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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au dessin animé
Le Piano dans la forêt
de Masayuki Kojima
Japon, 2007, 1h40

Le dossier pédagogique dont on trouvera un extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants du primaire qui verront le dessin animé Le Piano dans la forêt avec leurs élèves (entre huit et onze ans ans environ). Dans le cadre de l'éducation permanente, ce dessin animé peut également être utilisé pour faciliter un échange intergénérationnel à propos en particulier de l'éducation, de ses objectifs et de ses méthodes; il pourra également servir de support à la découverte d'un univers culturel "privilégié", celui de la musique classique. Le dossier contient plusieurs animations qui pourront être rapidement mises en œuvre en classe (ou avec un groupe de spectateurs intéressés) après la vision du film.

La musique

L'animation que nous proposons sous ce titre n'a pas la prétention d'initier les participants à la musique classique ni de leur apporter l'une ou l'autre compétence spécifique en la matière. Elle vise plutôt à utiliser le propos du film — faire découvrir aux spectateurs l'univers de la musique classique d'une manière à la fois originale, séduisante, ludique et nuancée — pour élargir la portée de l'apprentissage musical (le jeu, mais aussi l'écoute des grands compositeurs) à l'épanouissement personnel et à l'expression de soi.


Pratiquement

Représentations personnelles

Pour débuter l'activité, invitons les participants à revenir sur les appréciations qu'ils ont formulées à propos du style musical au cours de la première animation et annonçons-leur que l'on va maintenant s'intéresser au thème principal du film: la musique classique.

Dans un premier temps, demandons-leur de s'exprimer sur leurs représentations personnelles en indiquant parmi les propositions suivantes celle(s) qui correspond(ent) à leur propre perception. Cette réflexion individuelle a pour objectif principal d'amener les uns et les autres à nuancer leur opinion spontanée, dont on peut imaginer qu'elle peut être aussi sommaire que celle que Kai formule dans le film, à savoir qu'apprendre la musique est une affaire difficile et rébarbative réservée «aux gosses de riches».

En proposant des motivations diversifiées pouvant expliquer le choix par certains enfants d'un tel apprentissage, on espère ainsi donner un écho au propos du film qui, à travers ses différents personnages, donne à chacun l'opportunité de trouver son propre rapport à la musique classique, au-delà des préjugés et des idées reçues.

Toi et la musique...

Peut-être apprends-tu toi-même à jouer d'un instrument de musique? Si c'est le cas, pourquoi le fais-tu?

Et si tu ne joues pas toi-même d'un instrument, pourquoi à ton avis d'autres enfants apprennent-ils la musique?

On apprend à jouer d'un instrument...

  • parce qu'on est passionné par la musique
  • parce que c'est un moyen d'avoir un monde à soi, un refuge où l'on se sent bien
  • parce que c'est un moyen de s'exprimer, de communiquer ses émotions
  • parce que c'est une habitude familiale, une tradition dans certaines familles ou certains milieux
  • parce que c'est un moyen de se dépasser, de s'épanouir, d'avoir le sentiment de réussir quelque chose de difficile ou d'exceptionnel
  • parce que c'est une corvée imposée par les parents
  • parce que l'on peut en faire son métier, peut-être même devenir une vedette
  • une autre raison: ...

Écouter, se souvenir, reconnaître

Évaluons ensuite l'intérêt des spectateurs pour les thèmes musicaux entendus dans le Piano dans la forêt en retenant ceux qui ont sans doute capté le plus leur attention: la Sonate pour piano K310 de Mozart, la Symphonie n°5 de Beethoven et la Valse du petit chien de Chopin. En effet, même si d'autres morceaux comme le Concerto italien de Jean-Sébastien Bach ou la Sonate pour piano n° 3 de Frédéric Chopin occupent en fait une place plus grande dans le film, les trois œuvres précitées y font l'objet d'un véritable enjeu: tandis que la sonate K310 est censée départager les concurrents qui participent aux éliminatoires du concours national de piano, la Valse du petit chien représente le déclic nécessaire qui va conduire Kai sur la voie de l'apprentissage; quant aux premières notes de la Cinquième Symphonie, qui impressionnent profondément Kai, elles éveillent son intérêt pour l'œuvre de Beethoven; on retiendra donc aussi sa célèbre Lettre à Elise dont les enfants ont peut-être reconnu l'air familier lorsque Monsieur Ajino l'interprète pour lui dans la salle de musique, de la même façon que Kai reconnaît le morceau que joue la boîte à musique de sa mère.

Dans le cadre de cette animation, une nouvelle écoute en groupe des quatre morceaux choisis (ou seulement de certains extraits) sera bien sûr vivement conseillée. On commencera par demander aux participants s'ils se souviennent des circonstances au cours desquelles on les entend dans le film et, au fur et à mesure des œuvres identifiées et replacées dans leur contexte, on rappellera leur titre: la Sonate pour piano K310 de Mozart, la Symphonie n° 5 de Beethoven et sa Lettre à Elise et enfin, la Valse du petit chien de Chopin.

