On trouvera ci-dessous une série d'articles qui ont été publiés dans le journal L'Inédit et qui retracent l'évolution du projet et des travaux de construction du nouveau complexe cinématographique de quatre salles de l'asbl Les Grignoux, au centre de Liège, place Xavier Neujean.
Ce projet a été soutenu notamment par la Ville de Liège, la Communauté Française de Belgique, la Région Wallonne (FEDER- Objectif 2 : Meuse-Vesdre) et la Communauté Européenne.
Le nouveau complexe du cinéma Sauvenière, dont les portes se sont ouvertes en mai 2008, s'ajoute ainsi aux salles des cinémas Le Parc et Churchill à Liège, également exploités par l'asbl Les Grignoux.

— décembre 1999 —

 

L'asbl Les Grignoux réagit au projet d'implantation d'un nouveau multiplexe à Liège sur le site du Longdoz. Une pétition est lancée en faveur de la limitation du nombre de salles des multiplexes.
Attention ! Cette action est aujourd'hui terminée : le texte de la pétition est donné ici à titre informatif, et la pétition ne doit être ni complétée ni renvoyée. Près de 48 000 personnes ont signé à l'époque cette pétition !

 

Cinémas à Liège : il est moins une !

– Pour le maintien et le développement d'une vie culturelle et d'une alternative cinématographique (Parc-Churchill) dans l'hyper-centre de Liège.

– Pour une limitation des multiplexes à 14 salles maximum. En sa séance du 16 septembre 1999, le Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège a accordé le permis de bâtir sous condition aux promoteurs du projet de la Cité de l'audiovisuel dans le quartier du Longdoz.

Si l'opérateur cinéma, le groupe français U.G.C., obtient l'autorisation d'exploiter 20 salles, toutes les salles de l'hyper-centre (Palace, Opéra) ainsi que le Parc et le Churchill disparaîtront dans les plus brefs délais. Fort d'un complexe de 20 salles, U.G.C. va absorber systématiquement les films porteurs qui assurent la rentabilité du Parc et du Churchill. Par contre, avec 14 salles (comme au Kinépolis Rocourt et dans la grande majorité des multiplexes français), le groupe U.G.C. exploitera les films commerciaux qui lui sont naturellement destinés, et il ne se lancera pas dans une concurrence nuisible et déstabilisatrice.

La seule manière d'obtenir un équilibre et une vraie complémentarité entre une activité culturelle au centre ville et les multiplexes (Rocourt et le futur Longdoz), c'est d'obtenir la limitation du nombre de salles à 14, grand maximum.

Pétition

Nous exigeons du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège qu'il limite à 14 le nombre de salles des multiplexes (notamment UGC-Longdoz) afin de permettre le maintien d'un cinéma indépendant dans l'hyper-centre.

Nom Adresse Signature

 


© Pierre Kroll

La limitation du nombre de salles : la logique d'une arithmétique élémentaire

 

On ne tournera pas autour du pot. Si le groupe U.G.C. obtient un permis pour l'exploitation de 20 salles, le Parc et le Churchill fermeront leurs portes.

Ce nouveau mégacomplexe installé au Longdoz aura vite fait d'absorber la crème du box-office (une bonne dizaine de grosses productions américaines avec quelques comédies françaises populaires) dans ses 14 premières salles. Mais les six autres salles restantes devront elles aussi être rentabilisées et tourner à plein régime. C'est à ce moment qu'U.G.C. va s'orienter vers la programmation de nos films porteurs (1).

Il nous a été demandé d'envisager une convention avec U.G.C., qui pourrait nous garantir l'accès aux copies et même l'exclusivité de certains films.

Dans le contexte de la réalité économique du cinéma, une telle négociation est difficilement envisageable. On ne peut pas imaginer un accord juridique qui viendrait orienter la répartition des copies des films pour la simple et bonne raison que c'est le distributeur (2) du film, un troisième partenaire, qui en dernière instance choisira le lieu de sortie de son film et décidera de multiplier ou non ses copies pour servir les différentes salles réparties sur le territoire liégeois. Aussi, la seule manière d'obtenir un équilibre et une vraie complémentarité entre notre exploitation au centre ville et les multiplexes périphériques, c'est de limiter le nombre de salles de ces multiplexes.

Avec un réseau de 14 salles (comme au Kinépolis Rocourt), U.G.C. pourra exploiter idéalement les films commerciaux qui lui sont naturellement destinés, mais n'aura pas la possibilité de se lancer dans une concurrence inutile, nuisible et déstabilisatrice.

Ce n'est pas par mauvais esprit qu'on lance le chiffre 14 quand on évoque la limitation des salles.

14 salles, c'est le nombre de salles qui font les beaux jours du Kinépolis Rocourt (il figure parmi les 5 complexes les plus fréquentés d'Europe !). C'est également le nombre de salles du nouvel U.G.C. Toison d'Or à Bruxelles.

Et si on considère le développement des multiplexes en France, on verra que les normes habituellement pratiquées se situent dans une moyenne de 10 à 14 salles.

Ainsi, le futur complexe du Longdoz n'a pas besoin de 20 salles pour être rentable. Avec 14 écrans, il peut envisager son avenir avec une belle sérénité.

L'art de faire avaler des couleuvres

 

Afin d'obtenir le feu vert pour la Cité de l'audiovisuel, le groupe U.G.C. s'est lancé dans une série d'engagements fumeux qui ne correspondent pas à sa politique de développement. D'abord, le groupe français prétend que, dans le cas où le nombre de salles de cinéma de l'hyper-centre se verrait réduit à moins de six, en raison de la fermeture des Palace et Opéra, il développerait un ensemble comportant au moins 10 salles dans l'hyper-centre.

Une telle proposition ne sera jamais honorée.

