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Grignews

Le journal

Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
Le Chemin de la liberté - Rabbit Proof Fence
de Phillip Noyce
Australie, 2002, 1h34

Le dossier pédagogique dont on trouvera un court extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants de la fin du primaire et début du secondaire qui verront le film Le Chemin de la liberté - Rabbit Proof Fence avec leurs élèves (entre dix et quatorze ans environ). Il contient plusieurs animations qui pourront être rapidement mises en oeuvre en classe après la vision du film.

Replacer le film
dans son contexte historique

Objectifs

  • Évaluer les effets de la colonisation britannique sur les populations aborigènes d'Australie
  • Situer le film dans le paysage historique
  • Réfléchir autour des intentions du réalisateur

Présentation

Au cours de l'activité qui va suivre, il s'agira pour les élèves de s'intéresser à l'histoire de la colonisation de l'Australie par les Britanniques. En effet, le film de Phillip Noyce présente sans doute une bonne reconstitution du contexte historique des années 30, marqué par le déplacement massif d'enfants métis vers des centres comme celui de Moore River; mais il laisse dans l'ombre d'autres aspects importants de la colonisation, même s'ils ne sont pas indispensables à la compréhension de cette histoire que le cinéaste a choisi de raconter du point de vue des trois fillettes, en privilégiant le côté extraordinaire de leur aventure. Ainsi la vie à Jigalong avant le rapt de Molly, Daisy et Gracie (qui sont, rappelons-le, soeurs et cousine) semble heureuse et paisible : en compagnie de leurs mères et grand-mère, elles chassent le goanna, une sorte de varan, finalement capturé pour être mangé. Un gros plan (ou plutôt un plan très rapproché) sur un homme à cheval, cadré à hauteur de ses bottes et de son fusil, vient brutalement indiquer une menace, un danger soudain pour cette petite communauté traditionnelle. Le spectateur non averti peut alors avoir l'impression que tout débute à ce moment-là, et que les mesures radicales prises par les Blancs vis-à-vis des Aborigènes constituent un fait relativement récent.

Or il faut savoir qu'à cette époque, les premiers habitants de l'Australie faisaient déjà depuis plus d'un siècle l'objet de mesures barbares qui avaient décimé une grande partie de la population et largement détruit leur mode de vie traditionnel. Massacrés massivement tout au long du dix-neuvième siècle par des colons sans scrupules et soucieux de s'approprier des terres, les Aborigènes ont été également enfermés dans des réserves (les premières ayant été créées vers les années 1850, soit environ quatre-vingts ans avant l'époque évoquée par le film), où ils dépendaient des Britanniques entre autres en matière d'approvisionnement ou de logement. Ne disposant d'aucun droit, les Aborigènes n'étaient pas pris en compte dans les recensements de population, ce qui les rendait purement et simplement «inexistants» pour les Britanniques, bien décidés à utiliser tous les moyens pour faire disparaître un peuple qu'ils considéraient comme inférieur. La situation sociale s'est rapidement dégradée au sein des réserves sous l'effet d'un changement des habitudes de vie, parmi lesquelles il faut souligner une consommation importante d'alcool, inconnu jusqu'à l'installation des colons sur le continent australien.

Les toutes premières scènes du Chemin de la liberté ne rendent pas compte de cet «état des lieux», montrant un mode de vie qui avait alors largement disparu. On peut sans doute interpréter ce parti pris comme la transcription d'une vision idéalisée de l'enfance. Pour Molly, Daisy et Gracie, tout bascule avec leur enlèvement, qui constitue bien pour elles la première rupture, le premier malheur. Pour elles, il existe bel et bien un «avant», qui représente l'insouciance et le bonheur de vivre en famille, et un «après», qui sera marqué par la douleur de la séparation, de nouvelles conditions de vie et leurs efforts pour retrouver cet état de bonheur passé.

Déroulement

Pour démarrer l'activité, nous proposons que les élèves, répartis en petits groupes, répondent à quelques questions indirectement relatives à l'histoire de la colonisation. Il s'agira de choisir, pour chacune de ces questions, l'une des deux propositions suggérées, en utilisant les souvenirs gardés du film.

Les élèves, toujours répartis en groupes, prendront ensuite connaissance de deux graphes de population et d'un texte relatant les grandes étapes de la colonisation britannique. L'objectif sera de situer le film par rapport aux données fournies par les documents.

Concrètement, il s'agira d'une part de mettre en relation les deux graphes de population pour en tirer les observations qui s'imposent, et d'autre part, de surfacer dans chaque paragraphe du texte donné ci-dessous quelques termes qui paraissent importants dans le processus de colonisation. Ce travail d'interprétation et de lecture s'effectuera également en petits groupes d'élèves. Pour situer Le Chemin de la liberté par rapport aux informations, les élèves souligneront parallèlement dans le texte tous les détails du film qu'ils y retrouvent, avant de revoir éventuellement les réponses données au premier questionnaire.

L'activité se terminera par une discussion en grand groupe autour des intentions du réalisateur : en réalisant Le Chemin de la liberté, Phillip Noyce a-t-il plutôt voulu décrire un morceau de l'histoire des Aborigènes? rapporter le témoignage d'une expérience exceptionnelle? dénoncer le sort réservé aux premiers Australiens par les colons britanniques? qu'est-ce que les documents apportent comme informations nouvelles au sujet de cette période? quel relief ces informations donnent-elles au film? etc.

Questionnaire

Avec les élèves de votre groupe, répondez à ces quelques questions d'après les souvenirs que vous avez gardés du film, en cochant la proposition qui vous semble la meilleure. Retenez à chaque fois deux ou trois détails du film qui peuvent justifier votre réponse.

1. Avant leur capture à Jigalong, Molly, Gracie et Daisy
  • vivaient dans le bush, insouciantes et heureuses auprès de leur famille
  • vivaient dans des conditions sévères, au sein d'une «réserve» contrôlée par les Blancs

2. À Jigalong, au début des années 30 (l'époque où se déroule l'action du film), les Aborigènes

  • se nourrissaient selon un mode de vie ancestral (chasse, pêche, cueillette)
  • dépendaient en grande partie des Blancs pour leur approvisionnement en nourriture

3. À ce moment-là, Aborigènes et Britanniques

  • étaient liés par des relations hiérarchiques («de maître à esclave»)
  • n'entretenaient pratiquement aucun contact

4. Au début des années 30, la population aborigène semble

  • plus nombreuse que la population blanche
  • moins nombreuse que la population blanche

5. Jigalong est

  • un village typiquement aborigène
  • un poste gouvernemental servant de base aux hommes blancs affectés à l'entretien de la clôture contre les lapins, où sont venus s'installer de nombreux Aborigènes attirés par de meilleures conditions de vie (nourriture, logement)

6. Au camp de Moore River, où les trois fillettes sont conduites pour y être «éduquées», les enfants souffrent surtout

  • du changements des conditions de vie (environnement, climat, nourriture, logement, vêtements,)
  • de la privation de liberté et des consignes strictes qui leur sont imposées

7. Les Britanniques désirent éduquer les métis en les coupant de leur communauté d'origine

  • pour faire disparaître le peuple aborigène, qu'ils considèrent comme une «race inférieure»
  • pour les aider à devenir des adultes «civilisés», capables de s'intégrer dans la société blanche

L'évolution de la population aborigène en Australie

courbes population
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