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affiche du film By the name of Tania

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By the name of Tania

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  • Réalisé par
    Mary Jimenez & Bénédicte Lienard
  • Interprété par
    Tanit Lidia Coquiche Cenepo
  • Distributeur
    Mooov
  • Langue
    espagnol
  • Pays d'origine
    Belgique, Pays-Bas
  • Année
    2019
  • Durée
    1:25
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-10-17
  • Récompenses

    FIFF 2019 : Prix spécial du Jury & Bayard de la meilleure Photographie (Virginie Surdej)

Basé sur des témoignages réels, ce film sensible raconte le destin poignant de Tania, une adolescente contrainte à se prostituer dans la région des mines d’or du Pérou

Film hybride, quelque part entre le documentaire et la fiction, By the name of Tania mélange les sensations et brouille volontairement nos repères narratifs traditionnels. La caméra glisse lentement et latéralement sur des paysages nocturnes, filmés de telle façon qu’ils nous renvoient toute leur majesté. Des sons d’ambiance surgissent, brisent le silence qui s’installait. Des plans se fixent sur des regards pleins de profondeur, reflets d’âmes blessées. La caméra bouge lentement le long des corps, construit une relation fusionnelle entre elle, les personnages et les visages. On entend régulièrement une voix off, celle de Tania, qui raconte son quotidien, difficile, atroce même, de jeune femme exploitée, symptôme d’un monde qui, plus que jamais, vend son âme au commerce, où l’être humain n’est plus qu’une marchandise. On est littéralement dans les pensées de Tania qui se remémore son enlèvement et se souvient de la perte progressive de son identité, après qu’elle s'était laissée piéger par de fausses promesses. En partageant son histoire avec un policier, elle égrène ses souvenirs et la caméra nous emmène de la jungle à la région minière, jusqu’aux bars au cœur de son exploitation sexuelle. Le contraste entre les paroles, déstabilisantes, fortes, et les images apaisées de décors naturels majestueux est saisissant, sans être binaire.

Cinéastes belges rigoureuses et aventureuses, cinéphiles engagées, attentives aux remous politiques et sociaux du monde depuis toujours, Bénédicte Liénard (Une part du ciel) et Mary Jimenez (Du verbe aimer) signent leur troisième réalisation en commun après Sobre las brasas (2013) et Le chant des hommes (2016). Ici, à nouveau, elles accordent une croyance totale aux pouvoirs du cinéma pour raconter le monde et ses défaillances, dénoncer les injustices et les conditions de vie inacceptables. Dans ce film, tout se passe entre les lignes, dans un entre-deux souvent énigmatique, propice à développer notre imaginaire. Le spectateur ne perd pourtant pas prise, ne se sent pas exclu par la grâce d’un montage bien pensé, qui ne laisse pas de place à la contemplation gratuite, et par une démarche générale pleine d’humanité où les cinéastes rendent toute sa dignité à Tania, à toutes les femmes exploitées dans le monde.

NICOLAS BRUYELLE, LES GRIGNOUX

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