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affiche du film De nos frères blessés

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De nos frères blessés

  • Réalisé par
    Hélier Cisterne
  • Interprété par
    Vincent Lacoste, Vicky Krieps, Meriem Medjkane
  • Distributeur
    O brother
  • Langue
    français et arabe
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2021
  • Durée
    1 h 32
  • Version
    Version française
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2022-04-06

Une évocation de la guerre d’Algérie à travers l’histoire vraie de Fernand Iveton, militant indépendantiste pied-noir. Une histoire d’engagement politique et d’amour transformée en un cri d’espoir aux échos universels. Avec Vincent Lacoste et Vicky Krieps, formidables

Alger, 1956. Fernand Iveton, 30 ans, ouvrier indépendantiste et idéaliste, est arrêté pour avoir déposé une bombe dans un local désaffecté de son usine. Il n’a tué ni blessé personne, mais risque pourtant la peine capitale. La vie d’Hélène, devenue la femme d’un « traître », bascule. Elle refuse d’abandonner Fernand à son sort.

D’Hélier Cisterne, on gardait en tête le beau souvenir de Vandal (2013), un premier film énergique et stylé sur l’adolescence et l’univers des graffeurs. Adapté du roman de Joseph Andras, qui s’inspire lui-même d’une histoire vraie, De nos frères blessés confirme tout le bien que l’on pensait d’un cinéaste qui assume déjà une réelle cohérence thématique et formelle. Le film évoque la jeunesse, rebelle, happée par le désir de vivre intensément pour la défense de ses idéaux. Hélier Cisterne ne filme pas des grands espaces et n’opte pas pour une reconstitution spectaculaire. Il nous raconte la guerre d’Algérie en resserrant le cadre sur un couple et en les inscrivant dans un huis clos intime. Ce procédé permet au film de singulariser son propos pour tendre à l’universel. S’il parle de la guerre d’Algérie, il évoque les ravages de toutes les guerres et il ira jusqu’au bout de son propos, sans concession. S’il nous montre inévitablement (comment pourrait-il en être autrement ?) la violence et le tragique qui les constituent, il réussit la prouesse de rester tourné vers l’espoir, malgré tout... Du portrait intense de ce jeune militant idéaliste surgit un cri plein de vie et de liberté. Hélier Cisterne filme tout cela dans un formidable élan au lyrisme rentré, avec beaucoup de sensibilité dans le choix du cadre et de la lumière, et d’adresse dans une narration construite en allers-retours temporels. Surtout, il accorde autant de place à la dimension politique qu’à l’histoire d’amour, puisqu’elles sont inévitablement liées, ce qui donne lieu à un renversant mélange de dureté et de sensualité.

Dans le rôle de Fernand Iveton, Vincent Lacoste est exceptionnel d’intensité, de sincérité, d’engagement et d’insouciance. C’est à coup sûr son rôle le plus fort à ce jour, la preuve s’il en était encore qu’il peut nous émouvoir autant dans la gravité que dans la légèreté. Avec Vicky Krieps, tout aussi formidable, ils forment un magnifique couple de cinéma, tragique et romantique, partagé entre le bonheur d’être amoureux et la crainte de ne jamais pouvoir construire quelque chose ensemble. Déchirant.

NICOLAS BRUYELLE, les Grignoux

Fiche PDF du film

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