Dès que le paquebot du Longdoz aura atteint sa vitesse de croisière, personne ne pourra astreindre le groupe U.G.C. à construire des salles dans le centre ville et les obliger à se lancer dans une politique d'expansion déficitaire et contraire à ses intérêts financiers.

En outre, en imaginant la douce hypothèse de notre disparition, U.G.C. se propose de diffuser des films classés art et essai (50 et pas un de plus !) et de racheter nos salles.

Cette mascarade, si elle n'avait pas un arrière-goût de cynisme rance, nous ferait hurler de rire. Le groupe U.G.C., comme le Kinépolis et tous les multiplexes de la planète développent avant tout une logique de rentabilité et de profit maximalisés.

Aussi l'expérimentation, l'éducation du public ne font pas partie de leurs préoccupations. Aujourd'hui, s'il leur arrive de taquiner le film d'auteur, c'est juste pour soigner leur image de marque, concurrencer et fragiliser les salles indépendantes, accroître leurs parts de marché et renforcer leur monopole.

Dans un multiplexe, le film d'auteur a la même importance que la demi-feuille de salade proposée dans un Mc Donald. Il est là pour donner l'illusion d'un choix, de la prétendue liberté du consommateur.

Dans la logique uniquement mercantile des multiplexes, il n'y a pas place pour les films les plus fragiles, les moins connus, les moins promotionnés, parfois les plus difficiles mais qui souvent constituent le véritable futur du cinéma.

Derrière la force tranquille d'une alternative cinématographique que nous avons développée depuis vingt ans, nous interpellons avec fermeté les décideurs politiques liégeois et plus particulièrement le Collège des Bourgmestre et Echevins.

Aujourd'hui, nous leur demandons d'opérer un choix : ou bien ils passent sous les fourches caudines des exigences d'U.G.C. et du promoteur Wilhelm and Co, et ils signent l'arrêt de mort du Parc et du Churchill ; ou bien ils jugulent le cannibalisme des multiplexes et ils favorisent le maintien et le développement d'une alternative culturelle dans l'hyper-centre.

Qui fait le poids dans la balance ?

 

L'arrivée d'un investisseur étranger est souvent présentée comme un Eldorado, la promesse d'un monde meilleur et sans nuages. Comment résister à ce milliard huit qui va aménager une friche industrielle et valoriser un quartier ?

Nous acceptons aujourd'hui la décision de la Ville de Liège de favoriser cette rénovation et d'y installer la Cité de l'audiovisuel. Nous voulons seulement une limitation du nombre des salles du futur multiplexe géré par U.G.C.

Face à la menace de notre prochaine disparition, nous nous sentons obligés de remettre les points sur les i et de rappeler brièvement ce que représente notre travail culturel : l'inventaire de nos activités est en effet loin d'être négligeable face aux prétentions d'une multinationale du cinéma.

Sur une année, le Parc-Churchill, c'est plus de 7 000 projections sans publicité ni pop-corn, un choix de plus de 300 films, une programmation qui évite systématiquement la mauvaise graisse des succès planétaires annoncés ; pour échapper à cette chape de plomb d'une consommation uniforme et obligée, le Parc-Churchill édite 57 000 exemplaires de 9 journaux de 16 à 20 pages qui éclairent le public sur le choix de films proposés. Et, pour donner notamment une chance aux œuvres marginales, mal identifiées par le public, les films s'inscrivent dans une grille horaire fixe où, en étant exploités sur la longueur, ils ont une chance d'être découverts grâce à un bouche-à-oreille favorable.

L'année cinématographique du Parc-Churchill, c'est aussi plus d'une centaine d'activités exceptionnelles : soirées thématiques, rencontres avec des réalisateurs, films suivis de concerts, projections suivies d'un débat, expositions, collaborations avec des partenaires socioculturels et autres forces vives de la région.

Pour nous, les salles de cinéma ne doivent pas être des lieux de consommation vides de sens. Aussi, le Parc et le Churchill ont aménagé leurs salles comme des lieux de rencontre, des espaces culturels où il fait bon vivre et s'envoler vers la découverte de nouvelles formes artistiques. Ainsi la galerie du Café du Parc, l'asbl Périscope, la Marque Jaune et la galerie de Wégimont proposent dans leurs domaines respectifs (arts plastiques, photos, sculpture, bande dessinée... ) chacune une dizaine d'expositions par an.

Le Parc-Churchill vit également au rythme de l'année scolaire. Une trentaine de films sont diffusés pour les écoles, quinze nouveaux dossiers pédagogiques sont réalisés chaque année, une centaine d'animations ont lieu dans les écoles, en particulier dans celles qui accueillent les populations les plus défavorisées.

Aujourd'hui, ce travail pédagogique s'est développé, sous le titre d'«Ecran large sur tableau noir» dans l'ensemble de la Communauté française (à Bruxelles, Namur, Charleroi, Mons, Tournai, Huy, Amay et la Louvière) et attire chaque année plus de 100 000 élèves dont 30 000 à Liège.

Enfin, vous pourrez découvrir en page 4 que le développement de nos activités cinéma à Droixhe s'accompagne d'une réelle implication dans la vie du quartier.

Le Parc-Churchill en chiffres

 

On terminera cet inventaire avec le nombre de spectateurs qui fréquentent le Parc-Churchill : on compte entre 250 et 270 000 entrées par an dans nos salles.

Pour apprécier cette donnée chiffrée, il faut savoir que le Parc-Churchill enregistre un nombre d'entrées bien supérieur à toutes les salles indépendantes de Bruxelles; si on se situe dans le contexte français, le Parc-Churchill se classe dans le trio de tête des salles d'art et d'essai les plus performantes de l'Hexagone (y compris Paris !).

Sur le plan européen également, l'ensemble de nos activités culturelles et la fréquentation nous classent parmi les salles de référence du plan Media (Europa-Cinemas).

