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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au dessin animé
4, 5, 6... Mélie pain d'épice
comprenant Le printemps de Mélie de Pierre-Luc Granjon, France, 2009, 28 mn
et trois courts métrage d'animation :
La leçon de natation de Dany De Vent, Belgique, 9 mn
Tôt ou tard de Jadwiga Kowalska, Suisse, 5 mn
Le joyeux petit canard de Gili Dolev, Jordanie, 5 mn

Le dossier pédagogique dont on trouvera un extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants du maternel qui verront le dessin animé 4, 5, 6... Mélie pain d'épice avec leurs élèves (entre quatre et six ans ans environ). Dans le cadre de l'éducation permanente, ce dessin animé peut également être utilisé pour faciliter un échange intergénérationnel notamment autour de la manière de gérer ses émotions.

RETOUR SUR LE FILM

VERBALISER

Dans les activités menées à l'école maternelle, le langage oral occupe une place centrale. Alors que les nouveaux arrivés ne peuvent souvent produire que de courtes suites de mots et qu'ils ne disposent encore que d'un vocabulaire très limité, la classe est le lieu où ils deviennent progressivement capables de construire des phrases plus complexes et de les articuler pour raconter une histoire, décrire un objet, expliquer un événement…, autrement dit, de produire pour des tiers des énoncés qui renvoient à une expérience vécue.

Donner la parole aux enfants pour leur permettre d'exprimer les émotions qu'ils ont éprouvées pendant la vision des courts métrages ainsi que leur compréhension spontanée de ces épisodes marquants est donc une étape importante, qui contribue à une appropriation active du langage et au développement de compétences importantes pour tous les apprentissages : participer à un échange collectif (être à l'écoute des autres ; attendre son tour de parole ; rester dans le propos de l'échange) ; comprendre la parole de l'autre (celle de l'enseignant mais aussi celle de ses condisciples) et se faire comprendre ; verbaliser le contenu d'une scène avec ses propres mots, identifier les personnages d'une histoire…

En pratique

Rapidement après la projection, invitons les enfants à commenter le programme qu'ils viennent de voir. On veillera à ce que tous aient l'occasion de s'exprimer, en cherchant à mettre en confiance les plus timides et à aider par des questions ceux qui éprouvent des difficultés à formuler leurs impressions. L'enseignant sera également attentif à ce que les enfants respectent la parole d'autrui et qu'ils ne s'égarent pas dans des propos hors-sujet. Voici quelques questions qu'on pourra proposer à l'ensemble de la classe. Pour commencer, ces questions feront appel à la remémoration d'épisodes marquants retenus par les enfants pour les émotions fortes qu'ils leur auront procurées, ceci indépendamment de la structure du programme en différentes histoires.

La verbalisation des sentiments éprouvés conduira ensuite les tout petits à prendre conscience que ces épisodes n'appartiennent sans doute pas tous au même bloc narratif. On leur demandera par conséquent de remarquer ce fait et de trouver spontanément les mots adéquats pour rattacher chacun d'entre eux à l'un des quatre courts (ou moyen) métrages vus. Ce sera pour l'enseignant l'occasion de vérifier qu'ils ont bien perçu la spécificité et l'autonomie de chacune des histoires. Ainsi passera-t-on progressivement du domaine de l'émotion à une activité plus intellectuelle, qui sollicitera l'élaboration de véritables stratégies de compréhension.

  • De quel(s) moment(s) se souvient-on le mieux ?
  • Quel sentiment a-t-on éprouvé à ce(s) moment(s)-là (tristesse, peur, colère, rire, émerveillement…) ?
  • Quel événement a provoqué ce sentiment-là ?
  • Se souvient-on de l'histoire à laquelle cet épisode appartient ?
  • De quel(s) film(s) se souvient-on le mieux ?
  • Lequel préfère-t-on ?
  • Qu'a-t-on bien aimé dans ce film-là : les personnages, l'histoire, le dessin, la manière dont les choses sont montrées (livre pop up, roue du temps…), le suspens ?

Après avoir ramené au souvenir des enfants les histoires qui n'auraient pas été spontanément évoquées, rappelons le titre de chacune d'entre elles : La Leçon de natation montre un petit garçon qui va à la piscine pour la première fois et qui tombe dans le grand bassin ; dans Tôt ou tard, la ronde des jours et des nuits s'arrête à cause d'un gland tombé dans l'engrenage ; dans Le Joyeux petit canard, un enfant essaye de se débarrasser du canard qui le suit, et enfin Le Printemps de Mélie raconte comment la princesse va trouver une ruse pour déjouer les plans de Boniface, qui veut l'épouser et devenir roi à la place de son père.

COMPRENDRE EN PROFONDEUR

Des quatre courts métrages, La Leçon de natation est sans doute le seul qui ne pose pas de problème de compréhension. En effet, il met en scène un enfant confronté aux mêmes sensations, appréhensions ou expériences de découverte que tous les enfants de maternelle sont amenés à vivre un jour. Par contre, chacun des autres films pose un problème de compréhension spécifique.

