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affiche du film Triangle of Sadness

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Triangle of Sadness

  • Choisissez une séance
    • Dim. 11 Décembre | 19:45
    • Dim. 18 Décembre | 19:30
    • Lun. 19 Décembre | 17:00
  • Titre original
    Sans filtre
  • Réalisé par
    Ruben Östlund
  • Interprété par
    Harris Dickinson, Charlbi Dean Kriek, Woody Harrelson
  • Distributeur
    September Film
  • Langue
    anglais
  • Pays d'origine
    Suède/Allemagne/France/Danemark
  • Année
    2022
  • Durée
    2 h 27
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2022-09-28
  • Récompenses

    Palme d'Or, Cannes 2022

Témoin provocateur de son temps, Ruben Östlund réalise une satire sociale à l’humour burlesque très acide qui dézingue toute la vulgarité de la société bling-bling. Au passage, il rafle une deuxième Palme d’or à Cannes (après celle pour The Square en 2017) qui assoit son statut de cinéaste incontournable

Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l’équipage est aux petits soins avec les vacanciers et que le fameux dîner de gala approche, le capitaine refuse de sortir de sa cabine. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s’inversent lorsqu’une tempête se lève et met en danger le confort des passagers…

Après l’univers des stations de ski (Snow Therapy) et de l’art contemporain (The Square), Ruben Östlund nous emmène, tambour battant, dans celui de la mode et du luxe, et clôt une trilogie sur le thème de la masculinité à l’ère moderne. Dans Triangle of Sadness, le cinéaste questionne la place de l’apparence physique et la valeur économique de la beauté dans ce monde où le fossé entre riches et pauvres n'a jamais été aussi grand, pour en révéler toute la vacuité et les dérives. Impossible de rester de marbre face à ce film qui joue la carte de la provocation et de la surenchère avec style et qui, au final, titille notre bonne conscience de spectateur persuadé d’avoir tout vu.

On souligne particulièrement la gestion du rythme (le film dure deux heures trente mais n’a aucun temps mort), l’art du dialogue qui fait mouche, le timing millimétré des gags burlesques et le sens de l’espace et de la lumière qui donne toute sa puissance cinématographique au cadre. On sort littéralement lessivé de la vision de ce film, qui n’est pas avare en idées originales, tant on aura été malmené, physiquement et mentalement, tant on aura vécu des émotions contradictoires, emporté (c’est le cas de le dire !) dans le tourbillon d’une aventure humaine qui dépasse l’entendement.

Dans cette comédie aux portes du surréalisme qui a le goût d’un film d’action spectaculaire et tragique, le vernis clinquant et arrogant de la société du paraître se fissure, prêt à exploser de partout d’un moment à l’autre. C’est tour à tour drôle et malsain, souvent les deux à la fois, ce qui est plus jouissif. C’est une farce qui, à travers son caractère grotesque, renvoie l’être humain à sa part la plus primale qui soit. Le réalisateur monte le curseur de l’audace et du politiquement incorrect toujours plus haut. Quand on pense qu’il est allé au maximum, il en rajoute encore une couche, dans un geste pessimiste et ravageur bien inscrit dans l’air du temps dont il aime dénoncer le complet chaos.

NICOLAS BRUYELLE, les Grignoux

Fiche PDF du film