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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
Amistad
de Steven Spielberg
USA, 1997, 2h35

Ce dossier consacré à Amistad est d'abord destiné aux enseignants du secondaire qui verront ce film avec leurs élèves (entre quatorze et dix-huit ans environ). Il propose plusieurs animations autour du film, de ses principaux thèmes et de son actualité. L'extrait proposé ici revient sur le contexte historique évoqué par le film.

Dix questions à propos de
Amistad de Steven Spielberg

  1. Les mutins de l'Amistad ont abordé finalement :
    1. dans le nord des États-Unis;
    2. dans le sud des États-Unis;
    3. dans une région des États-Unis sous domination britannique.
      réponse suggérée
  2. Aux États-Unis au moment de l'affaire de l'Amistad,
    1. la traite et l'esclavage étaient autorisés;
    2. la traite était interdite, et l'esclavage aboli dans un certain nombre d'États seulement;
    3. la traite était interdite mais l'esclavage autorisé dans tous les États.
      réponse suggérée
  3. Pourquoi la reine Isabelle II d'Espagne intervient-elle dans le procès de l'Amistad?
    1. Elle est la propriétaire des esclaves.
    2. Cuba étant un pays indépendant, l'Amistad est bien un bateau cubain et non pas espagnol, mais Don Pedro Montez et Don José Ruiz, propriétaires des esclaves étaient espagnols (le capitaine cubain du navire ayant lui été assassiné par les mutins).
    3. L'Amistad est un bateau espagnol, Cuba étant alors une colonie espagnole.
      réponse suggérée
  4. Cinque et ses compagnons ont été transportés d'Afrique vers l'Amérique sur :
    1. l'Amistad;
    2. le Tecora;
    3. un autre bateau.
      réponse suggérée
  5. Pourquoi les marins du bateau esclavagiste ont-ils précipité des Noirs à la mer?
    1. Par cruauté, par sadisme, pour terroriser les Noirs et empêcher toute révolte.
    2. Ils étaient poursuivis par un navire britannique.
    3. Ils avaient prévu trop peu de nourriture pour la longueur du voyage.
      réponse suggérée
  6. Quelle est la base de la défense des Noirs révoltés de l'Amistad lors des deux premiers procès?
    1. La traite des Noirs étant interdite, on ne pouvait enlever de force Cinque et ses compagnons.
    2. L'esclavage est contraire aux droits de l'Homme, et donc Cinque et ses compagnons sont des hommes libres.
    3. L'esclavage ayant été aboli dans le nord des États-Unis, Cinque et ses compagnons doivent retrouver la liberté.
      réponse suggérée
  7. Pourquoi John Quincy Adams n'accepte-t-il pas immédiatement de défendre les Noirs de l'Amistad?
    1. Il considère que l'affaire n'est pas assez importante pour qu'il s'en occupe.
    2. Il pense qu'une argumentation purement commerciale est à ce moment plus judicieuse.
    3. Il est trop vieux pour s'occuper de cette affaire.
      réponse suggérée
  8. Pourquoi le président Van Buren nomme-t-il un nouveau juge et fait-il recommencer le procès?
    1. Il est partisan de l'esclavage et ne supporte pas que des esclaves révoltés puissent être libérés.
    2. Il craint la réaction négative des États du Sud.
    3. Il redoute la réaction négative de l'Espagne qui était alors la troisième puissance mondiale (après l'Angleterre et la France).
      réponse suggérée
  9. Que prouve le cahier saisi sur l'Amistad?
    1. Les esclaves de l'Amistad n'ont jamais séjourné à Cuba.
    2. L'Amistad a saisi des esclaves sur la côte africaine.
    3. Les esclaves de l'Amistad ne sont pas nés à Cuba mais en Afrique.
    4. L'Amistad est en fait le Tecora maquillé.
      réponse suggérée
  10. Quelle est l'argumentation du sénateur sudiste John Calhoun lors de la réception donnée par le président?
    1. Les Noirs sont des êtres inférieurs qu'il est légitime de maintenir en esclavage.
    2. Moins riches que les États du Sud, les États du Nord veulent, par jalousie, l'abolition de l'esclavage.
    3. Plus riches que les États du Sud, ceux du Nord considèrent les gens du Sud comme immoraux et inférieurs et sont prêts à les ruiner en abolissant l'esclavage.
      réponse suggérée