Si nous nous permettons d'insister et de roucouler autour de ces performances chiffrées, ce n'est pas pour s'embourber dans une autosatisfaction béate. Nous souhaitons seulement briser des préjugés et corriger cette image tronquée qui voudrait nous confiner dans une marginalité insignifiante.

Enfin, le Parc-Churchill, c'est aussi des emplois : 47 travailleurs (30,5 équivalents temps-plein) qui accueillent le public – au Parc, au Churchill, au café du Parc et au centre culturel des Grignoux – mais aussi gèrent et coordonnent l'association et ses activités, réalisent les dossiers pédagogiques et les animations scolaires, assurent la maintenance et les projections, etc.

Pour ne pas conclure

 

Depuis notre première projection au Parc au printemps 82 – Neige de Juliet Berto – nous avons toujours voulu faire partager notre passion pour le film d'auteur à un maximum de Liégeois. Pour nous, la défense des œuvres de Kusturica, d'Almodovar, des frères Dardenne, de Moretti, de Kiarostami, de Kitano, ... ne se conçoit pas sans une réflexion permanente sur les outils, la pédagogie, les stratégies pour la diffusion des films auprès d'un public élargi.

Pour nous, le cinéma d'art et d'essai ne devrait jamais circuler en circuit fermé ni être réservé à une élite, une intelligentsia crispée sur ses privilèges et préoccupée par ses seules démangeaisons cinéphiliques.

Aujourd'hui, pour un très grand nombre de Liégeois, le Parc-Churchill est devenu une des manières de vivre et de se divertir à Liège, un lieu de réflexion, d'émotion, de rencontres, de rêves et d'évasion accessibles à tous.

Nous espérons que tous ces éléments interpelleront le pouvoir politique liégeois et qu'il ne prendra pas à la légère cette décision d'octroyer le permis d'exploitation au groupe UGC. Et nous le martelons une dernière fois, si celui-ci ne limite pas le futur complexe à 14 salles maximum, c'est l'ensemble de nos activités qui sera menacé.

Au contraire, une telle limitation nous permettra non seulement de maintenir nos activités mais aussi d'envisager sérieusement la construction de quatre nouvelles salles qui viendraient renforcer le dynamisme culturel et l'attractivité cinématographique de l'hyper-centre.

L'équipe des Grignoux


(1) Pendant une année, nous avons besoin d'une vingtaine de films suffisamment identifiés et appréciés par un public élargi qui vont assurer l'essentiel de nos entrées et garantir l'équilibre financier de notre activité. Il faut savoir que la survie de notre projet culturel dépend à 90 % des entrées payées par les spectateurs.
(2) Le distributeur est une firme qui diffuse un film sur le territoire belge. Après avoir payé les droits du film, il va assurer son édition : multiplication des copies en 35 mm, bandes de lancement, affiches, promotion,... Ainsi, un distributeur investit souvent des sommes importantes pour assurer la diffusion d'un film.

Extrait du journal L'Inédit, n° 99 (décembre 1999), p. 2

— mars 2000 —

 

Pétition : 47 853 signatures !

Une victoire ? Un triomphe ? On laissera ces mots qui collent davantage aux exploits sportifs et aux stratégies guerrières. Ces 47 853 signatures, c'est une sacrée bouffée de bonheur et d'encouragement, une solidarité exemplaire et magnifique, un soutien massif et généreux aux salles du Parc et du Churchill. Il s'agit aussi d'un signal fort qui montre l'attachement des Liégeois pour un centre ville animé. Nous continuerons à nous battre pour préserver ce contrat de confiance qui existe entre nos cinémas et des spectateurs éclairés, dynamiques et particulièrement enthousiastes.

La pétition et les revendications qu'elle a mises en avant se sont toujours exprimées à visage découvert. Dans notre lutte pour la limitation des complexes à 14 salles (Longdoz et Rocourt), nous avons toujours agi avec un maximum de transparence, avec le souci permanent d'informer le public. Tous les protagonistes qui interviennent dans cette problématique du cinéma à Liège n'agissent pas de la même manière et préférent affûter leurs tractations dans l'ombre, à l'abri des regards indiscrets et d'une opinion citoyenne qui pourrait les juger.

Pour l'instant, on a peu de nouvelles sur le développement global de la Cité de l'Audiovisuel au Longdoz. A part le projet cinéma d'U.G.C., y a-t-il d'autres opérateurs ou investisseurs crédibles (hôtel, studio, dancing) ? Qu'ils se montrent !

La direction d'U.G.C. a toujours refusé un débat public sur sa politique de développement et la nécessité de vouloir construire un complexe de 20 salles.

Aujourd'hui, c'est au Collège d'adopter une attitude de politique ferme, claire et précise. C'est l'attente des 47 853 signataires.

Dans ce domaine, Madame Corinne de Permentier, la Ministre de l'Audiovisuel a écrit, spontanément, une lettre sans équivoque au Collège de la Ville de Liège. Tout en rappelant son soutien au projet du Longdoz, elle demande que la Ville de Liège limite le futur complexe à 14 salles afin de préserver nos activités dans l'hyper-centre.

Vous trouverez donc, ci-dessous, la lettre bienvenue et appréciée de la Ministre. Nous vous invitons vivement à parcourir les pages 5 et 6. Vous y trouverez une série de réflexions et témoignages sur les salles d'art et essai, leur combat face aux multiplexes, et vous verrez que la lutte menée à Liège est loin d'être un cas isolé.

Nous allons ranger provisoirement l'éléphant, mais nous conservons notre masque de souris sur la tête. [...]

47 853 bisous.

L'équipe du Parc & du Churchill

 

Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les Echevins,

Je me permets de vous écrire à propos de la situation à laquelle se trouvent confrontés les cinémas « Le Parc-Churchill » en regard de la construction de la Cité de l'Audiovisuel sur le plateau du Longdoz.