Après cette étape de reconnaissance et avant d'entamer une phase d'appréciation de la musique, l'enseignant ou l'animateur pourra éventuellement intégrer ici une courte approche de la terminologie utilisée dans le domaine musical, en se limitant toutefois aux termes entendus dans le Piano dans la forêt. Ainsi pour les élèves les plus curieux ou pour les personnes intéressées, on pourra se reporter aux explications reprises en encadré ci-dessous.

Sonate, symphonie et valse

Ces termes font partie du vocabulaire musical. Une sonate est une composition conçue pour un ou deux instruments: le clavier, ou un autre instrument — le violon par exemple — accompagné d'un clavier. La sonate comporte le plus souvent trois (parfois quatre) mouvements. Ces mouvements sont en réalité des parties contrastées qui ont un rythme et une tonalité différents: d'abord rapide, ensuite lent, puis à nouveau rapide. Dans le Piano dans la forêt, Shûhei joue le premier mouvement de la sonate K310, appelé «Allegro» tandis que Kai en interprète le troisième (qui est donc aussi donc le dernier) nommé «Presto». [1]

D'autres termes que sonate sont utilisés pour désigner des compositions calquées sur le même plan mais destinées à d'autres combinaisons d'instruments. Par exemple, une sonate pour orchestre (qui implique la participation de tous les instruments) est appelée symphonie. Il s'agit d'une composition de plus grande ampleur constituée de quatre (voire cinq) mouvements. Dans le film, Sôsuke Ajino joue les premières notes de la Cinquième Symphonie de Beethoven.

Quant à la valse, c'est un genre musical écrit à trois temps et associé au départ à la danse du même nom. Or parmi les valses de Chopin, rares sont celles qui sont destinées à être dansées. Écrite au milieu du 19e siècle, la Valse du petit chien est également connue comme la Valse minute à cause de sa durée exceptionnellement courte. C'est pour être capable de jouer ce morceau interprété par Monsieur Ajino que Kai accepte de travailler ses gammes.


1. Jusqu'au 19e siècle, un mouvement musical était désigné le plus souvent par son tempo, autrement dit par son rythme. Tous ces rythmes sont désignés par des mots italiens. Allegro (assez rapide), désigne ainsi le premier mouvement d'une sonate. Presto (rapide) en désigne généralement le dernier. Ces deux mouvements rapides sont séparés par un mouvement plus lent, caractérisé par le terme adagio (lent) ou andante (modéré, assez lent). Dans le film, nous n'entendons pas cette partie de la sonate K310.

Ressentir, apprécier

On veillera ensuite à donner aux enfants ou aux adultes peu informés en la matière, à propos de ces morceaux, quelques informations contextuelles susceptibles de favoriser la production d'images mentales et générer ainsi l'empathie nécessaire pour entrer dans le ressenti du compositeur et apprécier les différentes dimensions de son œuvre (rythme, tonalités, mélodie...). Les textes présentés en encadré ci-dessous ont été conçus essentiellement dans cette perspective.

Si les participants se montrent très motivés par l'activité, une méthode alternative pourrait être de former trois petits groupes à qui l'on confiera respectivement l'un de ces trois textes. Dans ce cas, un porte-parole sera désigné au sein de chaque groupe pour en présenter le contenu devant l'ensemble des participants.

L'activité proprement dite prendra la forme d'un échange verbal autour de ces compositions. Il sera ici important de préciser dès le départ qu'il est fait appel à la subjectivité de chacun et que dès lors, toute intervention devra faire l'objet de respect et de tolérance: un morceau particulièrement apprécié par les uns peut rebuter les autres sans pour autant que ces différentes appréciations ne débouchent sur de quelconques jugements de valeur, que ce soit sur l'œuvre elle-même ou sur les participants qui formulent ces avis opposés.

D'un point de vue pratique, les participants seront invités à désigner quel morceau les a plus particulièrement émus, à expliquer quelles émotions ils ont ressenties, et éventuellement pour quelle raison ils ont ressenti telle émotion plutôt que telle autre...

S'ils montrent une motivation suffisante, on pourra éventuellement approfondir ces appréciations en les amenant à distinguer les sentiments que les compositeurs ont cherché à transmettre (ainsi la douleur, la souffrance, la tristesse avec la sonate K310, le sentiment amoureux avec la Lettre à Elise, la fougue, la légèreté, l'opiniâtreté avec la Valse du petit chien ou encore, la solennité, la gravité, la soudaineté avec la Symphonie du Destin...) de leurs propres émotions personnelles lorsqu'ils écoutent ces morceaux.

