Dans ce très beau documentaire où la maîtrise est au service d’une émotion juste et d’une réflexion plus que nécessaire, Thomas Licata filme une terre ravagée par le nucléaire et interroge avec lucidité le rapport de nos sociétés à ses sources d’énergie. Brûlant, actuel et puissamment cinématographique
Quinze ans après l’accident nucléaire de Fukushima, c’est à une production liégeoise menée de main de maître par l’équipe des Films de la Passerelle que nous devons cette réflexion à la fois profonde et poétique sur cet événement majeur de notre monde contemporain. Thomas Licata (China Dream) est parti pour la région japonaise sacrifiée avec un directeur de la photo aguerri (Hugo Brilmaker) afin d’interroger cet univers d’après la catastrophe. Il y a découvert une volonté politique démiurgique, avide de relancer le nucléaire, occupée à repeupler la région radioactive. À Fukushima, dans des quartiers neufs mais quasi déserts, où de pauvres retraités déménagent, incités par des primes qui leur permettent un niveau de vie plus digne, la radioactivité est invisible, mais partout.
En usant de manière subtile des codes du cinéma de science-fiction, le réalisateur parvient à nous immerger dans un sentiment de danger impalpable mais réel. Au plus près des habitants, il filme leur amour pour ce beau territoire dans toutes ses complexités et son lien avec la grande ville. Il nous confronte ainsi, avec beaucoup d’humanité, aux angles morts des politiques de l’énergie telles qu’elles existent aujourd’hui et nous met face à l’urgence de questionner les liens entre une consommation débridée d’énergie et les conséquences liées à sa production.
Adeline Margueron & Gilles Grégoire Pirothon, les Grignoux
En présence de Thomas Licata, réalisateur, Reiko Hasegawa, chercheuse au Médialab à Sciences Po Paris, et Charlotte Renouprez, présidente des Équipes Populaires
En partenariat avec Les Équipes Populaires de Liège et le Centre d’Etudes Japonaises de l'ULiège