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affiche du film Sous les étoiles de Paris

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Sous les étoiles de Paris

  • Réalisé par
    Claus Drexel
  • Interprété par
    Catherine Frot, Mahamadou Yaffa
  • Distributeur
    Athena Films
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2019
  • Durée
    1:30
  • Version
    Version française
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2020-04-08

Dans le Paris des laissés-pour-compte, un gamin sans-papiers croise la trajectoire d’une femme seule, depuis longtemps à la rue. Un conte moderne, à la fois triste, dur et beau, comme tous les contes, porté par la puissance de Catherine Frot

Christine a ses routines ; elle sait où aller boire une tasse de café, manger un morceau gratuitement. Elle reste dans son coin, n’adresse la parole à personne, et garde en permanence son large manteau. Le soir, sous un pont, elle accède à une porte de service donnant sur une petite pièce dans laquelle elle peut dormir, avant que les ouvriers municipaux ne viennent y travailler. Figure invisibilisée, Christine fait partie de ces milliers de sans-abris qui habitent nos villes. S’il y a des causes à son parcours, le film ne nous en fournira que quelques indices, des bribes d’une autre vie brisée il y a bien longtemps.

Un soir, un petit garçon, bien trop jeune pour être seul dans les rues comme il l’est, fait irruption dans sa vie, tentant de venir dormir dans son abri. Christine l’en chasse sans ménagement, puis, prise de remords, bougonnant, lui donne la permission d’y passer une seule nuit. Le matin, elle tente à nouveau de le chasser, sans succès. Où donc irait l’enfant, sans connaître personne, dans cette ville inconnue ? Sans parler la langue, et ayant perdu sa mère ? Et Christine, malgré ses airs forcément rustres, ne peut se résoudre à l’abandonner complètement. Au lieu de cela, elle se met, avec beaucoup de maladresses, en quête de la mère du petit Suli.

C’est un film simple et beau, poignant et pudique. Pour établir le contexte, le réalisateur Claus Drexel se fie à une rigueur documentaire et n’édulcore pas les réalités de la rue. Il s’attache à filmer à la hauteur de ses personnages, sans les prendre de haut ni de pitié. Il ne s’agit pas pour lui de rendre Christine particulièrement attachante ni de nous fournir une narration clé en main. Pareil pour Suli. Il ne parle pas français, la communication est difficile, mais que devrions-nous connaître de plus ? Ne suffit-il pas de voir ce petit garçon perdu, cette femme à la rue, pour ressentir pour eux un élan d’humanité ? Par-delà son aspect documentaire, Sous les étoiles de Paris propose un conte en forme de quête qui assume quelques coups de pouce chanceux, quelques rencontres bienveillantes presque tombées du ciel. Ces petites doses de réenchantement du monde sont bienvenues, distillées dans une recherche aux nombreux obstacles.

À travers la quête de la mère de l’enfant, c’est à une quête de soi que nous convie le film ; Christine découvrant qu’elle est encore capable d’attachement. Pour le spectateur, il s’agit de reconnaître en l’autre un possible soi-même, et d’intégrer de ce fait l’intolérable de leurs réalités – qui dépassent de loin la fiction.

Les Grignoux

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