Medias
Journal des Grignoux Chargez notre appli mobile Nos newsletters (archives, inscriptions) Nos galeries photos
Medias
Journal des Grignoux en PDF + archives Chargez notre appli mobile S’inscrire à nos newsletters Nos galeries photos
Lancer la bande-annonce
Bande-annonce
affiche du film Eighth Grade

Prochaines séances

Il n'y a plus de séances pour ce film actuellement dans nos salles

Eighth Grade

  • Choisissez une séance
  • Réalisé par
    Bo Burnham
  • Interprété par
    Elsie Fisher, Daniel Zolghadri, Deborah Kara Unger
  • Distributeur
    Cinemien
  • Langue
    anglais
  • Pays d'origine
    États-Unis
  • Année
    2018
  • Durée
    1 h 34
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-02-20

Pas facile d’avoir 13 ans, de tenter de camoufler son acné et, en même temps travailler son image sur les réseaux sociaux… Voici la chronique de Keyla, une nouvelle pépite du cinéma indépendant américain découverte au festival de Sundance

Keyla fait partie de cette génération d’enfants nés au début des années 2000, biberonnée aux écrans en tous genres, et qui, aujourd’hui, en plus d’affronter les tourments de l’âge ingrat, doit assumer une vie sociale qui s’étend dans le cyber espace, où la popularité se détermine durement au nombre de « likes ». Dès le réveil, elle cavale dans la salle de bain pour suivre les conseils beauté d’une bloggeuse, se maquille, puis retourne subrepticement dans son lit prendre le premier d’une longue série de selfies ; devant la caméra de son ordinateur, elle alimente sa chaîne Youtube en dissertant sur les embarras de l’adolescence, offrant aux ados complexés des petites leçons de vie sur la confiance en soi ou l’importance de conserver son authenticité. Mais à vrai dire, et même si elle déploie ses conseils sur la toile, Keyla est loin d’être bien dans sa peau : un peu boulotte, discrète, timide, elle a du mal à se fondre dans le moule des collégiens branchés. Heureusement, l’entrée au lycée qui approche va peut-être lui ouvrir les portes de la décontraction… Ou pas.

Pour son premier film, l’humoriste américain Bo Burnham s’est penché sur un sujet cher aux jeunes réalisateurs, l’adolescence, avec dans son sillage l’apprentissage des émotions et d’une sociabilité souvent contrariée par les cruautés d’un âge qui ne fait de cadeaux à personne. Mais il a eu la bonne idée d’insérer cette histoire dans notre XXIe siècle ultra-connecté. Keyla ne quitte jamais son smartphone qui est un peu le prolongement naturel de sa main. Elle se connecte sans arrêt, que ce soit pour jouer, consulter son fil d’actualité, écouter de la musique ou poster des photos, mais se retrouve finalement très seule lorsqu’il s’agit d’interagir avec les autres dans la vraie vie. Si ce n’est avec son père, qui la soutient mais reste quelque peu dépassé par l’horizon en 2D où sa fille tente tant bien que mal d’évoluer.

Subtilement racontée, installée dans le quotidien lumineux d’une banlieue américaine, avec le charme des productions indépendantes qui trouvent leur épaisseur dans l’humour des dialogues, la sensibilité du jeu d’acteur, la beauté modeste du réalisme, l’histoire de Keyla vous touchera directement au cœur, en trouvant en vous les réminiscences d’une période pas simple mais terriblement intense.

ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX

 Tweet