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affiche du film Un héros

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Un héros

  • Réalisé par
    Asghar Farhadi
  • Interprété par
    Amir Jadidi, Mohsen Tanabandeh, Sahar Goldust
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    perse
  • Pays d'origine
    Iran/France
  • Année
    2021
  • Durée
    2 h 07
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2021-12-22

D’une grande ampleur existentielle, le film d’Asghar Farhadi est un drame social qui suit la trajectoire, d’une rare intensité, d’un héros de la vie de tous les jours confronté à un dilemme moral. Grand Prix du Jury à Cannes

Rahim est en prison à cause d’une dette qu’il n’a pas pu rembourser. Lors d’une permission de deux jours, il tente de convaincre son créancier de retirer sa plainte contre le versement d’une partie de la somme. Mais les choses ne se passent pas comme prévu…

La mise en scène fait preuve d’une virtuosité de tous les instants, misant sur des plans-séquences et un montage nerveux. À la dimension socio-politique du film se mêlent un peu celle du thriller psychologique et surtout celle du film classique hollywoodien avec ses héros simples de la vie quotidienne, dépassés par les événements et pris dans un engrenage duquel ils ne peuvent s’extirper qu’au risque de se compromettre.

Le scénario est une nouvelle fois chez Farhadi extrêmement bien écrit. Toutes les pièces du puzzle se complètent de façon fluide, il n’y a aucun accroc, pas de graisse, pas de sous-intrigues, rien d’inutilement spectaculaire. Juste un fil tendu et un questionnement moral, ce qui est largement suffisant. On suit cet homme au sourire large et régulier, esquissé avec cette maladresse teintée d’innocence et de gravité, arpenter les rues comme dans un labyrinthe. Il accumule les rencontres avec sa famille, ses proches et ses ennemis, et l’on voit que tout s’effrite, au fur et à mesure. Tout cela est amplifié par la violence des réseaux sociaux, des chaînes d’infos et de la rumeur qui, avec cynisme, sont à tout moment capables de remettre en doute la bonne foi du personnage. « Dans quel pays félicite-t-on les gens qui n’ont pas fait le mal ? », s’exclame un personnage. Rahim est cet homme en transit dans une société où se racheter une réputation n’est pas aisé. Dans ce monde tournoyant et étouffant filmé par Farhadi, les êtres humains gardent toute leur dignité et leur fragilité, quels que soient leurs actes, leur difficulté à dire clairement ce qu’ils pensent et ce qu’ils sont. On ne cesse de penser au fils de Rahim, ce jeune garçon bègue pour qui la moindre parole à dire est une souffrance. La découverte de ce visage pur qui reçoit en pleine face la violence du monde et parle mot après mot, si difficilement, est sans doute la figure, bouleversante, d’un des tout grands films de l’année.

 

NICOLAS BRUYELLE, les Grignoux

Fiche PDF du film

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