Medias
Journal des Grignoux Chargez notre appli mobile Nos newsletters (archives, inscriptions) Nos galeries photos
Medias
Journal des Grignoux en PDF + archives Chargez notre appli mobile S’inscrire à nos newsletters Nos galeries photos
Lancer la bande-annonce
Bande-annonce
affiche du film Leila's Brothers

Prochaines séances

  • 2022-12-06 14:30
  • 2022-12-07 12:15
  • 2022-12-08 14:00
  • 2022-12-09 14:00
  • 2022-12-12 14:15
  • 2022-12-13 19:30

Leila's Brothers

  • Choisissez une séance
    • Mar. 06 Décembre | 14:30
    • Mer. 07 Décembre | 12:15
    • Jeu. 08 Décembre | 14:00
    • Ven. 09 Décembre | 14:00
    • Lun. 12 Décembre | 14:15
    • Mar. 13 Décembre | 19:30
  • Réalisé par
    Saeed Roustaee
  • Interprété par
    Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh,Payman Maadi
  • Distributeur
    The Searchers
  • Langue
    persan
  • Pays d'origine
    Iran
  • Année
    2022
  • Durée
    2 h 45
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2022-11-09

Après La Loi de Téhéran, Saeed Roustaee (32 ans à peine) signe un nouveau chef-d’œuvre sous forme de tragédie familiale et politique, imparable et ample, au cœur d’une société iranienne en pleine déliquescence. Le grand absent du palmarès du Festival de Cannes

Leila a dédié toute sa vie à ses parents et ses quatre frères. Très touchée par une crise économique sans précédent, la famille croule sous les dettes et se déchire au fur et à mesure des désillusions personnelles. Afin de se sortir de cette situation, Leila élabore un plan : acheter une boutique pour lancer une affaire avec ses frères. Chacun y met toutes ses économies, mais il leur manque un dernier soutien financier. Au même moment et à la surprise de tous, leur père Esmail promet une importante somme d’argent à sa communauté afin d’en devenir le nouveau parrain, la plus haute distinction de la tradition persane…

Le film est une grande fresque familiale et intime dans un pays qui sent le soufre, où tout est en train de vaciller, à commencer par le cœur même de toute société : la famille, à l’image de celle qui nous occupe, touchée par la pauvreté et recluse dans un minuscule appartement.

Après le spectaculaire La Loi de Téhéran, grand film de mouvements et de fuite en avant, le réalisateur construit un suspense en huis clos, terriblement prenant et à la brillante mécanique, dans lequel il ausculte à nouveau les dérives d’une société conservatrice et gangrenée par la corruption. Il fait preuve d’un talent incroyable pour inscrire la fiction au plus près du réel, notamment à travers le jeu naturel des comédiens et leurs dialogues écrits sans arrière-pensée théorique, mais il s’appuie aussi sur un récit qui évoque les tragédies shakespeariennes et ses jeux de pouvoir et de trahison.

Leila’s Brothers est un film à l’arrêt, du moins dans le mouvement des corps (ce père enfoncé profondément dans son fauteuil et dont on peine à imaginer qu’il puisse se relever), mais où tout y est parole, donc tension. Faisant preuve d’un sens aigu du découpage et de la gestion de la durée, le réalisateur sait comment s’y prendre pour rendre sa mise en scène rythmée et ample, sans jamais faire du théâtre filmé. Si tout est maîtrisé et pensé, l’émotion traverse cette histoire qui entre en résonnance avec n’importe quelle affaire de famille détruite par l’argent, le pouvoir et la peur, dont la confiance entre les membres est à restaurer au risque de la voir disparaître et, avec elle, tout espoir de justice et de démocratie. Le plus fort (le plus beau ?) dans tout ça, c’est que, malgré la dimension tragique qui le traverse, le film ne manque absolument pas d’humour (ces moments légers face auxquels l’histoire n’a pas de prise). Puis, surtout, il est traversé d’une grande humanité pour ses personnages que le réalisateur ne condamne jamais. Comme assis dans un coin de la pièce, le corps tremblant, le souffle coupé, de peur d’interrompre ces conversations si profondes par une quelconque maladresse, nous restons jusqu’au bout aux côtés de cette famille qui se serre les coudes, n’abandonne pas le combat et au sein de laquelle, in fine, c’est Leila, la femme, qui prend les risques et tente de sauver les hommes qui l’entourent. Le symbole est fort et transmet, à travers lui, un message politique essentiel qui doit être entendu partout, en Iran et au-delà.

NICOLAS BRUYELLE, les Grignoux

Fiche PDF du film