J'ai, dès le début, soutenu et encouragé la réalisation du projet dont il est question. Cependant, mon attention a toujours été retenue par la nécessité de maintenir la viabilité des cinémas du centre-ville.

Je constate aujourd'hui que les exploitants du Parc-Churchill sont particulièrement inquiets de la possibilité qu'aurait le groupe UGC de construire un complexe de 20 salles.

J'ai fait examiner par mes services le projet de convention UGC-Grignoux. Il m'a été confirmé que celle-ci ne constitue pas une garantie suffisante pour que le futur complexe n'absorbe pas la quasi-totalité des films les plus rentables et qui sont exploités actuellement au Parc-Churchill. Ce contrat ignore en effet la question de la politique commerciale des distributeurs de films qui est cependant cruciale dans cette affaire.

Aussi, je me joins à l'ensemble des demandes qui vous ont été adressées afin de limiter à 14 salles le nouveau complexe UGC.

Le sort des Grignoux est pour moi une chose importante en regard de ce que la Communauté française a subsidié les salles qui y sont exploitées et ce depuis de nombreuses années déjà.

Vous remerciant de l'attention que vous porterez à la présente, je vous prie d'agréer, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Corinne de Permentier,
Ministre de l'Audiovisuel
de la Communauté française de Belgique

 

Extrait du journal L'Inédit, n° 101 (mars 2000), p. 2

— octobre 2000 —

 

Le point sur les cinémas à Liège

Malgré de la pétition (57 000 signatures) et la manifestation (plus de 4 000 participants) qui réclamaient la limitation des complexes cinématographiques du Longdoz et de Kinépolis à 14 salles, la Ville de Liège a donné le feu vert pour l'ouverture de 16 salles au complexe Longdoz (ouverture prévue en 2003). Nous l'avons toujours dit, la conséquence inéluctable de cette décision sera la fermeture des salles commerciales de Kinépolis au centre ville (Opéra et Palace), et ce dès l'arrivée d'UGC (si pas avant !).

Une autre conséquence sera la fragilisation de nos salles du Parc et du Churchill. Comment en effet lutter contre ces deux multinationales à la politique de programmation agressive ?

Nous sommes persuadés que pour continuer nos activités dans l'hypercentre, il faut nous agrandir et proposer ainsi aux distributeurs de films un plus grand nombre d'écrans afin d'obtenir les copies des films que nous désirons. Nous avons donc proposé à la Ville de Liège la construction d'un ensemble de 4 salles (800 places) sur le terrain situé à côté de la piscine de la Sauvenière, côté place Xavier Neujean (actuellement exploité comme parking). La concrétisation de ce projet implique l'acquisition du terrain par la Ville de Liège, la construction du bâtiment financée, en grande partie, par les Grignoux et «les Pouvoirs Publics». La Ville de Liège serait en bout de course propriétaire du bâtiment. *

Nous tenons à insister sur le fait que notre asbl, par ses investissements importants, défend ici un objectif culturel (sans but lucratif) et la volonté, toujours exprimée, de voir Liège posséder un hypercentre dynamique.

Le Collège de la Ville de Liège a compris notre projet et nos objectifs et a exprimé à plusieurs reprises sa volonté d'aider le projet en envisageant notamment l'acquisition du terrain. Bien entendu, cette position n'est pas indépendante de la formidable mobilisation que les Liégeois ont montrée face à l'arrivée d'U.G.C.

Notre projet est loin d'être utopique et il nécessite une intervention des Pouvoirs Publics qui s'inscrira dans une réflexion globale sur la politique culturelle de la Ville de Liège. Il nous faut bien constater qu'aujourd'hui cette réflexion est inexistante tant dans la pratique que dans les débats préélectoraux.

Nous détenons d'ores et déjà des premiers plans d'implantation sur le site. Ils ont été réalisés par le groupe d'architectes Triangle, qui garantit la fiabilité technique du projet. C'est aussi avec plaisir que nous apprenons que le département des Ingénieurs Architectes de l'Université de Liège et l'école d'architecture Lambert-Lombard ont décidé, en commun, de demander à leurs étudiants d'étudier et de réaliser des projets sur ce nouvel espace cinéma.

Si vous avez aperçu des travaux de démolition sur le site du Longdoz, sachez toutefois que les promoteurs doivent réintroduire de nouveaux plans et demander un permis de bâtir qui n'a pas été accordé, contrairement à ce qui a souvent été affirmé.

Pour conclure, nous attendons des partis politiques qui seront demain au collège qu'ils inscrivent dans le programme communal qui soudera la majorité, la volonté de faire aboutir le projet que nous présentons et qui est le seul à assurer dans l'hypercenre la présence de salles de cinéma et d'une animation culturelle permanente.

* A l'instar du Churchill où les Grignoux ont investi 20 millions dans un bâtiment public qui appartient à la Communauté française. Une formule et un choix de politique culturelle plus que rarissime !

Extrait du journal L'Inédit, n° 106 (octobre 2000), p. 2

— janvier 2003 —

 

Éditorial

Souvenez-vous, le 14 février 2000, accompagnés d'un éléphant, nous nous dirigions vers l'Hôtel de Ville afin de déposer au Collège des Bourgmestre et Echevins une pétition de près de 50 000 signatures ; celle-ci demandait une limitation des multiplexes (Kinepolis et futur UGC sur le site du Longdoz) à 14 salles, et interpellait le pouvoir communal sur l'avenir de l'alternative cinématographique que nous avons développée dans l'hyper-centre et à Droixhe avec le Parc et le Churchill.

Ce cortège improvisé avait rassemblé près de 5 000 personnes et avait connu un incroyable retentissement dans la presse nationale et auprès des autorités de la Cité ardente. Cette mobilisation décontractée, bon enfant, mais déterminée dans ses objectifs a tout de suite été identifiée comme une démarche résolument politique et citoyenne exprimée par des Liégeois attachés à un cinéma libre et indépendant, et à un centre urbain dynamisé par une action culturelle permanente.


