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affiche du film Doubles vies

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Doubles vies

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  • Réalisé par
    Olivier Assayas
  • Interprété par
    Juliette Binoche, Guillaume Canet, Nora Hamzawi, Christa Théret, Vincent Macaigne.
  • Distributeur
    Cineart
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    France
  • Année
    2018
  • Durée
    1h48
  • Version
    Version originale en français
  • Date de sortie
    2019-01-23

Une comédie virevoltante portée par des numéros d’acteurs inspirés, plaisante, pleine d’esprit et de répliques cinglantes. Un regard jubilatoire sur notre devenir 2.0.

Alain (Guillaume Canet), responsable d’une maison d’édition réputée, est persuadé que le digital correspond à l’avenir du métier, surtout s’il est placé entre les mains de personnes comme Laure (Christa Théret), sa jeune collaboratrice, qui a plein d’idées pour révolutionner le monde de l’édition. Il a conscience que le lectorat change et qu’il lui faut renouveler les auteurs emblématiques de sa société. Pas de bol pour Léonard (Vincent Macaigne) qui, incapable de signer autre chose que des « auto-fictions » où il revient sur ses aventures sentimentales tumultueuses, s’essouffle à essayer de retrouver le succès de son premier roman. Au terme d’un déjeuner amical, Alain lui fait comprendre qu’il ne publiera pas son nouveau texte, qu’il est temps de changer de registre ou d’éditeur.

Les deux hommes sortent un peu ébranlés de ce face-à-face.

Alain assume son choix car il estime que le texte est un peu trop cru et ne correspond pas aux attentes des consommateurs. En même temps, il se pose des questions sur la fiabilité de son jugement car son épouse Selena (Juliette Binoche) a, de son côté, adoré le texte (il ignore cependant qu’elle entretient une liaison avec Léonard).

Léonard, vaguement rebelle, se drape dans une posture d’artiste maudit et incompris. Il se refuse à changer sa façon d’écrire.

Assayas signe une comédie savoureuse qui se décline sous le feu d’une pensée interrogeant en permanence notre rapport au livre, à l’écrit, à l’inexorable dématérialisation d’objets familiers. Les débats sont vifs, brillants et gravitent sur des questions essentielles telles la diffusion du savoir, la démocratisation de la culture, les nouveaux rapports à la lecture et à l’écriture, la fiabilité des sources d’information, la position de l’artiste dans le champs culturel…

Ce serait une grave erreur de classer d’emblée le film comme une turpitude intellectuelle qui ne concernerait uniquement qu’une élite parisienne. La digitalisation, le tout-numérique nous concernent tous et installent de sérieux clivages entre les adeptes et tous ceux qui s’accrochent à la réconfortante matérialité d’un livre, d’un disque… Les lignes de fuite d’internet peuvent exalter ou terroriser. Tous ces débats sont idéalement incarnés par les différents protagonistes du film. Et Assayas a l’intelligence de ne pas appuyer le trait. On peut affirmer crânement ses positions tout en nourissant des doutes. Quant aux histoires d’amour, elles sont loin d’être dématérialisées. Elles donnent un mélange d’épaisseur humaine et de fragilité à des personnages qui, d’une manière ou d’une autre, devront se débrouiller avec les contingences qui les entourent.

DANY HABRAN, LES GRIGNOUX

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