le Mer. 17 Juin 2026 à 20h00
le Jeu. 18 Juin 2026 à 20h00
Après la mort accidentelle de son meilleur ami, le comédien Gaspard Ulliel, Jérémie Renier entame un chemin de recueillement grâce à la rencontre d’un explorateur français qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Il le raconte dans ce documentaire de cinéma poignant et sensoriel
Jérémie et Loury vont partir ensemble à travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont s’éprouver, jusqu’à redevenir vivants. Le voyage se transforme en une quête initiatique qui explore les territoires de la vie, là où l’hostilité du monde renvoie à la mort…
L’acteur belge Jérémie Renier est, clairement, l’un des plus grands talents de sa génération, à l’aise dans tous les registres et domaines. Il est à jamais associé au cinéma des frères Dardenne, avec lesquels une grande complicité artistique s’est construite au fil du temps (La Promesse, L’Enfant, Le Gamin au vélo, Le Silence de Lorna, La Fille inconnue), comme à d’autres grands cinéastes aventureux (Ozon, Bonello, Mazuy…) et au succès de films populaires comme Cloclo et Dikkenek.
Après avoir coréalisé un premier long métrage de fiction avec son frère Yannick (Carnivores, 2018), il signe ce documentaire à caractère introspectif pour tenter de se reconstruire après la perte, brutale, de son meilleur ami, l’acteur Gaspard Ulliel, disparu en 2022.
Huis clos à ciel ouvert, D’un monde à l’autre renvoie à la mythologie des récits d’aventure, au cœur d’une nature majestueuse et hostile, qui sont particulièrement à la mode aujourd’hui. Sans prétention, Jérémie Renier réussit à y mettre sa touche personnelle et, clairement, à se distinguer des documentaires formatés sur le développement personnel qui pullulent un peu partout et embarrassent souvent par leur lourdeur émotionnelle et leur didactisme. Jérémie Renier capte la poésie des grands espaces naturels en faisant le choix d’une exposition longue et contemplative, à laquelle il connecte des séquences plus intimes et tremblantes, qui témoignent de moments solitaires et de relations humaines en construction. La force du film tient à cet équilibre contrasté entre l’apaisement et l’inquiétude. Elle provient aussi de cette façon qu’à Jérémie Renier de raconter son périple vécu sans filet, c’est-à-dire sans narration préconçue puisque tout se joue dans l’instant présent. Une forme de mise à nu qui ne met jamais mal à l’aise, mais qui, au contraire, nous émeut par sa sincérité.
Ce documentaire modeste, soutenu par la voix off de son réalisateur, a tout du journal intime mis en images avec la conviction, sincère, que ce qui s’y exprime touche à l’universel.
Nicolas Bruyelle, les Grignoux