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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par Les Grignoux et consacré au film
Demain
de Cyril Dion et Mélanie Laurent
France, 2015, 2h00

Ce dossier pédagogique consacré au film Demain propose plusieurs pistes pour mener une discussion aussi constructive et nuancée que possible autour de ce film en permettant notamment aux spectateurs, jeunes ou moins jeunes, de partager et de confronter leurs opinions. Il s’agira également d’inciter les participants à s’informer plus avant sur les différentes solutions proposées dans le film, d’en mesurer la pertinence mais également les limites.

L'extrait ci-dessous revient notamment sur les problématiques de l'agriculture et de l'énergie.

Discuter du film

Le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent propose une série d’idées et de pratiques en vue de répondre en particulier à la crise écologique majeure que risque de provoquer à moyen terme le réchauffement climatique consécutif à l’utilisation massive pendant plus d’un siècle des énergies fossiles (comme le pétrole, le gaz ou le charbon) qui elles-mêmes constituent des ressources limitées de plus en plus rares. Ces idées nourries de générosité et d’optimisme ne seront cependant pas nécessairement partagées par toutes et tous. Certaines pourront susciter l’adhésion, d’autres rencontreront peut-être des freins ou des résistances. Comment dès lors mener en groupe une discussion du film qui ne soit pas un simple échange d’opinions contradictoires ? Comment parvenir à une réflexion collective qui permette de dépasser les premiers avis certainement sommaires et faiblement étayés ?

L’on propose ici de revenir sur les différents chapitres du film en répartissant les spectateurs en petits groupes de réflexion : chaque groupe s’attacherait à un chapitre qui serait abordé à l’aide de quelques grandes questions (ou consignes) :

Débattre de Demain

  • De quoi traite le chapitre du film envisagé ? Quelles sont les expériences rapportées ?
  • Quels sont les aspects positifs cités par le film des expériences rapportées dans ce chapitre ?
  • En quoi les idées proposées sont-elles discutables ? Plusieurs éléments peuvent en effet être problématiques, par exemple :
    • on recourt à l’argument d’autorité : d’autres « autorités » peuvent avoir été négligées;
    • les faits sont présentés de manière partielle; il n’y a pas de prise en compte de contre-exemples possibles;
    • il y a un écart entre l’expérience concrète qui est montrée et la conclusion générale qu’on en tire (« l’image » montre quelque chose de plus limité que ce que ne « dit » le commentaire);
    • les images enjolivent les choses, n’en montrent que les aspects « souriants »;
    • le raisonnement recourt de manière trop large à l’analogie (analogie entre des choses sans réel rapport);
    • l’argument repose sur des croyances qui ne sont pas fondées en raison;
    • certains concepts sont vagues et douteux;
    • l’argumentation n’est pas explicite ou difficilement compréhensible;
    • etc.
      On soulignera le fait que le caractère éventuellement discutable d’un argument ne l’invalide pas nécessairement : il s’agit ici de relever les points de discussion et non pas d’affirmer que les idées émises sont fausses ou mauvaises.
  • Quelles sont les résistances que les initiatives proposées peuvent rencontrer ? Même si les idées sont séduisantes, ne faut-il pas tenir compte de certaines réalités qui peuvent empêcher ou limiter la mise en pratique de ces idées et qui ne sont pas évoquées dans le film ? Il ne s’agit donc pas ici d’argumentation mais de réalités, notamment sociales, qui peuvent freiner les initiatives proposées.
  • Par ailleurs, de manière positive, les participants peuvent-ils citer des initiatives locales (ou plus éloignées) qui leur paraissent œuvrer dans une des voies ouvertes par le film ? Et se sentent-ils eux-mêmes capables d’agir dans le même sens ? et de quelle façon ?
  • Enfin, certains points soulevés par le film méritent-ils une recherche complémentaire, d’autres informations pour bien comprendre la solution proposée par les intervenants du film ?

Photo du film

Quelques pistes de discussion et de réflexion

On propose dans les commentaires qui suivent différentes analyses et réflexions qui pourront nourrir les discussions et débats autour du film Demain.

1. L’agriculture

Les faits

Le film évoque les fermes urbaines à Detroit et les « incroyables comestibles » à Todmorden en Grande-Bretagne.

Ce sont les petits agriculteurs qui produisent entre 70 et 75% de la nourriture que nous consommons.

En Normandie, une micro-ferme pratique la permaculture dont les rendements sont deux à trois fois supérieurs à ceux de l’agriculture industrielle.

Les aspects positifs

Ceux-ci sont largement évoqués dans le film : il s’agit notamment des rendements supérieurs de ce type de culture qui devrait être capable de nourrir 9 milliards d’individus, sans recourir aux engrais ni aux pesticides. Les fermes urbaines et les « incroyables comestibles » permettent en outre de créer du lien social.

Des arguments à discuter

L’expérience de Detroit est très particulière puisqu’elle s’est développée dans une région qui a subi une crise industrielle et démographique sans précédent et où les personnes se sont retrouvées sans emploi et sans ressources, les contraignant à mettre en œuvre leurs propres moyens de subsistance. En Europe, les systèmes de protection sociale évitent aux individus de se retrouver dans de telles situations désespérées. On remarque d’ailleurs que la production à Todmorden d’« incroyables comestibles » est beaucoup plus limitée et que la population locale a manifestement d’autres sources d’approvisionnement. On comprend dès lors que sous le nom de petits agriculteurs, le rapporteur Olivier de Schütter rassemble des situations extrêmement diverses de par le monde. Tous ces petits agriculteurs, qui travaillent dans des conditions très différentes (pensons par exemple aux paysans du Sahel ou aux rizicultures traditionnelles en Asie), peuvent-ils pratiquer la permaculture vue en Normandie ? Ne faudra-t-il pas de nombreuses recherches et expérimentations avant de pouvoir généraliser ces expérimentations à l’ensemble du monde ?