© Pierre Kroll

À l'époque, le Conseil communal avait donné son aval pour que l'opérateur français UGC puisse construire 16 salles de cinéma sur le site industriel du Longdoz (1) – dans la foulée, le Kinepolis Rocourt sortait de ses cartons deux salles supplémentaires pour obtenir une même structure d'exploitation que son futur concurrent. Parallèlement, le Collège s'était engagé à soutenir le Parc-Churchill dans la mise en chantier de quatre salles supplémentaires dans le centre ville. Dans la recherche des différents moyens pour concrétiser cette nouvelle infrastructure, nous avons déposé notre projet de construction de quatre salles place Xavier Neujean. En juin 2002, tous les accords et moyens des pouvoirs publics étaient quasi acquis : Région wallonne, Communauté française, Europe et Ville de Liège. Dans cette synergie entre les différentes instances subsidiantes, cette dernière s'engageait à acheter le terrain de la place Xavier Neujean.

Aujourd'hui, après avoir négocié avec le groupe Fortis, la Ville (2) a acquis le terrain en question, et le donnera ensuite en emphytéose à la Communauté française qui construira avec les Grignoux (3). Bref, aujourd'hui nous pouvons l'annoncer haut et fort : le dossier de la nouvelle infrastructure cinématographique de la place Xavier Neujean est bel et bien bouclé. Nous pouvons également vous dire que la Commission composée de représentants de la Ville, de la Communauté française, de notre centre culturel et d'experts indépendants ont choisi les architectes du groupe L'Escaut-Gigogne suite à un appel aux auteurs de projets lancé dès la fin août 2002.

Désormais la balle est aussi dans leur camp afin de finaliser les plans, obtenir le permis de bâtir et suivre le chantier qui devrait commencer en 2004 et se clôturer un an après. Dans cet éditorial, nous souhaitons remercier tout particulièrement le Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège, un pouvoir local qui a été particulièrement à l'écoute des citoyens et d'acteurs culturels soucieux d'animer au quotidien le centre névralgique de Liège. Cette issue favorable, c'est avant tout la victoire d'une participation citoyenne et l'émergence d'une politique locale attentive aux revendications légitimes de ses administrés en matière de diversité culturelle et de vie associative. Nous espérons qu'une telle participation citoyenne pourra à nouveau rayonner dans d'autres domaines de la vie sociale et économique de notre ville.

[...]


(1) Ce projet n'est toujours pas finalisé et a, semble-t-il, pris du retard.
(2) Après le Collège, l'achat du terrain est inscrit à l'ordre du jour du Conseil communal du 27 janvier. Nous ne doutons pas que cette acquisition se fera à l'unanimité.
(3) Nous rappelons que dans cette opération, les Grignoux apporteront plus de 50 % du coût de la construction.

Extrait du journal L'Inédit, n° 127 (janvier 2003), p. 2

— mai 2003 —

 


© Pierre Kroll

 

Coup d'arrêt au projet des Grignoux
de construction de salles de cinéma place Xavier Neujean

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de cinéma à Liège : un obstacle imprévu vient de se dresser contre notre projet de construire quatre nouvelles salle au centre de Liège

 

Des architectes liégeois qui avaient répondu à l'appel de marché lancé par la Communauté française étaient mécontents de ne pas faire partie des cinq candidats sélectionnés (sur 17) pour concourir.

Ils ont cherché l'erreur, pour mieux dire, la petite bête, et déposé, en février, un recours en annulation auprès du Conseil d'État. On le sait, le Conseil d'Etat doit rendre un avis sur la forme des actes des autorités publiques sans juger du fond.

Dans le cas qui nous occupe, il apparaît que la procédure mise en place par la Communauté française n'est, malheureusement, pas totalement correcte : il semble, notamment, que le jury qui avait été chargé de sélectionner les projets aurait dû être désigné formellement par le Ministre, et que la sélection des candidats retenus aurait dû être, tout aussi formellement, proposée a sa signature.

Bien qu'il s'agisse, on le voit, de détails juridiques qui n'entachent en rien l'honnêteté des démarches effectuées jusqu'à présent, le Conseil d'État aurait, vraisemblablement, annulé l'avis de marché (et ce dans un délai qui est en moyenne de 5 à 8 ans... ! ).

Les Grignoux ont espéré jusqu'à aujourd'hui que la procédure pourrait se poursuivre même avec ses imperfections bien involontaires, et ainsi voir le projet réalisé dans les délais annoncés. Malgré une ultime démarche à l'endroit des architectes Messieurs François Louwet et Pierre Gillot pour qu'ils retirent leur requête, ceux-ci ont maintenu leur action auprès du Conseil d'État.

Il leur avait pourtant été expliqué que, pour les Grignoux, le respect des délais est primordial pour l'obtention des subsides européens (FEDER) et que, sans ceux-ci, le projet serait menacé. On peut dire que c'est le grain de sable absurde qui bloque tout un projet. En effet, la Communauté française a dès lors décidé de faire place nette et de recommencer l'ensemble de la procédure, c'est-à-dire de refaire un avis de marché (européen) auprès des auteurs de projets, ce qui retardera l'ouverture des salles de six à huit mois.

On croise donc les doigts pour que les délais FEDER puissent être respectés.

Et l'on félicite les architectes Louwet et Gillot pour leur jusqu'au-boutisme et la poursuite hargneuse de leurs intérêts au point d'arrêter ce projet culturel et associatif tant attendu par les Liégeois.

Nous ne renonçons pas et nous continuons les efforts entrepris depuis plusieurs années pour que notre projet se réalise.

