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Les intranquilles

En peintre délicat des sentiments, Joachim Lafosse signe un grand film d’amour intime et mélancolique sur un couple qui tente de rester soudé dans l’adversité, incarné par les magnifiques Leïla Bekhti et Damien Bonnard

Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré sa bipolarité, Damien tente de poursuivre sa vie avec Leila sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire. 

Les thèmes des films de Joachim Lafosse renvoient à ce qui nous fonde, la vie de famille, les relations parentales, l’enfance… Ses films nous happent par leur mouvement brusque, par cette intensité émotionnelle qui est tout simplement la raison pour laquelle voir un film est vital. Ils se complètent, dialoguent entre eux, tout en étant formellement différents dans les nuances. À chaque fois, on sent une remise en question, en allant vers toujours plus d’émotion et d’humanité, et en pensant la mise en scène selon la place occupée par les comédiens. Les intranquilles est un huis-clos qui s’inscrit dans un cadre apaisé (les intérieurs tamisés d’une demeure bourgeoise, la forêt, la mer, les jardins…) que l’on dirait inspiré de toiles de maîtres.

C’est dans cette ambiance doucement poétique, en clair-obscur, que se déroule cette histoire dénuée d’artifices, racontée dans sa nudité la plus complexe, belle et crue, et en prenant le temps. Ce n’est pas un film à thèse sur la bipolarité, ni un drame tragique et psychologique sur les conséquences d’une crise artistique. C’est un film d’amour pudique et mélancolique sur un couple en crise. La tension est là, en permanence. On est dans l’action et sur le fil, car tout pourrait basculer à tout moment. On vit et on sent la vigilance extrême de Leila face à Damien, qu’elle doit tenter de canaliser. De façon délicate et sensuelle, Lafosse filme les visages de près, s’installe aux côtés de ses personnages en ne les lâchant jamais. C’est évident, il les aime tous les deux très fort. Si la mise en scène est élégante, les personnages ne disparaissent pas derrière la pensée esthétique du cinéaste. Ils sont le centre du film et c’est par eux que la lumière surgit. Damien passe d’une humeur à l’autre, dans une perte de contrôle totale.

Une scène nous obsède particulièrement. Dans l’auto, Damien et Leïla chantent sur un titre de Bernard Lavilliers. Ils y mettent de la joie, sont complices. La caméra se tourne doucement sur la plage arrière et l’on voit leur fils, le sourire d’abord timide puis généreux, se mettre à chanter avec ses parents. Ce petit moment de vie, cette scène que l’on pourrait qualifier de transition en dit pourtant beaucoup. Le cinéma de Joachim Lafosse est là : dans cette capacité à donner à chaque séquence une importance capitale, à filmer la vie dans ce qu’elle possède de grâce et d’intensité, et donc de passionnant, à mettre tous les personnages au même niveau en les filmant avec la plus belle des empathies.

La projection sera précédée d’une présentation avec Julie Delbascourt (coordinatrice de la Semaine de la santé mentale en Wallonie) et Stéphane Waha (association « Le Funambule »)

Prix d'entrée habituels, places en prévente à partir du 21 septembre

Dans le cadre de la Semaine de la santé mentale en Wallonie. En partenariat avec le Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM asbl)

 

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