À Delft, au 17e siècle, Griet, une jeune fille pauvre, est obligée de se placer comme domestique chez un peintre destiné à une célébrité exceptionnelle : Vermeer. Cette servante, qui ne devrait jouer qu’un rôle effacé, va pourtant marquer la carrière de Vermeer en lui offrant le modèle pour un portrait considéré aujourd’hui comme un chef -d’œuvre, «La Jeune Fille à la perle» (ou «au turban bleu» selon une autre dénomination). Du moins c’est ce qu’a imaginé la romancière Tracy Chevalier dans le roman qui a inspiré cette adaptation cinématographique où l’on a recréé avec beaucoup d’authenticité la vie dans la Hollande du 17e siècle (même si l’on peut regretter l’utilisation de l’anglais et non pas du néerlandais comme langue originale). Il pourrait s’agir là d’une fiction gratuite et arbitraire, mais le but du roman et encore plus du film est de mieux faire voir les peintures de Vermeer, de faire découvrir le contexte historique où elles s’inscrivent (le rôle du mécénat, l’arrière-plan religieux, le climat culturel) mais surtout de faire ressentir les émotions qui ont pu accompagner la création de ces chefs-d’œuvre et qu’on ne peut ressentir habituellement qu’après une longue fréquentation de ces peintures volontairement énigmatiques.
Ce film d’une grande élégance est sans doute une initiation idéale à la peinture de Vermeer. Il permet également de découvrir une période ancienne dont les mœurs austères, sans doute éloignées des nôtres, laissaient seulement la place à des formes retenues de la passion. Le film retiendra l’attention aussi bien des professeurs d’histoire que d’arts plastiques.
Il est présenté dans le cadre de l’exposition «À la manière des Primitifs flamands» organisée par le C-paje (Liège).
Public concerné
Ce film qui joue essentiellement sur la dimension psychologique des personnages devrait plaire à un large public d’adolescent(e)s à partir de quatorze ans environ.
Présentation du dossier pédagogique
un film de Peter Webber
USA, 2003, 1 h 40
