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Grignews

Le journal

Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
East is East - Fish and Chips
de Damien O'Donnell
Grande-Bretagne, 1999, 1h36

Le dossier consacré à East is East (Fish and Chips) s'adresse notamment aux enseignants du secondaire qui verront ce film avec leurs élèves : il propose plusieurs animations pour amener les jeunes spectateurs (entre treize et dix-huit ans) à une meilleure compréhension de son sens et de ses enjeux notamment sociaux, moraux et culturels.

À la rencontre des jeunes protagonistes

Objectifs

  • Se souvenir du film
  • Livrer ses premières impressions
  • Construire un premier point de vue sur le film

Méthode

  • Individuellement, se souvenir de deux scènes fortes où chacun des enfants de la famille Khan se trouve directement impliqué; d'après les comportements observés dans ces scènes, donner un surnom à chaque personnage
  • En fonction de ses propres motivations, émotions, idéaux et vécu personnel, choisir le personnage dont on se sent le plus proche; autrement dit, quel rôle aimerait-on jouer dans le film ? pourquoi ?
  • Préciser le regard que les jeunes acteurs portent sur le film: en quoi leur histoire personnelle détermine-t-elle ce regard ? quel en est, pour chacun d'eux, le thème principal? comment apprécient-ils leur personnage ? peut-on déceler, dans leur témoignage, une part de jugement ? si oui, quel est-il?
  • Se situer personnellement par rapport à ces différents points de vue: est-on d'accord, pas d'accord ? avec qui ? pourquoi ?

Déroulement et commentaires

Première étape

Le film de Damien O'Donnell met en scène une famille nombreuse. Après une seule vision, il est fort probable que les élèves aient une perception assez floue non pas de l'histoire proprement dite mais de l'univers familial qui lui sert à la fois de cadre et de propos. Aussi suggérons-nous dans un premier temps que les élèves procèdent individuellement à la lecture des petits textes du Sunday Express Magazine reproduits ci-après (page 7). Interviewés par un journaliste, les jeunes acteurs y parlent de leur histoire personnelle, du personnage qu'ils incarnent à l'écran et, pour la plupart, de leur propre point de vue sur le sujet de East is East.

Pour les élèves, ce sera l'occasion de se remettre la fiction en mémoire en resituant précisément chaque personnage dans le panorama familial et dans le récit. Concrètement, on demandera aux élèves de se souvenir de deux scènes fortes où chacun des enfants intervient directement. Après quoi, il conviendra de leur attribuer un surnom en fonction des traits de caractère que l'on a décelés chez eux.

Deuxième étape

Chacun peut maintenant livrer ses impressions: à qui aimerait-on ressembler ? de quel personnage se sent-on le plus proche ? pourquoi ? sur base de quels idéaux, de quelles motivations, de quelle(s) expérience(s) ? On l'aura remarqué lors de la première étape de l'animation, tous les enfants de la famille Khan ont des personnalités très différentes et très marquées, qui correspondent à de grands archétypes: il y a l'homosexuel, le religieux, l'indécis, le timoré, l'effrontée, le révolté et l'artiste, chacun obéissant à des schémas dramatiques relativement précis et en partie conventionnels. Cet éventail de portraits très typés devrait ainsi permettre aux élèves de se découvrir certaines affinités avec l'un ou l'autre de ces personnages et, par le biais de cette «porte d'entrée», d'exprimer plus aisément émotions, avis et impressions sur le film.

Troisième étape

On prendra par ailleurs en compte le regard porté par les jeunes acteurs sur le film, et, à partir de là, on se forgera à chaud un premier point de vue personnel sur le thème global de East is East. Comme eux, on se prononcera spontanément par exemple sur une question comme: East is East est-il un film sur l'affrontement des cultures ou plutôt sur l'affrontement des générations ? Dans la perspective de cette première animation, on laissera aux élèves une entière liberté d'expression, sans leur demander de se justifier de manière approfondie ou de construire une argumentation solide.

Rencontrez les jeunes acteurs du film

Nazir (Ian Aspinall)

«Je ne me définis pas d'un point de vue racial», dit Ian Aspinall «né et élevé dans le Nord», qui joue le personnage de Nazir et qui a également tenu le premier rôle dans les séries de la BBC, City Central.

Dans son enfance, Ian a été adopté par des parents anglais et blancs de Bolton. Bien qu'il n'eût pas de rapport direct avec la communauté asiatique, il reconnaît qu'il s'est heurté «au racisme grandissant, recevant des coups et tout ça.» Même maintenant, il voit la culture asiatique d'un point de vue très personnel. «La culture asiatique, soit elle est intéressante, soit elle ne l'est pas,» dit-il. «J'ai grandi ici. J'en connais autant à propos de tout que vous-mêmes. Je peux jouer Fred Bloggs, pas seulement Monsieur Patel.»

Abdul (Raji James)

«Mon agent hait le fait que j'aime ça», dit Raji James du stand où il vend des sandwiches au cur de Londres, «mais je lève un peu le pied dans mon travail d'acteur pour le conserver.»

Raji joue le rôle d'Abdul, le fils qui essaie toujours de faire les choses au mieux [...].

Raji a été élevé à Slough. Sa mère est anglaise, son père indien, mais ils ont divorcé alors que Raji venait d'avoir cinq ans. «Même s'ils n'avaient pas divorcé, je ne pense pas que j'aurais été différent» dit-il. «J'ai toujours été élevé en Angleterre, au sein de communautés blanches. Cela n'a jamais été un problème pour moi. Je pense que le film traite plus des générations que de race.»

