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affiche du film Daniel Darc, pieces of my life

Prochaines séances

  • 2019-12-16 16:00
  • 2019-12-20 22:05

Daniel Darc, pieces of my life

  • Choisissez une séance
    • Lun. 16 Décembre | 16:00
    • Ven. 20 Décembre | 22:05
  • Réalisé par
    Marc Dufaud et Thierry Villeneuve
  • Distributeur
    Celluloid dreams
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2019
  • Durée
    1:45
  • Version
    Version française
  • Date de sortie
    2019-12-05

À travers des images inédites et intimes filmées pendant vingt-cinq ans, ce documentaire poétique consacré à Daniel Darc raconte une page de l'histoire du rock français et aussi l’histoire émouvante d’une amitié entre le co-réalisateur Marc Dufaud et le chanteur

L’arrivée de ce film ravive les souvenirs de celles et ceux qui ont vu leur éducation musicale enrichie par la découverte d’un artiste hors normes, figure importante du rock français. Chanteur de Taxi-girl (groupe synthpop-new wave des années 1980 à qui l’on doit l’imparable et immortel Cherchez le garçon), à l’aura sombre et romantique, Daniel Darc allait rapidement susciter toutes sortes de légendes urbaines. Les années 1990 passent et sa trace se perd… Il faudra attendre 2004 et le miraculeux retour avec l’album Crèvecœur pour qu’il retrouve le succès, jamais démenti, jusqu’à sa disparition prématurée, le 28 février 2013.

Daniel Darc a traversé les époques en homme fragile, solitaire, romantique, guidé par la flamme de la poésie et de ce rock qui se fout des modes même quand il les crée. On se demandait souvent comment il faisait pour ne pas tomber, définitivement. Il se relevait toujours, soutenu par les amis (Étienne Daho, Bill Pritchard, Frédéric Lo…), le regard plein de belles promesses, le timbre de la voix à peine altéré par les excès, presque pur, provoquant de puissantes émotions chez l’auditeur, au-delà des mots et de la mélodie qu’il convoquait. Le film nous met en confiance, nous invite à passer le pas de la porte sans gêne ni timidité, parce qu’on sent que la relation amicale entre Marc Dufaud et Daniel Darc est authentique, dénuée de tout voyeurisme et qu’ils nous ont laissés une place à leur côté. On plonge dans le quotidien, sans masque, d’un être pour qui la création est tout, qui lui a dédié sa vie, un être qui sera très proche de nous durant plus d’une heure trente où l’on prend le temps d’écouter sa musique, de ressentir ses états d’âme contrastés. Prenant essentiellement la forme d’un huis clos et d’une balade urbaine nocturne, le film est délicat, jamais complaisant car, au-delà de la souffrance, il est traversé d’amour, et parfois même aussi de légèreté et d’humour.

Marc Dufaud a connu Daniel Darc petit à petit, l’a filmé à partir de 1990, sans savoir ensuite que faire des images. Il ressentait le besoin vital d’enregistrer des instants clés, comme l’on prendrait la photo d’un visage, par réflexe, par sécurité, parce que notre mémoire mentale ne serait pas suffisante. Pour être sûr de ne jamais l’oublier. Inventif, le montage entremêle les images personnelles des extraits de concerts et des passages télé avec un beau sens du romanesque. En déviant de la trajectoire de la bio plan-plan et commerciale qui fait la pluie et le beau temps des bonus DVD (mais pas que), le film de Dufaud et Villeneuve condense adroitement la carrière de Daniel Darc et s’avère une très bonne entrée pour toute personne ne connaissant pas son œuvre. Mais c’est d’abord un bon film de cinéma qui, au-delà de l’histoire d’une amitié entre un artiste et un fan devenu confident et cinéaste par urgence, pose un regard mélancolique sur la jeunesse et une certaine idée du rock et du Paris des années 1990.

NICOLAS BRUYELLE, LES GRIGNOUX

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