Quelques éléments de réponse

  1. L'Amistad a abordé dans le nord des États-Unis à l'extrémité est de Long Island, une île voisine (par l'ouest) de Manhattan. Mais Gedney, le capitaine du bateau américain qui arraisonna l'Amistad, préféra le remorquer vers New Haven dans le Connecticut, légèrement au nord, parce que l'esclavage n'était pas encore aboli dans cet État (même si les esclaves y étaient peu nombreux), ce qui était le cas en revanche à New York. Il espérait ainsi que les Noirs seraient plus facilement reconnus comme esclaves et qu'il pourrait en retirer une prime pour son «sauvetage».

     
    Le voyage du Tecora et de l'Amistad
    [carte]

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  2. À cette époque, la traite était interdite aux États-Unis, mais l'esclavage encore pratiqué dans de nombreux États du sud du pays. Cela signifiait que les nouveaux esclaves étaient supposés être des enfants d'esclaves. Dans les faits, la demande était telle que la reproduction naturelle des esclaves était insuffisante et que la traite continuait illégalement. L'interdiction de la traite a eu cependant pour effet que les propriétaires d'esclaves dans le Sud des États-Unis ont généralement mieux pris soin d'eux pour éviter qu'une mortalité trop élevée ne les prive définitivement de cette main-d'oeuvre servile.

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  3. Cuba était à cette époque une colonie espagnole, et l'Amistad et ses passagers étaient considérés comme espagnols.

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  4. Le Tecora était en fait un navire battant pavillon portugais, car l'Espagne avait signé en 1817 un traité avec la Grande-Bretagne interdisant l'importation d'esclaves en provenance d'Afrique. Mais l'Espagne n'avait pas réellement l'intention de respecter ce traité (qui lui avait été imposé par la Grande-Bretagne) et ne faisait rien pour empêcher la traite. Les négriers utilisaient alors des pavillons de complaisance comme celui du Portugal. L'Amistad était, quant à lui, un bateau beaucoup plus petit qui n'était pas fait pour traverser l'Atlantique: il devait seulement servir à transporter les esclaves de La Havane (à Cuba) à un autre point de l'île (voir la carte ci-dessus).

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  5. Comme l'explique l'officier britannique chargé de réprimer la traite, ce n'est pas par cruauté (même s'il fallait une bonne dose de cruauté pour agir de cette façon) que les négriers du Tecora ont jeté une partie des esclaves à la mer mais parce qu'ils avaient mal calculé la quantité de nourriture nécessaire à leur cargaison humaine (ou bien la durée de la traversée qui durait à cette époque environ deux mois mais que le manque de vent pouvait considérablement allonger). Mais il est également arrivé que des négriers jettent leurs captifs à la mer lorsqu'ils étaient poursuivis par la marine britannique chargée de réprimer la traite des esclaves.
    Il faut savoir que la Grande-Bretagne fut à la pointe du combat antiesclavagiste, même si, comme, beaucoup d'autres pays européens, il y avait des esclaves dans ses colonies: c'est en 1807 que la Grande-Bretagne abolit la traite, mais ce n'est qu'en 1833 que le Parlement vota une loi d'émancipation qui devait permettre de libérer les esclaves (dans les colonies britanniques) dans un délai de cinq ans. Par ailleurs, la Grande-Bretagne incita d'autres pays comme l'Espagne à signer des traités interdisant la traite.

