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Bande-annonce
affiche du film Vortex

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Vortex

  • Réalisé par
    Gaspar Noé
  • Interprété par
    Françoise Lebrun, Dario Argento, Alex Lutz
  • Distributeur
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2021
  • Durée
    2 h 22
  • Version
    Version française
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2022-04-13

Cinéaste sulfureux, Gaspar Noé signe avec Vortex une nouvelle proposition de cinéma radicale. L’expérience de la vieillesse, d’une vie qui se délite, transcendée par son regard d’artiste singulier, que l'on sait clivant mais toujours intéressant. Un film sensible et vertigineux

Le synopsis du film tient en une phrase : « La vie est une courte fête qui sera vite oubliée ». Une phrase chargée de métaphysique qui nous renvoie instinctivement à la vie, à la mort et au bordel plus ou moins organisé qu’il y a entre les deux.

C’est précisément là que nous entraîne Gaspar Noé, dans le bordel (au sens littéral) qu’une vie, qu’une famille peuvent accumuler au fil des années dans un appartement.

Cet appartement, c’est celui d’un vieux couple d’intellectuels parisiens : elle (Françoise Lebrun) est une ancienne psychiatre, lui (Dario Argento), un critique de cinéma en train de rassembler la matière de son prochain livre, une réflexion sur les rêves et le cinéma. Ils ont à peu près 80 ans et leur appartement est rempli de brols : énormément de bouquins, d’objets disparates, de photos, de carnets et feuilles volantes, mais aussi, dans les armoires et sur le coin d’une table, des tablettes de médicaments pour elle et pour lui, qu’ils essaient de ne pas confondre.

Elle est en train de perdre la tête, et le film commence au moment où son état de santé se détériore sérieusement. Elle ouvre le gaz de la cuisinière, mais oublie d’allumer le feu, va faire une course dehors et se perd dans les rues de Paris. Même les couloirs de l’appartement sont devenus des lieux inconnus, elle y erre de la chambre à la salle de bain sans but, l’air hagard, absent, sans savoir ce qu’elle y fait.

Leur fils (Alex Lutz) leur rend visite et se rend compte que cet équilibre ne tient qu’à un fil, et que celui-ci est ténu. Lui-même père d’un jeune garçon, en galère financière et fragilisé par un passé que l’on devine par bribes, le voilà face à ce que tout adulte redoute, s’occuper de ses parents…

Cette histoire humaine est commune et a déjà été explorée au cinéma, mais Gaspar Noé, cinéaste du genre, de la transgression, argonaute de la forme cinématographique, nous y emmène par d’autres sentiers. D’abord, il fait le choix radical d’utiliser le procédé du split screen, il divise l’écran en deux pour suivre les deux personnages en même temps, les situant ainsi chacun dans leur propre réalité, leur propre solitude. Contrairement à ses précédents longs métrages, Noé filme ici en douceur, laissant le temps au spectateur de suivre ces personnages et d’arpenter le cadre qui regorge souvent d’informations. Car le sens, dans son cinéma, ne se révèle pas que dans la succession des scènes. Il est aussi dans une citation, une affiche accrochée au mur, le titre d’un livre, l’inclusion d’éléments périphériques qui nous font voyager et nous renvoient ailleurs… Comme, lorsqu’au début du film, il nous montre le visage de Françoise Hardy chantant Mon amie la rose.

Vortex est certainement à ce jour le film le moins provoquant du réalisateur et pourtant, on en ressort bouleversé, parce qu’il touche à notre intangible fragilité, celle de notre vieillesse, notre mort, et la manière dont nous les regardons.

ALICIA DEL PUPPO, les Grignoux

Fiche PDF du film

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