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affiche du film Dernier amour

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Dernier amour

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  • Réalisé par
    Benoît Jacquot
  • Interprété par
    Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino
  • Distributeur
    Scope Pictures
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2018
  • Durée
    1 h 38
  • Version
    Version originale en français
  • Date de sortie
    2019-03-20

Benoît Jacquot (Trois cœurs, Journal d’une femme de chambre) dépeint avec mélancolie un Casanova crépusculaire et fragilisé, qui se perd pour une étreinte qu’on lui refuse. Avec un Vincent Lindon dans un contre-emploi en étonnant

Nous sommes à Londres, au XVIIIe siècle. Casanova a dû s’y exiler, sa mauvaise réputation l’ayant chassé d’Italie. Il ne connaît aucun mot d’anglais, mais les salons sont truffés d’exilés comme lui et de polyglottes érudits. On y rencontre facilement des pairs avec lesquels converser. La mode est aux escarpins, aux seins corsetés et aux gorges aguichantes. On fait la cour en perruque, on mélange intimement grivoiserie et galanterie. C’est un monde feutré mais parfois très cru, ou femmes et hommes se croisent sans cesse dans des jeux de dupes et de séduction. À peine arrivé dans cette Angleterre inconnue mais aux coutumes familières, Casanova croise la route d’une jeune femme aux mœurs bien légères, « la Charpillon », une dame infréquentable qui a laissé toute bienséance de côté et se laisse aller à la gaudriole marchande, dans les calèches, les parcs ou autres lieux de plaisirs tarifés. Casanova est fasciné. La liberté et la sensualité de cette femme planent autour de lui et l’enivrent. Il s’en entiche au point d’en oublier tous ses serments libertins ; c’est d’ailleurs à peine s’il flatte désormais les cuisses qui s’offrent à lui. Son corps et son esprit sont ailleurs, dans la quête insensée de la Charpillon, qui lui réclame pour sa part une cour révérencieuse et lente, et des gestes chastes d’amoureux, à mille lieues des ébats rapides qu’elle offre à tous les autres. Selon le canevas bien rôdé d’une certaine conception du désir, plus elle se refuse, plus il en est fou. Où est donc passé le Casanova dragueur, joueur, impénitent et sans états d’âme ?

C’est un esprit tourmenté que Jacquot a choisi de filmer, celui d’un homme qui se pensait libre et au-dessus des tourments amoureux, fier de son détachement, fier de la certitude de son sexe souverain. Ici, s’il parvient encore à donner le change, à plaisanter avec une ancienne maîtresse italienne, il nous apparaît de plus en plus sombre, hanté, chancelant presque. Au-delà de l’irrésistible attrait des chairs, c’est la fin d’un mythe que Jacquot a voulu filmer et il se dégage du film une mélancolie décadente au charme certain.

LES GRIGNOUX

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