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  6. Pour plaider en justice, il faut nécessairement faire appel à des principes, à des lois qui sont déjà établies: les défenseurs de Cinque et de ses compagnons ne pouvaient donc pas faire appel aux principes des droits de l'Homme dont aucune convention n'avait été signée par les États-Unis à cette époque (la Déclaration universelle des droits de l'Homme date de 1948). Par ailleurs, si les esclaves fuyant le sud des États-Unis trouvaient la liberté en arrivant dans le Nord (on a signalé cependant au point 1 que le Connecticut était encore à l'époque un État esclavagiste), l'accusation portait sur des actes de «mutinerie», de «piraterie» et d'assassinat qui étaient punissables quel que soit le statut des accusés au moment des faits (un esclave pouvait fuir mais non assassiner ses maîtres).
    La défense des révoltés de l'Amistad a donc porté sur l'infraction commise à l'égard de Cinque et de ses compagnons, à savoir la traite, la mise en esclavage forcée qui alors était seule interdite (même si ce n'est pas évoqué dans le film, on signalera que l'accusation a essayé de démontrer que Cinque et ses compagnons avaient été mis en esclavage en Afrique même par des Africains, et qu'ils étaient donc esclaves lorsqu'ils ont été embarqués sur le Tecora puis l'Amistad, ce qui aurait permis de lever l'objection de la traite forcée).
    Enfin, si devant la Cour Suprême, John Quincy Adams évoque les grands principes de la Déclaration d'Indépendance (qui affirmait notamment que«tous les hommes sont créés égaux» et qu'ils sont «dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur»), cette Déclaration n'a pas empêché que l'esclavage ne subsiste aux États-Unis jusqu'à la guerre de Sécession. Il faudra d'ailleurs ajouter un amendement à la Constitution pour que l'esclavage puisse être aboli d'un point de vue juridique.

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  7. Dans le film, John Quincy Adams répond à ses solliciteurs (dans le jardinet aux abords du Capitole) qu'ils doivent «viser plus bas». Ces paroles sont sans doute à double sens: soit ils doivent s'adresser à un défenseur moins prestigieux que lui (ce qu'ils feront à la scène suivante), soit ils doivent recourir à une argumentation basée non pas sur des grands principes généraux (hostiles à l'esclavage) mais sur des lois plus précises mais clairement établies. Ce que fera l'avocat commercial Roger Baldwin lorsqu'il cherchera à prouver que Cinque et ses compagnons ne sont pas des esclaves au sens juridique du terme puisqu'ils ont été victimes de la traite illégale, ce qui revient tout de même à accepter au moins temporairement que l'esclavage soit une chose légale. On peut donc supposer que, dans le film, John Quincy Adams pense qu'à ce stade de la procédure, une argumentation «commerciale», purement juridique, sans recours aux grands principes est la plus judicieuse.
    En réalité, il semblerait qu'il fut néanmoins associé très tôt à la défense des mutins de l'Amistad, même s'il fut tenu en réserve jusqu'à l'appel devant la Cour Suprême.

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  8. Rien n'est dit dans le film des opinions esclavagistes ou antiesclavagistes du président Van Buren: en revanche, on évoque à plusieurs reprises les pressions exercées par les politiciens du Sud qui redoutaient qu'une décision favorable aux mutins de l'Amistad constitue une nouvelle étape vers l'abolition de l'esclavage. Van Buren, en pleine campagne pour sa réélection, craignait donc de mécontenter les électeurs sudistes alors que, dans l'ensemble de l'opinion publique américaine (Nord et Sud confondus), les antiesclavagistes restaient minoritaires. Le président se moque en revanche des demandes de la reine d'Espagne qu'il traite notamment de «gamine prépubescente».
    Dans les faits cependant, il semble que les pressions exercées par ce pays (qui était alors une puissance mondiale) aient joué un rôle non négligeable (bien qu'en fin de compte inefficace) dans cette affaire.

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  9. Dans le film, ce cahier est un morceau du carnet de bord du Tecora sur lequel on a inscrit le nom africain des captifs auquel on a grossièrement ajouté ensuite (à Cuba) un nom espagnol. Ce carnet a ensuite été utilisé pour l'embarquement de l'Amistad. Comme document, il montre indirectement que les esclaves de l'Amistad ont été embarqués de force sur les côtes africaines puis transférés sur l'Amistad à Cuba.

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  10. À aucun moment, John Calhoun ne parle des droits des Noirs ni de leur situation, comme si c'était une chose qui ne se discute même pas. Il compare seulement la situation des Blancs du Sud à celle de ceux du Nord: riche, prospère (c'est le début de la révolution industrielle), le Nord n'a pas besoin d'esclaves; en revanche, le Sud agricole a besoin d'une main-d'uvre servile essentiellement pour ses plantations et craint donc de s'appauvrir si l'on abolit l'esclavage.

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