Club Kid
Bien plus qu'une plongée intense dans le monde de la nuit queer et électro de New York, Club Kid est avant tout l'histoire intime d'une famille reconstruite. Avec tendresse et sans jugement, le film sublime la puissance du destin au moment où la rencontre entre un père et son fils biologique montre qu'il existe bien une vie au-delà de la prochaine fête
Peter, organisateur de soirées branchées à New York, mène une existence aussi effrénée qu'insouciante, rythmée par les nuits festives et les excès. Sa vie bascule lorsque Arlo, le fils de 10 ans dont il ignorait l'existence, frappe à sa porte. Dépassé par ce rôle de père qu'il n'avait jamais envisagé, il est rapidement conquis par le charme et la spontanéité de l'enfant. Au fil du temps, un lien aussi inattendu que profond se tisse entre eux? Cette production indépendante américaine a enthousiasmé Cannes et Deauville au point de faire partie des films les plus attendus de cette fin d'année. Elle nous emporte dans les tourbillons de la vie, lorsque tout se mélange de manière affolante, telle la bande-son électro surpuissante de sa première partie qui accélère le rythme cardiaque à ne plus savoir où donner de la tête. C'est une histoire de famille recomposée inscrite dans le milieu gay de la nuit new-yorkaise, a priori classique dans son déroulement, mais que l'énergie débordante déployée pour explorer les fêlures des jeunes adultes en crise rend particulièrement poignante. Le film surprend par sa capacité à jongler avec les émotions contrastées, passant de l'euphorie à la mélancolie, de la légèreté à la profondeur, par la force d'un récit découpé en deux segments distincts. Comme les deux faces d'une expérience de vie, sombre et lumineuse, que l'on ne pensait pas nécessairement réconciliables. Club Kid réussit une liaison parfaite et inattendue entre, d'une part, l'intensité et l'insouciance du monde de la nuit, filmé au plus près des corps, et, d'autre part, la simplicité de la vie quotidienne dans des décors nettement plus posés, dignes d'une comédie feutrée et intimiste. Évitant le pathos (mais pas l'humour, désarçonnant) et le regard moral comme tout excès formel, Club Kid rappelle presque en cela les mélos à l'ancienne, quand l'arrivée d'un inconnu modifie la destinée du personnage principal. Pour Peter, la bascule littéralement foudroyante d'un monde à l'autre est l'occasion d'endosser, sans culpabilité ni honte, son costume d'adulte et de père. Le voilà maintenant regardé droit dans les yeux par cet enfant complice qui aura tant de choses à lui apprendre et l'aidera, à sa façon, à soigner ses blessures intérieures.
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