Extrait du journal L'Inédit, n° 129, mai 2003, p. 2


© Pierre Kroll

— juin 2003 —

 

Redémarrage du projet des Grignoux

Vous êtes très nombreux à nous interroger sur la suite qui sera donnée au projet des Grignoux de construction de salles de cinéma place Xavier Neujean. Vous nous questionnez aux caisses des cinémas, lors de nos événements, dans la rue, aux manifs, aux fêtes... Vous nous demandez si les architectes qui ont déposé un recours au Conseil d'Etat (pour mémoire Messieurs François Louwet et Pierre Gillot) sont vraiment Liégeois (réponse : oui !). Vous vous inquiétez même de savoir si ces architectes sont dans le besoin (le bureau de Monsieur Louwet réalise le « petit » chantier de la galerie Saint Lambert, 3 milliards de FB !).

Cela fait chaud au cœur et l'on ne doute pas un seul instant que la flamme de votre soutien est sans cesse prête à se ranimer pour défendre ce projet citoyen, qui existe grâce à la détermination de votre mobilisation. Vous êtes donc nombreux à offrir votre combativité.

Merci à vous !

Face à cette attaque (bête et méchante), motivée sur base d'erreurs techniques de procédure, le Gouvernement de la Communauté française a donc décidé d'annuler la première procédure et de relancer une nouvelle procédure d'attribution de marché pour la désignation d'un groupe d'architectes qui sera chargé de construire le bâtiment. Un avis de marché (européen) sera publié fin mai et les auteurs de projet désignés en septembre-octobre.

Bref, 10 mois de perdus. Merci Messieurs... Machin ; c'est drôle, on a déjà oublié leurs noms. On ne les rencontre jamais au cinéma, aux manifs, aux fêtes... Question de milieu, sans doute. La Communauté française, qui sera le maître d'œuvre du projet porté par les Grignoux, sera le réceptacle des subsides européens Feder que nous avons obtenus. C'est elle qui les réinjecte dans la construction.

On le sait, c'est l'attribution de ces subsides européens Feder par la Région Wallonne qui a été déterminante dans le bouclage financier du projet. Ceux-ci ont déclenché l'achat par la Ville du terrain et la participation de la Communauté française. Pour les spécialistes des techniques budgétaires européennes, ces subsides Feder pourront être obtenus dans les délais, ces délais étant simplement moins confortables (Merci encore Messieurs Machin).

Pour les adeptes totalitaires de l'économie de marché (qui sont aussi, très souvent, les adeptes de la privatisation des moyens publics), on rappellera avec insistance que les Grignoux (privé associatif) investissent dans ce projet public 45 % du coût total (2,5 millions €).

Après cette tempête artificielle, nous pouvons vous promettre l'ouverture des nouvelles salles, aux côtés du Parc et du Churchill, pour septembre 2006 ! Les Grignoux réaliseront ce projet avec 10 mois de retard sur le planning initial.

C'est loin, mais ce projet s'inscrit dans le paysage urbain du futur. La construction d'un nouveau bâtiment culturel est toujours un événement important et celui-ci vous est dédié, amateurs de cinéma de la région liégeoise.

Extrait du journal L'Inédit, n° 130, juin 2003, p. 2 & 15

— mars 2004 —

 

Ça roule pour vous et nous

Le projet Neujean est sur orbite

 

L'année 2004 commence bien, le Ministre de la Culture Christian Dupont a désigné l'équipe des architectes qui vont réaliser, avec Les Grignoux, la construction d'une nouvelle infrastructure culturelle, principalement consacrée au cinéma, dans le centre ville. La (très) jeune équipe d'architectes a été proposée au choix du Ministre par un jury composé de représentants des Grignoux, de la Communauté française, de la Ville de Liège, du fonctionnaire-délégué de la Région Wallonne et d'experts architectes enseignant dans différentes écoles d'architecture.

La présence dans ce jury de l'échevin des travaux Jean-Géry Godeau marquait, d'un signal fort, la volonté d'implication de la ville dans le projet de notre association et dans le développement d'une activité cinématographique forte dans l'hyper centre.

On le sait, la Ville a également acheté le terrain (grâce aux fonds fédéraux obtenus auprès du Ministre de la politique des Grandes Villes) pour un montant de 992 000 €. L'apport du FEDER (fonds européens), géré par la Région Wallonne, sera de 1 240 000 €. Les investissements de la Communauté française sont de 744 000 € ; celle-ci sera également le Maître d'œuvre du projet. Enfin Les Grignoux investiront les sommes les plus importantes, soit 2 460 000 € (45,3 % du coût global).

L'ouverture de ces nouvelles salles est prévue pour septembre 2006.

Nous le répétons : les salles du Parc et du Churchill continueront leurs activités et ne seront pas négligées. La preuve par la rénovation opérée l'été dernier au Churchill (tapis, sièges , écrans, peintures ...) et les mêmes travaux programmés cet été au Parc.

Place au projet du groupe V+ (Vers Plus de Bien-être !) dont l'équipe de base est composée de Jorn Arma Bihain, Thierry Decuypere et Shin Hagiwara.

Vous lirez ci-après la description de leur création, laissez–les vous y conduire. Que l'impatience que cela va développer chez vous ne vous empêche pas de fréquenter nos activités. Pour notre part, nous habitons déjà le bâtiment (ou en tout cas, ce bâtiment nous habite...).


Description du projet architectural de V+ & BAS

 

Attitude

La question récurrente à la conception de ce projet fut celle de la différence. Comment accompagner par l'architecture ce souci de différence qui caractérise l'attitude des Grignoux tant dans sa politique d'accueil du public que de programmation ? Et où trouver cette différence quand on sait que les normes de confort et de qualité de projection contemporaine ont tendance à homogénéiser les conditions de vision des films ?

