on se souvient du visage diaphane et des robes colorées de Romy Schneider dans la saga d’Ernst Marischka datant des années 1950. C’est à un portrait beaucoup plus sombre mais non moins percutant que nous invite Marie Kreutzer, et c’est désormais à Vicky Krieps, étonnante dans la justesse de son interprétation, que nous penserons en évoquant cette figure historique.

Marie Kreutzer s’est intensément renseignée sur la vie de l’impératrice, mais triture cependant certains faits avérés pour y ajouter une lecture plus moderne du personnage et sonder davantage sa personnalité complexe, affectée par le poids des injonctions sociales, une histoire personnelle jonchée de tragédies ainsi qu’une prédisposition à la mélancolie. Ainsi, si l’époque considérait alors la consommation de stupéfiants comme un traitement médical salutaire, Élisabeth, qui semble souffrir d’une intense dépression tout au long du film, en abusera telle une véritable junkie. S’il paraît qu’à partir d’un certain âge celle-ci n’exposait plus son visage, le dissimulant sous une voilette, la cinéaste suppose ici qu’elle se faisait remplacer par l’une de ses dames de compagnie lors de ses apparitions publiques… Un regard âpre et dépressif pour signifier le fardeau d’une existence étriquée, tout entière vouée à jouer le faire-valoir de son mari, engagée dans une lutte permanente pour grappiller quelques degrés de liberté. Cet enfermement s’inscrit à même la mise en scène qui favorise les plans larges, mettant en valeur la majesté des décors, la magnificence des accessoires et à l’intérieur desquels Élizabeth se déplace sans pouvoir s’en extraire. Toute l’esthétique du film, qui est totalement et brillamment maîtrisée, qu’il s’agisse des costumes, de la photographie ou encore de la bande son anachronique (où s’invite d’ailleurs Patti Smith !), participe à faire surgir l’ampleur contemporaine de cette femme, psychologiquement malade, d’autant plus sujette à la névrose qu’elle vit dans une époque qui porte — déjà — aux nues la beauté des célébrités tout en scrutant chez elles la moindre trace d’imperfection.

ALICIA DEL PUPPO, les Grignoux

Fiche PDF du film