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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par Les Grignoux et consacré à
L'Illusion verte
un documentaire de Werner Boote
Autriche, 2019, 1 h 37

Ce dossier pédagogique consacré au film L'Illusion verte de Werner Boote se destine aux enseignants du secondaire qui verront le film avec leur classe, et il propose d'explorer quelques pistes de réflexion autour des questions posées par le film : quelles sont les affirmations portées par le film ? Que nous apprend à ce propos une recherche sur Internet ? Comment changer nos habitudes ? Que faire d’autre ? Que penser de la mise en scène de ce documentaire ?

Changer nos habitudes ?

Dans le film L'Illusion verte, on entend quelques phrases qui peuvent changer notre regard sur des produits que nous consommons peut-être régulièrement…

Image du filmDes phrases comme « les M&M's sont fabriqués avec du sang indonésien » ou « c'est plein de forêt tropicale » (en lisant les ingrédients d'un produit) ou, moins « choc » : « il faudrait laisser tomber les Pringles ».

En effet, le film s'attache à montrer que beaucoup de produits qui sont mis à notre disposition dans les supermarchés, sont produits dans des conditions qui portent gravement atteinte à l'environnement ou à la dignité des hommes et des femmes. Et même les labels « durable » ou « équitable » ne constituent pas une garantie que les promesses des industriels sont tenues en matière de respect de l'environnement et des êtres humains.

Le discrédit est jeté sur beaucoup de produits… Et renoncer à ces produits peut sembler difficile.

Invitons les participants à évaluer leur comportement par rapport à certains produits qu'ils consomment. Chacun pourra penser à un produit industriel dont il est friand et qui ne porte aucun label de type « durable » ou « éthique ». (Comme les Pringles ou les M&M's de Werner Boote !)

  • Êtes-vous capable de vous passer de ce produit ?
  • Si non, pourquoi ?

Il s'agira donc d'identifier les résistances au changement et d'interroger ces résistances.

On pourrait obtenir des réponses comme :

  1. Je ne peux tout simplement pas m'en passer.
  2. Je ne sais pas par quoi je pourrais remplacer ce produit.
  3. Un produit équivalent vraiment durable et éthique couterait beaucoup plus cher.
  4. Un produit équivalent vraiment durable et éthique ne me procurerait pas le même plaisir.
  5. Je ne connais pas de produit équivalent vraiment durable et éthique.

Ce sont donc différents types d'arguments qui peuvent être avancés :
Le coût d'un produit équivalent « plus propre1  » (argument 3).
Le manque d'informations sur les produits vraiment « propres » (arguments 2 et 5).
Une forme de conditionnement qui accroit notre fidélité au produit (arguments 1 et 4).

On pourra ensuite mettre ces arguments en question

.

La question du coût tout d'abord : « on ne veut pas payer plus cher » semble aller de soi… Beaucoup de publicités avancent cet argument. Chacun a naturellement un budget à respecter. Mais on peut alors interroger nos priorités. Est-ce que je peux envisager d'augmenter mon budget alimentation (si l'on a choisi un produit d'alimentation pour cet exercice) en diminuant un autre budget (loisirs ? culture ? vêtements ? énergie ?…)

Image du filmD'autre part, cet argument du coût est habilement retourné par certaines marques chères qui nous convainquent que la cherté du produit (chaussures de sport, smartphone, etc.) est synonyme de qualité (vraiment ?) ou d'originalité (vraiment ?). Détenir ce produit cher nous distinguerait parmi les autres… et nous sommes prêts à mettre le prix de cette distinction. Mais nous ne serions pas prêts à mettre le prix pour des produits « propres » ? Cela donne à réfléchir.

Le manque d'informations sur les produits « propres » est naturellement crucial. Particulièrement si l'on ne peut pas faire confiance aux labels durable et éthique des industriels, comme le montre le film. Que peut-on alors consommer  ?

Une solution (du moins pour ce qui concerne l'alimentation) consiste à acheter les produits les moins transformés possibles. Et s'ils sont produits localement, la pollution est réduite, puisque le transport l'est aussi. Comme le conseille Kathrin dans le film : pourquoi ne pas faire soi-même la sauce tomate plutôt que l'acheter toute faite ? Cela demande naturellement du temps, de l'énergie, du savoir-faire… mas cela peut aussi apporter du plaisir et de la satisfaction ! Limiter nos achats de produits transformés est sans doute un bon début…

Enfin, il se peut qu'opère une sorte de conditionnement créé par la publicité, qui rend « accro » à un produit. Si l'on ne peut tout simplement pas se passer de tel ou tel produit, il faut bien reconnaître que l'on est piégé par le marketing, qui façonne nos goûts et nous persuade que rien n'est meilleur…En tant que consommateur, nous ne serions pas aussi libres que nous le pensons, nous faisons partie des stratégies de marketing… Finalement, nous participons au système que nous critiquons…

Réfléchir aux résistances sur lesquelles vienne buter notre (éventuel) désir de changer nos habitudes est certainement un premier pas dans la bonne direction.

Un autre pas pourrait consister à s'approprier ces injonctions venues de l'extérieur. Affirmer soi-même certains arguments du film, les expliquer à d'autres, peut aussi participer à se convaincre soi-même…

Dans cette optique, proposons aux participants de créer en groupe des publicités parodiques qui diraient la vérité du produit et non pas des mensonges.

Il s'agirait pour chaque groupe de choisir un produit, de transformer son slogan ou plus généralement les mots de la publicité et d'adapter le visuel en fonction, en le transformant par collage, par exemple.

Image du filmPar exemple, un slogan comme « … parce que je le vaux bien » peut devenir « …parce qu'ils comptent pour rien » (en désignant les travailleurs qui contribuent à produire le produit.)
« On se lève tous pour… » pourrait devenir « On crève tous pour… »
« …te donne des aiiiles » deviendrait « … leur coupe les aiiiles ! »

On pourrait également imaginer des bandeaux parodiques comme :
« Avec de vrais morceaux de forêt tropicale dedans ! »
«  Fabriqué avec 100% de sang indonésien ! »
« Fabriqué par des enfants au bout du monde ! »

Les collages pourraient être exposés dans l'école. Un vernissage (où seraient servis des produits locaux et transformés par les participants eux-mêmes !) donnerait l'occasion à leurs auteurs de commenter leurs affiches parodiques pour le public.

Un paradoxe ?

On peut voir une sorte de paradoxe dans le film L'Illusion verte. Celui-ci s'ouvre sur ces mots : « On me dit que je peux sauver le monde, les orangs-outans, les dauphins, l'océan, la forêt tropicale, et même l'humanité. Il me suffit d'acheter des produits durables et équitables. Mais c'est un mensonge. »

Pourtant, le dialogue qui s'élabore dans le film entre Werner et Kathrin et aussi avec leurs interlocuteurs semble dire qu'au contraire nous devons être très attentifs à ce que nous consommons si nous ne voulons pas aggraver la destruction de la nature, le réchauffement climatique, etc.

Alors, faut-il adapter nos habitudes de consommation à cet objectif supérieur (sauver le monde !) ou pas ? cela sert-il à quelque chose ou pas ? Sinon, quel autre moyen avons-nous d'agir ?

On pourra soumettre cette question aux participants, dans le cadre d'un débat démocratique, et préparer ainsi l'animation suivante, consacrée aux différents propos tenus et actions menées dans le film à l'encontre des multinationales.

Affiche du film


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