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No Other Choice

  • Réalisé par
    Park Chan-wook
  • Interprété par
    Lee Byung-hun, Son Ye-jin, Park Hee-soon
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    coréen
  • Pays d'origine
    Corée du Sud
  • Année
    2026
  • Durée
    02 h 19
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Comédie
    Drame
    Thriller
  • Date de sortie
    2026-02-11

Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook (Old BoyMademoiselleDecision to Leave), adepte d’un cinéma de genre social et formaliste décomplexé, revient avec une nouvelle adaptation du roman de Donald E. Westlake (Le Couperet) sur la folle entreprise de vengeance d’un cadre devenu chômeur, dans un registre satirique et transgressif particulièrement réjouissant 

Cadre dans une usine de papier, You Man-su est un homme heureux. Il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, son existence bascule. Il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et le train de vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Méfions-nous des apparences… Quand un cinéaste aussi inventif et caustique que Park Chan-wook ouvre son film par quelques notes apaisantes de la musique de Mozart posées sur des plans aériens et ensoleillés d’une belle propriété campagnarde, alors que ses occupants sont tranquillement en pleins préparatifs de barbecue, c’est qu’il y a anguille (clin d’œil : certaines sont posées sur le grill) sous roche. Quelque chose nous dit que ce bonheur de carte postale ne durera qu’un temps, celui qu’il faut aux fissures pour se déployer sur la surface entière des apparences et en faire exploser la fragile façade. 

En adaptant ce roman américain déjà porté à l’écran par Costa-Gavras en 2005, dans une version plus âpre et sobre que celle-ci, Park Chan-wook reste fidèle à son cinéma de la transgression. L’auteur d’Old Boy fait converger les genres et en repousse les limites, en flirtant souvent avec le grotesque, ce qui est grisant. 

De film en film, quelle qu’en soit l’approche, il se connecte au monde qui l’entoure. Il pose un regard critique et ironique sur la société qu’il révèle avec l’inquiétude d’un artiste qui, toutefois, reste ludique et poétique, capable d’irriguer ses histoires tragiques de légèreté et de lumière.  

Il traite aussi, constamment et de manière plus évidente encore dans ce dernier film, des rapports de classes, comme dans le Parasite de son ami Bong Joon-ho auquel on pense inévitablement. Il se penche sur les faiblesses de l’être humain, entre autres son rapport ambigu à la violence et au désir sexuel, et aux limites morales auxquelles il se trouve confronté à un moment donné de son parcours.  

Toujours posée et étudiée, la mise en scène du cinéaste travaille les longs plans-séquences qui transportent l’atmosphère dans un entre-deux, ni tout à fait réaliste ni complètement fantastique. À cet égard, il faut mentionner la performance de l’acteur principal, Lee Byung-hun, star de la série-phénomène Squid Game, dont le style de jeu mute d’une séquence à l’autre, nous le montrant dans un état de transformation mentale et physique permanent. Il a le visage halluciné de celui qui, tout à coup, découvrirait la lumière à la sortie du tunnel, celle qui vous accueille dans la part triviale de la vie, quand on est prêt à tout, quitte à faire un bras d’honneur à la morale pour retrouver ici sa dignité, sa femme, sa famille et sa maison. Sacré programme ! Cet homme reste faible et énigmatique, ce n’est pas RoboCop. Ses hésitations à passer à l’acte, son comportement parfois burlesque et touchant dans son rapport à l’amour en font le produit complexe d’une société capitaliste sud-coréenne qui, comme ailleurs dans le monde, fait de ses travailleuses et travailleurs des pièces interchangeables d’une grande machine à broyer l’humain. Des pièces qui peuvent finir par se transformer et se révolter... 

Dans No Other Choice, véritable huis clos suffocant, la violence surgit brutalement et tétanise. Elle peut tout de suite être contrebalancée par un gag, un dialogue léger et incongru ou par l’irruption d’un personnage qui vient redessiner les contours d’une séquence que l’on pensait être brutale de bout en bout. 

Cette fable intimiste et sociale, soutenue par les idées stylistiques et scénaristiques d’un cinéaste audacieux et malicieux, est clairement un cocktail explosif d’émotions contrastées. C’est ce qui la rend aussi drôle qu’effrayante car, décidément, tout est rupture et sidération dans la mise en scène de Park Chan-wook. 

Nicolas Bruyelle, les Grignoux 
 

Fiche PDF du film