Notre utopie est des croire que l'architecture peut soutenir ce souci de différence des Grignoux. Qu'elle peut la souligner par sa qualité, sa richesse, sa générosité et au-delà de la programmation, faire de ce cinéma un lieu avec une identité lui assurant le succès.

Nous pensons qu'entre deux cinémas contemporains, le seul territoire d'identité, au-delà de la programmation, est l'accueil et la qualité des espaces publics. Notre projet propose donc un travail sur la qualité, la disponibilité, la richesse des espaces périphériques aux salles. Procurer à travers l'espace des sensations dignes des meilleurs films. Offrir des lieux qui se savoureront avant et au-delà de la consommation du film. Inscrire la générosité de l'architecture du complexe en parallèle à la politique d'accompagnement «extra-cinématographique» pratiquée par les Grignoux.

Implantation urbaine

Nous avons choisi de concentrer le volume du cinéma à front de rue afin de dégager, en intérieur d'îlot, un vaste jardin. Ce vide à l'arrière du complexe par l'apport de la lumière naturelle caractérise fortement le nouveau complexe (...).

Ce vide offre en plus un recul appréciable par rapport aux constructions voisines. Côte rue, le caractère patrimonial remarquable de la piscine est souligné par des gabarits et des raccords horizontaux adaptés.

Le choix d'un volume compact garantit l'économie dans la construction et la gestion du projet. La communication du bâtiment sur l'espace public, habituellement engendrée par l'éclairage et la signalétique, est dans le projet portée par les mouvements des spectateurs déambulant autour des volumes pleins formés par les 4 salles.

Espaces publics

Les espaces publics se faufilent entre et autour des volumes opaques des salles. Au-delà de leur simplicité de fonctionnement – on monte et entre dans les salles côté rue, on descend et sort des salles côté jardin –, ils se caractérisent surtout par la qualité de la promenade architecturale qu'ils offrent. Du foyer horizontal s'ouvrant largement à rue et sur le jardin, à l'escalier principal dont on ne sait s'il est dedans ou dehors de la façade, au foyer haut qui s'ouvre panoramiquement sur la ville, sans oublier les sorties qui, telles des balcons, bordent le jardin intérieur. Intégré au complexe, le café de 250 places s'ouvre autant sur la rue que sur le jardin intérieur.

Des cinquièmes salles

Les espaces publics sont la cinquième salle du complexe de cinéma, c'est là que les activités complémentaires au film se déroulent. Exposés préliminaires avec les enfants dans le jardin, expositions soutenant une rétrospective, espaces de réception lors d'avant-premières. (...)

Cheminement

Depuis la place Xavier Neujean, le regard est immédiatement happé par le volume flottant formé par les salles. Sous ce volume se lit, en creux, la superposition des espaces publics. La façade se découpe entre le plein des salles et des parois vitrées finement divisées verticalement. L'entrée du cinéma se fait sur un parvis créé par l'inflexion de la façade. Sur ce parvis prend place la terrasse du café intégré au cinéma.

Passé la porte, l'œil est simultanément attiré par la courbe du plafond et par le jardin en cœur d'îlot. Le hall est ample mais sa largeur réduite lui permet d'être éclairé naturellement en journée. Une fois le ticket pris, le choix est offert de prendre l'ascenseur situé à proximité de l'entrée ou de se diriger vers l'escalier d'accès principal où s'effectue le contrôle. Les vestiaires se logent dans une énorme colonne « Morris » sur laquelle sont affichées les programmations à venir.

L'escalier principal longe en pente douce la rue, les passants sont à portée de main. Sur le premier palier se fait l'accès aux deux salles moyennes mais l'œil est directement attiré par le deuxième foyer. Un escalier inscrit entre les deux salles mène à cet espace fluide qui s'ouvre de toutes parts sur la ville. L'espace accueille des expositions temporaires qui invitent à la flânerie. L'accès à la grande salle se fait par un escalier courbe qui débouche dans une antichambre capitonnée. Une dernière vue sur la ville avant de s'engouffrer dans la grande salle.

Fin du film...

La sortie se fait du côté intérieur de l'îlot, en longeant dans un couloir vitré le jardin. Au bas on aperçoit le bar. Un large escalier amène dans le foyer principal. Un porte nous invite directement au bar. Celui-ci est ouvert sur la terrasse en intérieur d'îlot d'où la façade mitoyenne de la piscine dévoile ses flancs impressionnants.

V+

Extrait du journal L'Inédit, n° 136, mars 2004, p. 2

— octobre 2004 —

 

Les nouvelles salles Place Xavier Neujean. Les délais sont respectés : le permis de bâtir a été déposé en juillet et l'enquête publique est clôturée.

Extrait du journal L'Inédit, n° 141, octobre 2004, p. 2

— mars 2005 —

 

Les fouilles archéologiques sous le futur cinéma des Grignoux,
place X. Neujean

Au cours des mois de juillet et d'août 2004, le Service de l'Archéologie de Liège (MRW/DGATLP) a procédé à l'évaluation archéologique du terrain sur lequel viendra bientôt s'établir le complexe des Grignoux. Cette évaluation du potentiel archéologique ayant été plus que prometteuse, une campagne de fouille extensive du site a été entamée depuis le milieu du mois d'octobre de l'année passée, avec l'appui enthousiaste des Grignoux et en bonne intelligence avec les propriétaires du terrain et l'exploitant du parking actuel. Pour ne pas gêner la future implantation du cinéma, l'étude des précieux vestiges enfouis sous le « Rivage Saint-Jean », ancienne appellation de cet endroit de la ville, s'interrompra avant le début des travaux de construction proprement dits.

Grâce aux examens archéologiques, cette portion méconnue du centre-ville livre peu à peu les principales étapes de son évolution.

