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affiche du film Les filles du docteur March

SCOLAIRE

Ce film est disponible également en matinées scolaires à Liège

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Les filles du docteur March

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  • Titre original
    Little Women
  • Réalisé par
    Greta Gerwig
  • Interprété par
    Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh, Eliza Scanlen, Timothée Chalamet, Laura Dern,Meryl Streep, Louis Garrel
  • Distributeur
    Sony Pictures
  • Langue
    anglais
  • Pays d'origine
    États-Unis
  • Année
    2019
  • Durée
    2 h 15
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2020-02-19

Après Lady Bird, Greta Gerwig revisite ce monument de la littérature américaine. Tout en restant fidèle au récit original, elle y insuffle un vent de fraîcheur, une aspiration rock’n’roll qui donnent aux héroïnes de Louisa May Alcott une épaisseur tout à fait contemporaine

On lit peu les Quatre filles du docteur March en Europe, et il convient de rappeler que le roman que Louisa May Alcott publia en 1868 n’est pas une simple bluette. Largement autobiographique, il évoque les espoirs et ambitions de quatre sœurs, chacune amoureuse d’un art, aspirant à la liberté dans leur adolescence, puis se heurtant plus tard à une société dominée par l’argent et la condescendance masculine. À travers Jo March (magnifique Saoirse Ronan), la romancière raconta sa propre libération par l’écriture, et son livre eut une importance capitale dans la vocation de beaucoup d’écrivaines, dont Simone de Beauvoir. L’adapter aujourd’hui, c’est donc retourner aux origines d’une question encore pertinente : comment être une femme artiste sans dépendre des décisions des hommes et sans que votre féminité ne vous soit sans cesse renvoyée à la figure ?

La plus grande idée du film est d’avoir déstructuré le récit originel, divisé en deux parties : l’une consacrée à l’adolescence quasi idéale des quatre sœurs, et l’autre, se déroulant dix ans plus tard, narrant leurs difficultés à s’accomplir dans la société. Gerwig choisit d’entremêler les deux périodes par de constants allers-retours. Loin d’être une simple coquetterie, cette construction apporte une dimension tantôt mélancolique, où l’enfance est un paradis perdu, tantôt exaltante, où le passé demeure une promesse heureuse éclairant le présent. Gerwig ajoute une autre couche, soutenue par des scènes où Jo March discute avec son éditeur : puisque cette dernière est l’alter ego de Louisa May Alcott, son histoire peut aussi être vue comme une mise en abyme de l’écriture même du roman.

Moderne ? Cette adaptation l’est sans aucun doute. Non pas dans la mise en scène – la manière dont Greta Gerwig filme les paysages (sublimes), les robes qui tournent (virevoltantes), les intérieurs (chatoyants) ou les visages (frémissants) –, qui reste très classique, mais bien dans la construction du récit et dans la profondeur psychologique qu’elle offre à chaque personnage. C’est en cela sans doute que l’on reconnaîtra la brillante réussite de cette nouvelle version : Greta Gerwig aurait pu choisir le confort intellectuel de se concentrer sur la seule figure de Jo March, la rebelle de la fratrie, et faire des trois autres les pâles figurantes d’un vieux monde patriarcal. Elle fait au contraire le choix de filmer toute la richesses des sentiments et des situations pour montrer qu’il n’y a pas qu’une seule et unique voix/voie possible et que l’exercice au féminin de son propre libre arbitre est le plus beau des combats.

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