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affiche du film Donbass

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Donbass

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  • Réalisé par
    Sergey Loznitsa
  • Interprété par
    Boris Kamorzin, Valeriu Andriutã, Tamara Yatsenko
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    ukrainien
  • Pays d'origine
    Ukraine
  • Année
    2018
  • Durée
    2 h 01
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Public
    avertissement : scènes pouvant heurter la sensibilité des spectateurs
  • Date de sortie
    2019-01-30

Une traversée bouffonne et désespérée du chaos est-ukrainien. Vainqueur cette année du Prix de la mise en scène de la compétition "Un certain regard" à Cannes, Donbass est un film superbement maîtrisé

Le territoire du Donbass, situé dans l’est de l’Ukraine, donc voisin de la Russie, est depuis 2014 victime d’une guerre civile assez complexe, puisque s’y opposent des Ukrainiens séparatistes d’origine russe et des Ukrainiens d’origine ukrainienne. Sans entrer dans le détail, la situation est très difficile, d’autant plus que bon nombre de Russes considèrent l’Ukraine comme le berceau de leur propre pays. Le Donbass vit donc dans un chaos indescriptible et quasiment incompréhensible – et il faut bien dire que le spectateur français non russophone ne saisit pas toujours qui parle, qui fait quoi. Mais peu importe au fond, la confusion étant de toute façon le maître mot du film.

Le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa (auteur d’Une femme douce, en compétition à Cannes en 2017) ne laisse guère de doute sur la nature de son film : c’est un cri de désespoir. Il s’agit de montrer, tantôt sur le ton de la bouffonnerie, tantôt sur celui du réalisme, les exactions (pillages, désinformation, propagande, crimes, bombardements, corruption, etc.) commises depuis quatre ans par les séparatistes ukrainiens prorusses (évidemment soutenus par les Russes), de montrer la folie cauchemardesque dans laquelle vit actuellement le Donbass. Le film est constitué de treize séquences, dont chacune, inspirée de faits réels, décrit une situation ou un événement souvent insupportable, comme cette scène où nous assistons au lynchage de rue d’un partisan ukrainien accusé par la foule d’être un terroriste, sous les yeux des soldats russophones qui l’ont arrêté.

Certes, le cinéaste ukrainien n’y va pas avec le dos de la cuillère. Ses « Russes » sont tous des êtres horribles, humiliants, pourris, stupides, vulgaires et médiocres qui ont désormais tous les pouvoirs en main, donc par définition celui d’en abuser sans retenue aucune. Donbass est un film militant, politique, vengeur. Mais avec une forme cinématographique très maîtrisée. Et puis, comment pourrait-on reprocher sans indécence au citoyen d’un pays martyrisé de dénoncer sans mesure ni pondération les crimes et les injustices dont est victime son peuple ?

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