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affiche du film Leto

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Leto

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  • Réalisé par
    Kirill Serebrennikov
  • Interprété par
    Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Teo Yoo
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    russe, anglais
  • Pays d'origine
    Russie, France
  • Année
    2018
  • Durée
    2 h 06
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-03-06

Entre évocation de la scène rock du Leningrad des années 1980 et histoires d’amours transversales, Leto est un hymne à la liberté, à la contre-culture, à la fougue d’une jeunesse qui a puisé dans la musique l’ardeur et l’audace que l’air du temps lui refusait

Ça commence à l’arrière d’un bâtiment filmé en noir et blanc. Un peloton de jeunes filles nerveuses surgit dans le champ et se faufile à l’intérieur de l’immeuble par une minuscule fenêtre. Elles atterrissent dans des toilettes pour hommes où deux gars vont faire en sorte de dissimuler leur présence aux yeux des vigiles, avant de les aider à quitter discrètement les lieux. Tout ce petit cirque a en fait pour but de leur permettre d’assister au concert de Zoopark et d’applaudir son leader à Ray-Ban, Mike Naumenko, figure emblématique de la scène rock soviétique.

Nous sommes dans la Russie des années 1980, dirigée par la main de fer de Brejnev, où tout objet ou idée venu d’Occident est considéré comme suspect voire dégénéré. Durant le concert, les gardiens veillent à réprimer tout « débordement » : point de pogos ni de foule en délire ici, mais un public forcé d’assister à ce concert – de rock ! – sagement assis sur son siège. En une scène, Kirill Serebrennikov parvient à prendre le pouls d’une époque, d’une génération suffocante, coincée dans un fauteuil de théâtre alors qu’elle voudrait tout bonnement se déchaîner et faire exploser les diktats. Et nous partons – durant deux heures sublimes de cinéma poétique – à la rencontre d’une petite troupe de rockeurs indépendants qui s’échangent en contrebande les disques de leurs idoles anglo-saxonnes (les Velvet, Blondie, Bowie, Talking Heads, etc.) comme de l’alcool en temps de prohibition. Nous suivons en particulier Mike, le chanteur charismatique, et Natasha, sa compagne, au moment où ils font la connaissance de Viktor, un jeune chanteur folk à la beauté eurasienne, qui débarque un jour d’été avec sa guitare sur une plage et hypnotise l’assemblée en interprétant ses balades désenchantées.

Viktor admire Mike et désire intégrer le milieu où celui-ci évolue, Mike admire Viktor et veut le prendre sous son aile, Natasha aime Mike mais est séduite par Viktor… Leto est aussi l’histoire de ce triangle amoureux, où passion musicale et sentiments amoureux s’entrelacent dans un ballet mélancolique. Et si l’histoire prend acte des velléités rebelles et libertaires de ses protagonistes, la forme s’affranchit elle aussi des codes pour s’épanouir dans une liberté totale : passant du noir et blanc à la couleur, grattant la pellicule pour y faire apparaître des tags animés, déjouant tout à coup la fiction pour faire chanter les personnages… Et atteint parfois une grâce telle qu’il est difficile de retenir ses larmes – si l’on y est sensible, bien sûr. Savoir que le réalisateur, metteur en scène contesté par le régime – et actuellement en procès pour de soi-disant détournements de fonds –, est depuis des mois assigné à résidence et a d’ailleurs dû terminer son film à l’intérieur de son appartement, ne fait qu’ajouter un peu de force à ces propos toujours aussi actuels dans la Russie répressive de Poutine.

ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX

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