Tariq (Jimi Mistry)

Jouant le rôle du Docteur Fonseca dans EastEnders[1], Jimi Mistry, 26 ans, a acquis une image de star lorsque le feuilleton s'est orienté vers une histoire parlant de la sexualité.

Jimi est issu d'un mariage mixte Irlandais / Gujarati mais «a été élevé au Royaume-Uni comme n'importe qui d'autre. Je peux parler de ce que c'est d'être élevé avec deux cultures différentes, mais les conclusions dans le film sont radicalement autres. Il n'y avait rien de tel dans ma famille.»

Jimi joue le rôle de Tariq, «un rebelle à la recherche de son identité», un personnage auquel il pense pouvoir s'identifier, en tant qu'ex-«adolescent difficile». Jimi dit que, pour lui, le choc des générations est, dans East is East, plus important que le choc des cultures.

Maneer (Emil Marwa)

De tout le casting de East is East, celui qui a le parcours le plus exotique est Emil Marwa, 25 ans, qui joue Maneer, le seul enfant un tant soit peu intéressé par les idéaux et les traditions de son père.

La mère d'Emil est norvégienne. Elle a rencontré son père, un Kényan, alors qu'elle travaillait en Afrique de l'ouest. Ils sont venus en Grande-Bretagne pour donner une éducation à Emil. «Je m'exprime couramment en norvégien,» explique Emil, un acteur de l'école Grange Hill/ EastEnders, qui tourne régulièrement dans Dangerfield. «Je parle et j'écris le Punjabi, mais j'ai toujours ressenti les choses en anglais. sauf quand j'allais au temple Sikh, alors je me sentais Sikh.»

Saleem (Chris Bisson)

Âgé maintenant de 24 ans, Chris Bisson est mieux connu comme le Vikram Desai de Coronation Street. Il a joué, posé et été mis en scène dès l'âge de 12 ans. Il joue Saleem, le fils-sur-la-ligne-de-feu, et voit un monde de différence entre Saleem et son personnage de Corrie. «Vik ne combat rien du tout,» dit-il avec un fort accent de Manchester sa mère est de Wythenshawe, son père de Trinidad. «Il est tout juste un jeune homme empêtré dans ses problèmes. Saleem, lui, a un plan de maître: aller à l'université et ne jamais revenir. Simple. Tout ce qu'il a à faire, c'est retarder le mariage suffisamment longtemps pour effectuer la rupture.»

De lui-même, Chris en revient encore à la fameuse série qui l'a porté: «20 millions de personnes vous regardent chaque semaine,» dit-il. «Ils s'approprient les personnages. Et il y a des gens qui pensent s'approprier Chris.»

Meenah (Archie Panjabi)

Archie Panjabi, qui joue Meenah, la fille rebelle folle de football, diffère du reste du casting de East is East en ce qu'elle n'est pas issue d'un mariage mixte. «Je suis tout à fait Indienne» dit-elle, adoptant un accent comique. Elle en est venue au métier d'actrice en écrivant à Nick Berry, alors sur le plateau de EastEnders. Il lui a répondu de se trouver un agent, et à partir de là, on l'a vue dans The Thin Blue Line, Dad, The Knock et London's Burning. «Meenah, c'est moi quand j'étais plus jeune,» dit Archie, qui travaille également avec son mari sur Internet. «Ma mère nous a présentés» dit-elle. «Au début, j'ai pensé: "Oh, oublie ça. Mais nous sommes sortis ensemble avec mon futur mari pendant plusieurs années. Si ma mère m'avait dit: "Épouse-le tout de suite", il n'y aurait pas eu d'issue. Mais quelquefois vos parents savent exactement ce que vous aimez. Il y a un tel malentendu à propos de tout ce qui concerne la question du mariage arrangé, ça me rend vraiment dingue.»

Sajid (Jordan Routledge)

A 13 ans, Jordan Routledge est «un enfant très très spécial», selon Leslee Udwin, le producteur du film, qui l'a trouvé via un appel lancé à la télévision. «Je viens de Wakefield,» dit Jordan. «J'ai été élevé par ma mère. Mon père était musulman. Je le vois quelquefois, mais je n'ai rien de spécial à dire à ce propos.»

Questionné au sujet de son expérience antérieure d'acteur, Jordan répond: «J'ai joué un roi dans une pièce de théâtre à l'école à l'occasion de la fête de Noël», et de son personnage Sajid, il dit: «Je flânerais bien avec lui, mais pas tout le temps parce qu'il est un peu étrange.» Après sa prestation dans le film, son unique souci est que ses camarades de classe puissent penser qu'il a attrapé la grosse tête.

in Sunday Express Magazine, 24 octobre 1999.

[1] Contrairement au cinéma, resté attaché jusqu'il y a une bonne dizaine d'années à des thèmes historiques détachés de tout réalisme social, et circonscrit géographiquement à Londres et ses environs, la télévision britannique, elle, n'a jamais marginalisé ni l'univers des plus démunis, ni les régions. Ainsi, des séries très appréciées comme EastEnders ou Coronation Street, ont pour cadre des quartiers populaires. Ces feuilletons, au contenu souvent mélodramatique, sont appelés «soap operas». Selon Linda Grant (The Guardian, 21 décembre 1996), «Les feuilletons sont devenus les héritiers les plus vivants de la télévision à portée sociale des années 60. Si Cathy Come Home [une fiction sur les sans-logis tournée par Ken Loach pour la BBC en 1966] était présenté aujourd'hui pour la première fois à la télévision, ce serait comme scénario de EastEnders ou de Brookside