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affiche du film Le lac aux oies sauvages

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Le lac aux oies sauvages

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  • Titre original
    Nan fang che zhan de ju hui
  • Réalisé par
    Diao Yinan
  • Interprété par
    Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    mandarin
  • Pays d'origine
    Chine
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 50
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2020-01-01

Le réalisateur de Black coal (Ours d'or à Berlin en 2014) revient avec un polar sombre, nerveux et très stylisé. Il y est question de trahison, de prostituées appelées pudiquement "baigneuses", d'une forte récompense et de moments de course-poursuite plutôt bien maîtrisés

Ça commence dans une gare routière. Un homme au visage meurtri semble attendre un rendez-vous. Une jeune femme s’approche, lui demande du feu et l’informe qu’elle a été envoyée à la place de sa compagne, qui ne viendra pas. La discussion qui suit nous emmène, en un flash-back, dans une réunion – un peu surréaliste – de gangs de voleurs de motos. Une sorte de colloque, dans le sous-sol d’un hôtel miteux, où la petite pègre locale apprend comment voler un maximum de bécanes, scier un cadenas, se répartir les différents quartiers, etc. Mais le forum tourne court quand un coup de feu retentit et qu’un des participants se retrouve avec un genou en morceau. Une grande scène de baston généralisée – et très stylisée – éclate, suivie d’une proposition d’armistice prenant la forme d’un challenge lancé par un des chefs : le gang qui ramènera en une nuit un maximum de motos volées se verra accorder le meilleur quartier pour « faire des affaires ». Cette nuit sera celle du dérapage pour Zhou Zhenong, le leader d’une des deux bandes, dont la tête sera mise à prix par la police...

Ne vous fiez pas au titre romantique : Le lac aux oies sauvages est une véritable plongée en apnée dans une Chine contemporaine, vérolée par la pègre et la violence. Le paquet de fric qui pèsedésormais sur la tête de Zhou Zhenong l’a transformé en homme à abattre. Le film passe alors en mode chasse à l’homme, chacun – allié ou ennemi – voyant dans cette récompense l’argent qui lui permettra de s’en sortir. Diao Yinan a construit la deuxième partie de son film comme une immense chorégraphie, jouant avec les effets de caméra et surtout avec l’ombre et la lumière, la presque totalité du film se déroulant la nuit. Il distille ça et là des scènes tout à fait inattendues, passant du cocasse – une scène de flashmob sur la chanson Rasputin de Boney M, où les danseurs sont chaus- sés de baskets aux semelles fluo, se transforme en scène de cavale, créant le plus joli des effets visuels dans la nuit – au romantique, notamment à travers le personnage de Liu Ai’ai, jeune prostituée au grand chapeau blanc, dite « baigneuse », qui racole le client sur les rives du lac dont le film tire le nom. Certains critiques ont comparé le film à ceux de Wong Kar-wai, sans doute pour son côté léché et coloré, mais nous sommes bien ici dans un vrai film de gangsters : noir, poisseux et violent. Les amateurs du genre devraient en savourer chaque minute.

LAURENCE HOTTART, LES GRIGNOUX

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