Ainsi, s'il est relativement aisé de comprendre que dans Tôt ou tard, la roue qui tourne représente, de façon fictive, la succession des jours et des nuits, ce qui se passe entre l'écureuil et la chauve-souris est moins facile à saisir dans la mesure où les enfants doivent pour cela savoir au départ que l'une vit la nuit et l'autre jour, et que c'est précisément pour cette raison qu'une amitié entre eux est difficile. La compréhension du film dépend donc ici de la connaissance antérieure des enfants.

De même, l'obstination du petit garçon qui veut à tout prix empêcher le canard de le suivre peut sembler étrange aux enfants s'ils n'ont pas compris la fin du film : celui-ci vit dans une auberge dont la spécialité est le canard et il a peur que son nouvel ami ne finisse à la casserole. Cette fin éventuelle, qui n'est suggérée qu'à travers des indices — l'enseigne et le set de table représentant une volaille rôtie, la casserole —, contient en plus un faux indice, puisque les plumes qui sortent par la cheminée peuvent laisser penser que le canard a bel et bien été tué par la maman ; or ce n'est pas le cas, comme on le constate dans les dernières images. Dans ce cas, la compréhension du film, rétroactive, dépend d'une bonne interprétation des indices présents dans la dernière scène.

Enfin, dans Le Printemps de Mélie, les difficultés de compréhension sont encore différentes, provenant essentiellement d'une intrigue plus complexe faisant notamment intervenir un grand nombre de personnages.

Ce sont donc ces difficultés qui seront successivement abordées ici.

Tôt ou tard

L'enseignant commencera par demander aux enfants ce qu'ils ont retenu de l'histoire. Selon leur âge, il pourra les guider par quelques questions simples :

  • Qui sont les personnages ? Combien sont-ils ?
  • Que font-ils pendant la journée ? et pendant la nuit ?
  • Pourquoi la roue des jours et des nuits s'arrête-t-elle soudain ? Que s'est-il passé ?
  • Qu'est-ce que les deux animaux vont faire alors ?
  • Quand la roue, débloquée, recommence à tourner normalement, que fait l'écureuil ? Pourquoi fait-il cela ?
  • Comment se termine l'histoire ?

Si le cheminement progressif de la réflexion à travers les questions ne produit pas de résultats sur le plan de la compréhension, l'enseignant pourra recourir à une autre stratégie, cette fois fondée sur la comparaison de deux images-clefs : la première montre le gland tombant accidentellement à l'intérieur du tronc de l'arbre tandis que la seconde montre une situation visuellement analogue mais fondamentalement différente sur le plan de la signification puisque cette fois la chute du gland dans le creux de l'arbre est le fruit d'un geste intentionnel. La première fois, le gland tombe dans l'arbre et bloque l'engrenage par accident, ce qui amène l'écureuil (animal diurne) à rencontrer la chauve-souris (animal nocturne) ; la deuxième fois au contraire, c'est l'écureuil qui prend l'initiative de bloquer lui-même la roue du temps en lançant le gland dans le tronc.

Grâce à cette observation attentive, même de jeunes enfants sont alors capables de déduire qu'en agissant de cette façon-là, l'écureuil montre son intention de répéter l'accident survenu un peu plus tôt : il a envie de bloquer à nouveau la roue car cela lui donnera à nouveau l'occasion de voir la chauve-souris, sa nouvelle amie.

Le Joyeux Petit Canard

Le problème majeur de compréhension se situe ici à un autre niveau. En effet, aucune connaissance antérieure n'est indispensable pour comprendre cette histoire ; en revanche, pour comprendre l'attitude du petit garçon tout au long du film, il faut avoir bien saisi les enjeux de la dernière scène, qui se passe à l'intérieur de la maison alors que nous, spectateurs, restons à l'extérieur avec de simples indices à interpréter.

Commençons par demander aux enfants ce qui se passe entre l'enfant et le canard tout au long de l'histoire :

  • Quel est l'événement qui déclenche l'affection du canard pour le petit garçon ?
  • Est-ce que le petit garçon accepte que le canard le suive ainsi tout le temps ? Quelles sont les différentes choses qu'il fait pour l'en empêcher ?
  • Est-ce qu'il éprouve de l'affection pour lui ? À quoi le voit-on ?

Poursuivons en leur demandant pour quelle raison le petit garçon agit de cette manière. Afin de nourrir la discussion sur ces motivations cachées, présentons-leur quelques images montrant des détails de la dernière scène du court métrage : l'enseigne du restaurant où il habite et la décoration du set de table, qui permettent de déduire qu'on y prépare du canard et que son nouvel ami y court par conséquent un grand danger ; la casserole, où la maman place le canard qui s'est hasardé dans la propriété ; la cheminée, qui laisse échapper des plumes comme s'il avait été effectivement tué ; et enfin, la toute dernière image, qui montre l'enfant libérer des pages du livre refermé le canard à moitié déplumé mais bien vivant !

Une fois ces indices mis en lien grâce aux images, les enfants seront en mesure de raconter explicitement ce qui se passe à la fin du court métrage. Cette description amènera ensuite les jeunes élèves à mieux saisir le dilemme auquel l'enfant se trouve confronté tout au long du film, partagé entre l'affection qu'il porte au canard et sa crainte de le voir réduit en pâtée par sa mère : pour que son nouvel ami reste en vie, il doit s'en séparer


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