Les traces les plus anciennes qui ont été retrouvées remontent à la période ottonienne, lors de la naissance du quartier qui va se développer autour de la Collégiale Saint-Jean l'évangéliste, créée à l'extrême fin du 10e siècle. Dans la foulée, l'équipe de fouille a d'ores et déjà pu constater le maintien du parcellaire médiéval. On en prendra pour exemple les rez-de-chaussée d'imposantes demeures canoniales du 13e siècle, revêtus de luxueux carrelages en céramique, qui ont été retrouvés à proximité de la voirie actuelle.

Des vestiges plus tardifs, attribuables au 15e et au 16e siècle, témoignent de la volonté des habitants de se prémunir contre les crues de la Sauvenière (le bras de la Meuse qui coulait à l'emplacement du boulevard actuel), tout en se créant de nouveaux espaces à construire : c'est en effet au cours de cette période que la portion du site en direction de l'ancien cours d'eau est surhaussée artificiellement sur plus d'un mètre cinquante, pour se voir ensuite immédiatement colonisée par de nouveaux aménagements.

Bien évidemment, les époques plus récentes (du 17e au 19e siècle) sont bien représentées elles aussi, et ont par ailleurs livré un matériel archéologique abondant. À terme, toutes ces observations vont permettre de restituer fidèlement le développement urbain de la zone sur pas moins d'un millénaire. Que tous les interlocuteurs liés au projet des Grignoux en soient ici remerciés.

Guillaume Mora-Dieu (archéologue, Service de l'Archéologie de Liège, MRW/DGATLP)
Extrait du journal L'Inédit, n° 146, mars 2005, p. 2

— Septembre 2005 —

 

Présentation publique du projet
des salles de cinéma place Xavier Neujean
par les Grignoux et les architectes du groupe V+

Samedi 24 septembre à 11 h 30 au Churchill

Dans le cadre du parcours «Architecture et patrimoine» organisé par L'Institut Supérieur d'Architecture Saint-Luc à l'occasion des fêtes de la Communauté française, nous présenterons plans, maquette et images de synthèse de notre projet sur grand écran.

Le nouveau complexe de cinéma comportera 4 salles de cinéma, une brasserie et un grand jardin intérieur. Il sera situé en plein cœur de la ville.

Le projet est porté et financé par les Grignoux et la Communauté française, avec l'aide de la Ville de Liège et de la Région Wallonne-Feder (Objectif 2).

Extrait du journal L'Inédit, n° 150, septembre 2005, p. 2

— Octobre 2005 —

 

NOS FUTURES SALLES PLACE XAVIER NEUJEAN

Voici les images de synthèse du bâtiment que les Grignoux et la Communauté française construirons début 2006, avec l'aide de la Ville de Liège (achat du terrain) et du Feder (Objectif 2).

Vous découvrez des images des façades avant et arrière du cinéma et de sa brasserie. Également des vues de différentes salles (300, 200, 200, 100 places) ainsi que des images des espaces au rez-de-chaussée et du foyer situé entre les deux groupes de salles. Il y aura un grand espace public extérieur à l'arrière du bâtiment (500 m2). Il servira de terrasse pour le café, de lieu pour des projections en plein air, des concerts, des spectacles de rue... (Architectes V+ et BAS).

Cliquez sur les images pour une version agrandie

Extrait du journal L'Inédit, n° 151, octobre-novembre 2005, p. 2

— février 2006 —

 

Le 6 mars 2006 : début des travaux
du nouveau complexe cinématographique de quatre salles
des Grignoux, au centre de Liège, place Xavier Neujean

Dès 2000, l'asbl Les Grignoux a répondu à l'appel à proposition d'Objectif 2 Meuse-Vesdre, lancé par la Région Wallonne, en participant activement et farouchement à l'amélioration qualitative du centre ville et en y défendant une présence accrue du cinéma.

Nous ne reviendrons pas ici sur les différentes étapes qui ont émaillé ce projet (voir ci-dessus), nous préférons insister sur l'originalité de son montage, atypique : les Grignoux investissent (plus de 35 % du montant total) dans une infrastructure propriété de la Communauté française qu'ils ont initiée. Nous bénéficierons par là d'un outil de travail complémentaire au Parc et au Churchill, ce qui élargira notre offre cinématographique.

Cet investissement privé dans un bâtiment public a été rendu possible en additionnant divers mécanismes publics : FEDER, Communauté française, Plan fédéral des Grandes Villes via la Ville de Liège (achat du terrain), les fonds d'économie sociale et durable pour nos emprunts. Enfin, nous ne sommes pas peu fiers d'annoncer également que ce nouveau lieu permettra l'engagement de 50 travailleurs (26 équivalents temps plein). À l'ouverture, Les Grignoux compteront 104 travailleurs (61 équivalents temps plein). Rappelons également que nous accueillons déjà actuellement près de 1 000 personnes par jour (!) et ce toute l'année.

Ce nouveau lieu nous permettra d'élargir notre palette d'activités, puisqu'en plus des salles de cinéma, nous animerons une grande brasserie et un jardin intérieur de 520 m2.

Le Gouvernement de la Communauté française, piloté par Marie Arena, a chargé la Ministre de la Culture Fadila Laanan de commander les travaux. Les entreprises ont reçu les bons de commande. Il s'agit de l'entreprise générale Wust (Malmédy), de Polytherm (HVAC – Chauffage et ventilation de Grâce-Hollogne), de Servais Electricité (Grivegnée) et de Fréson Menuiserie-Bois (Hognoul).

Aujourd'hui, nous pouvons annoncer les premiers coups de pioche pour le 6 mars ; il s'agit d'une étape décisive et concrète de l'avancement de notre projet. Nous aurons encore l'occasion de vous parler du chantier et de son évolution, mais si vous avez l'opportunité de passer par la place Xavier Neujean ces prochaines semaines, n'hésitez pas à jeter un oeil derrière les palissades...

Extrait du journal L'Inédit, n° 154, février-mars 2006, p. 2

 

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