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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
Bowling for Columbine
de Michael Moore
Canada-USA, 2002, 2 h00

Le dossier pédagogique dont on trouvera un court extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants du secondaire qui verront le film Bowling for Columbine avec leurs élèves (entre quinze et dix-huit ans environ). Il contient plusieurs animations qui pourront être rapidement mises en oeuvre en classe après la vision du film.

Reconstruire les cheminements de Michael Moore

Bowling for Columbine, avec ses images de différentes origines, les déplacements du réalisateur, les interviews de différentes personnes, peut paraître désordonné. Pour remettre de l'ordre dans ce discours, dense et protéiforme, on peut essayer de retracer le cheminement du réalisateur selon quatre critères: les idées qu'il développe, les lieux où il se rend, les personnes qu'il rencontre, les images et les sons qu'il utilise.

 

Demandons à chacun des groupes constitués avant la vision du film de faire une synthèse de leurs observations, une sorte de résumé du film sous l'angle...

  • des faits et des idées : quels sont les constats que fait le réalisateur ? quelles sont les questions qu'il se pose ? quelles réponses y trouve-t-il ? comment ces questions et réponses s'articulent-elles ?
  • des lieux : où Michael Moore réalise-t-il son enquête ? dans quels lieux se rend-il ? qu'y cherche-t-il ?
  • des personnes : qui Michael Moore rencontre-t-il ? pourquoi ? quelles questions pose-t-il ? quelles réponses obtient-il ?
  • des images et des sons : à quel type d'images et de son Michael Moore fait-il appel ? qu'est-ce que ces images et ces sons disent ? quels effets produisent-ils ?

*

On trouvera dans les encadrés ci-dessous [seul le premier de ces encadrés est reproduit sur cette page WEB] les types de compte-rendu que l'on pourrait obtenir :

 

Bowling for Columbine: quelques pistes d'analyse

Les faits et les idées

Michael Moore fait d'abord le constat que les Américains[*] aiment les armes ; elles font partie de la culture américaine. La détention d'armes par les particuliers est autorisée par la Constitution des Etats-Unis (2ème amendement) et celles-ci sont en vente libre. Les partisans des armes se justifient en déclarant qu'un homme sans arme est irresponsable ; il faut être capable de défendre sa famille.

Michael Moore tourne en dérision cet argument en montrant que les armes sont mortellement dangereuses.

Le réalisateur montre ensuite que les détenteurs d'armes sont de toutes sortes : de simples particuliers, des adolescents déboussolés, des personnes potentiellement dangereuses... Mais l'Etat détient aussi des armes (des armes de guerre), ce qui amène Michael Moore à se demander s'il y a un lien entre la violence exercée par l'Etat (les guerres menées par les Etats-Unis) et la violence individuelle ? Il soutient que oui : en montrant toutes les interventions militaires des Etats-Unis qui ont fait beaucoup de victimes, en soulignant que la tuerie de Columbine a eu lieu juste après les bombardements les plus massifs de l'Otan sur le Kosovo, et en établissant un lien entre la ville où a eu lieu le massacre, Littleton, et le fait qu'on y fabrique des armes de guerre (l'usine Lockheed Martin).

Depuis la tuerie du lycée de Columbine, on se demande pourquoi les enfants et les adolescents sont violents.

À cause de la violence à la TV, dans les jeux vidéo, dans les chansons de Marilyn Manson? C'est aller un peu vite : dans d'autres pays, cette violence est aussi à la portée des enfants, mais il y a moins de violence dans les actes.

Pourquoi les Américains sont-ils différents des autres ?

L'hypothèse que soutient Michael Moore est la suivante : c'est la culture de la peur qui est entretenue par les médias qui fait la différence entre les Etats-Unis et les autres pays. Et cette peur fait marcher le commerce.

Mais la peur se focalise sur de faux problèmes ; les vrais problèmes ne sont pas «porteurs»: la pollution, les défaillances du système social, la pauvreté.

Michael Moore défend cette idée en comparant les Etats-Unis au Canada où les gens ont moins peur d'une criminalité «sauvage» (la peur est beaucoup moins entretenue par les médias) et où un système social efficace existe.

Enfin, dernier exemple pour appuyer sa thèse, le meurtre d'une petite fille par un petit garçon à Flint a focalisé l'attention, mais cet accident est dû, selon le réalisateur, aux inégalités sociales et cache une autre tragédie qui est le sinistre économique de la région, causé par la fermeture des usines General Motors.

Michael Moore demande ensuite des comptes aux personnes responsables des meurtres par balles: les marchands de munitions (K-Mart), ceux qui profitent de l'exploitation des pauvres (Dick Clark) et ceux qui encouragent la détention d'armes (Charlton Heston).


* Nous entendons par «Américain»: «citoyen des Etats-Unis d'Amérique».


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