La Sonate pour piano K310 de Wolfgang Amadeus Mozart

Wolfgang Amadeus Mozart est un compositeur autrichien qui a vécu dans la seconde moitié du 18e siècle. C'était aussi un virtuose du piano et du violon. Mort à seulement trente-cinq ans, il a produit une œuvre très importante, répertoriée dans le Catalogue Köchel (ainsi dans le film, Monsieur Ajino parle, pour désigner la sonate choisie pour les éliminatoires du concours, de la «Köchel K310»), un catalogue qui recense plus de six cents compositions appartenant à tous les genres musicaux de son époque. Mozart est généralement considéré comme un spécialiste du concerto, de la symphonie et de la sonate, qui deviendront après lui les principales formes de la musique classique.

Dès l'âge de trois ans, Mozart révèle des dons extraordinaires pour la musique: ainsi avant de savoir lire ou écrire, il joue du clavecin, de l'orgue, du violon, il sait déchiffrer une partition et compose déjà ses premières œuvres. Dans le Piano dans la forêt, Kai, qui joue du piano sans jamais avoir appris depuis qu'il est un tout petit enfant, semble posséder le même don pour la musique que Mozart. Pendant toute son enfance et son adolescence, Mozart parcourt l'Europe avec son père — France, Belgique, Suisse, Hollande, Angleterre, Italie... —, et partout son talent retient l'attention.

Dès l'âge de 20 ans, il quitte sa ville natale (Salzbourg) et part à la recherche d'un emploi dans d'autres villes du pays, mais en vain. Couvert de dettes, il se rend à nouveau à Paris où il espère pouvoir relancer sa carrière. C'est pendant ce voyage à Paris que sa mère décède et qu'il compose la sonate pour piano K310 entendue dans le film. Mozart meurt à Vienne en 1791, après y avoir séjourné une dizaine d'années. Durant cette période, il a composé de nombreuses pièces musicales: des sonates, des concertos, des symphonies, et de grands opéras restés célèbres: Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée, Don Giovanni...

La Lettre à Elise et la Symphonie n° 5 de Ludwig von Beethoven

La Lettre à Elise est ce qu'on appelle une «bagatelle». En musique classique, la bagatelle désigne une courte composition légère et destinée le plus souvent au clavier. C'est ce morceau resté très célèbre que Sôsuke Ajino joue pour Kai dans le film. Il est l'œuvre de Ludwig von Beethoven, un musicien allemand né à Bonn en 1770 et mort à Vienne en Autriche en 1827.

Son œuvre abondante influencera la musique occidentale pendant une grande partie du 19e siècle et, bien qu'il se soit exprimé dans tous les genres, Beethoven est surtout connu aujourd'hui pour ses neuf symphonies, où il dépeint de nombreux sentiments. Dans sa Symphonie n°5, composée en 1808 et dont nous entendons les premières notes dans le film, le compositeur introduit un motif resté l'un des plus célèbres de toute la musique occidentale: ces huit notes — pour ceux qui s'y connaissent en solfège: sol-sol-sol-mi bémol / fa-fa-fa-ré jouées «fortissimo» («très fort», en italien) — symbolisent bien le caractère de la musique de Beethoven, pleine de puissance et de passion. Le sous-titre employé parfois pour désigner cette œuvre, la Symphonie du Destin, lui a été donné par un biographe du compositeur, qui aurait interprété ce motif comme étant «Le destin qui frappe à la porte».

La Valse pour piano dite «Minute» ou «du Petit chien» de Frédéric Chopin

Frédéric Chopin est un compositeur polonais qui a vécu dans la première moitié du 19e siècle. Il est aussi l'un des plus célèbres pianistes de l'époque, dont la musique est aujourd'hui encore l'une des plus jouées.

Comme Mozart, Chopin reçoit très tôt un enseignement musical et il commence à composer dès l'âge de sept ans. Élève au lycée de Varsovie, il passe ses vacances dans différentes régions du pays où il découvre la musique folklorique; c'est donc essentiellement dans les traditions paysannes qu'il puise l'inspiration pour composer ses célèbres mazurkas par exemple. Après des études théoriques à l'École supérieure de musique de Varsovie, Chopin se lance dans un long voyage en Europe où il fait connaître son talent et se familiarise avec la vie musicale qu'il découvre. De retour à Varsovie, il se consacre à la composition et écrit ses premières nocturnes, études, valses et mazurkas (une mazurka est une danse polonaise très rythmée).

Après quelques mois passés à Vienne, Chopin décide de s'installer à Paris, où sa réputation grandit rapidement. Il y rencontre d'autres grands musiciens — Liszt, Mendelssohn, Berlioz... — et George Sand, écrivaine célèbre qui devient sa compagne. C'est à cette période qu'il compose, entre autres, la Valse du petit chien, celle qui donne du fil à retordre à Kai tant l'exécution du morceau demande une grande souplesse des doigts. À travers cette composition, le musicien aurait, dit-on, cherché à décrire l'un des chiens de sa compagne en train de tourner en rond en pourchassant sa queue.

Sa liaison avec George Sand ouvre pour Chopin une période très productive. Une décennie plus tard, lorsqu'ils se séparent (en 1847), la santé du musicien se dégrade, il abandonne presque totalement la composition et meurt deux ans plus tard à Paris, des suites de la tuberculose.


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