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affiche du film El reino

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El reino

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  • Réalisé par
    Rodrigo Sorogoyen
  • Interprété par
    Antonio de la Torre, Mónica López, Nacho Fresneda, Ana Wagener
  • Distributeur
    Cherry Pickers
  • Langue
    espagnol
  • Pays d'origine
    Espagne, France
  • Année
    2017
  • Durée
    2 h 02
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-04-17

Politicien aguerri, promis à un bel avenir, Manuel López-Vidal voit son petit monde s’effondrer lorsqu’un scandale de corruption le prend à la gorge. Un thriller politique tiré au cordeau, haletant, au final éblouissant, qui a raflé à peu près tous les Goya de l’année

Manuel a de quoi pavoiser : il mène une vie d’opulence tranquille, qui semble aller de soi, voue son temps et sa carrière au Parti et celui-ci le lui rend bien. Il a la confiance d’un haut placé, qui compte sur lui aux prochaines élections, et il a bien mené les affaires parallèles.

C’est un parti « ordinaire », qui a pignon sur rue, influent, au pouvoir. Dans les coulisses, de nombreuses affaires sont en cours qui ont toutes un point commun : il s’agit de corruption. Ni plus, ni moins. Et personne n’est dupe. Le système est organisé, et les hauts responsables en profitent plus que les autres. Il faut la jouer fine, bien sûr, mais on ne peut pas mettre cette corruption sur le compte d’individus « dévoyés ». López-Vidal est un rouage dans cette mécanique, un rouage bien graissé, certes, mais un rouage.

Un enregistrement dans lequel il admet une participation dans un détournement de fonds européens le met du jour au lendemain sur la touche. Le parti propose quelques solutions de secours, un poste à l’étranger pour faire profil bas, mais la triste vérité se dégage : il va devoir casquer, et tomber seul.

Manuel ne peut l’accepter, il ne comprend pas qu’il puisse être la victime vouée à la vindicte populaire, lui qui, plus que les autres, a su tirer son épingle du jeu. Désarçonné, il tente alors le tout pour le tout, de manière tout à fait désordonnée, comme une poule sans tête, et va échafauder des stratégies de plus en plus dangereuses pour ne pas déchoir seul…

Ancré en Espagne, le film pourrait être parfaitement transposé un peu partout, et nous n’allons pas vous égrener la triste litanie des « affaires » locales pour enfoncer le clou du parallélisme.

Nous sommes, dès le départ – grâce à la « magie du cinéma » – en empathie avec ce type que tout le monde veut voir tomber et nous le regardons se débattre piètrement, tenter de faire tomber le système pour des motifs personnels. Sa course folle sans cesse contrariée, ses stratégies politiques pour se tirer d’affaire ou mettre les autres devant leurs propres agissements nous empêchent de le condamner. À mesure que les choses tournent mal, que le danger se fait plus pressant, que le politique tourne au mafieux, nous voudrions presque le voir s’en sortir !

Sans rien dévoiler de plus, il faut ajouter que ce film nous offre un final des plus magistraux, un anti-climax (alors que le suspense frise parfois l’insupportable) d’une grandiose intelligence, un superbe parachèvement d’un propos politique dans son sens enfin noble.

CATHERINE LEMAIRE, LES GRIGNOUX

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