Il faut par ailleurs remarquer que l’affirmation selon laquelle entre 70 et 75% des produits consommés viennent des petits agriculteurs néglige le fait (à peine signalé) que l’agriculture industrielle sert en grande partie à nourrir du bétail et de la volaille mangés ensuite par les humains. Bien que ce ne soit pas explicitement dit, le modèle proposé implique que notre alimentation devienne beaucoup plus ou totalement végétarienne.

Le film propose une vision assez manichéenne de l’histoire agricole en ne soulignant que les aspects négatifs de l’agriculture industrielle : sans nier que ceux-ci existent et sont de plus en plus problématiques (notamment l’usage d’engrais et de pesticides), la « révolution verte » a incontestablement augmenté la productivité agricole et permis indirectement une augmentation spectaculaire de la population mondiale au cours du XXe siècle. Parler de plantes malades, de sols malades et finalement de gens malades est également exagérément négatif alors que l’espérance de vie n’a jamais été aussi grande de par le monde.

L’histoire est souvent plus complexe que le schéma manichéen qui oppose des petits fermiers respectant des principes « naturels » à une agriculture « industrielle » : l’agriculteur en Normandie dit par exemple que la consommation de céréales (blé, riz, maïs) est récente, et que, dans la nature, l’homme préhistorique mangeait essentiellement des baies, des fruits, des racines, ce qui serait meilleur pour la santé. Mais l’introduction des céréales est bien antérieure à l’agriculture industrielle et s’explique par un avantage évident : contrairement aux légumes et aux fruits qui ne sont disponibles qu’à certaines saisons et qui se dégradent plus ou moins rapidement, les céréales se conservent longtemps (sans frigo ni conserves…) et permettent de nourrir les populations pendant la « mauvaise » saison.

On voit d’ailleurs que cette ferme en Normandie est expérimentale et travaille avec des organismes de recherche comme l’INRA : il ne s’agit pas de revenir à une agriculture ancienne (qui était peu productive) mais de trouver de nouvelles manières de cultiver, comme il est dit, en soignant « amoureusement » le sol, en densifiant et en associant les cultures. Les résultats sont spectaculaires, mais le problème de leur généralisation à d’autres régions, à d’autres climats et à d’autres écosystèmes reste posé.

Les résistances possibles

Plusieurs résistances à une évolution vers l’agroécologie et la permaculture sont évoquées dans le film. La première est celle des grands groupes industriels (fournisseurs de céréales, d’engrais, de pesticides) qui risqueraient de voir diminuer leur chiffre d’affaires et qui font pression sur les gouvernements (notamment des pays moins développés) pour vanter leur seul modèle productiviste. La seconde est celle des consommateurs, essentiellement citadins, qui souhaitent avoir des aliments à bas prix et qui sont réticents à payer plus pour des produits écologiquement responsables. Il est également difficile de changer les habitudes alimentaires et de diminuer en particulier la consommation de viande dont la production est très polluante. Une troisième résistance possible est évoquée incidemment dans le film où un des intervenants à Detroit signale que ce n’est pas une tâche facile : le travail de la terre est effectivement ardu, notamment lorsqu’on souhaite renoncer à l’utilisation de machines comme c’est le cas dans la ferme en Normandie. L’exode rural qui, au cours des XIXe et XXe siècles, a vidé les campagnes d’une grande part de leur population en Europe et maintenant dans d’autres régions du monde, s’explique au moins pour une part par la pénibilité du métier. La dernière résistance est plutôt culturelle, car le changement agricole proposé dans Demain suppose un changement de mentalités : face aux rendements avancés par la permaculture en Normandie, certains — notamment parmi les décideurs politiques — risquent de manifester un certain scepticisme. Il est donc essentiel que de telles expériences soient répétées et bénéficient de l’aide d’organismes de recherche agricole réputés qui puissent montrer de façon explicite et détaillée, dans un grand nombre de situations diversifiées, les avantages de ces nouvelles formes de culture.

D’autres initiatives

Il existe déjà en Europe de nombreuses initiatives visant à privilégier des produits agricoles écologiquement responsables et privilégiant des circuits courts de distribution. Ces initiatives sont de valeur différente — la grande distribution fait également la promotion de produits réputés « bio »— et il faut donc s’informer pour privilégier ceux qui respectent le mieux les principes de l’écologie. Beaucoup de personnes disposent également de jardins où ils peuvent pratiquer, s’ils le souhaitent et à leur échelle, ce type d’agriculture. Et diminuer sa consommation de viande est évidemment à la portée de tous. On peut donc dire qu’en ce domaine les alternatives existent et que chacun d’entre nous peut contribuer à améliorer les choses.

Des informations complémentaires

Le film parle sommairement d’agroécologie et de permaculture sans préciser la différence entre les deux. On trouvera facilement sur Internet de multiples informations à ce propos.

Par ailleurs, le rapport d’Oliver de Schütter sur l’alimentation mondiale permet de mieux comprendre les multiples questions qui se posent aujourd’hui à l’agriculture (et notamment la pauvreté des petits agriculteurs dans beaucoup de régions du monde). On a rassemblé des liens Internet vers ce texte et d’autres références utiles au bas de cette page.

Photo du film

2. L’énergie

Les faits

Ce chapitre consacré à l’énergie commence par un constat négatif : les ressources en pétrole et en carburants fossiles, qui sont au cœur de toutes nos activités industrielles, sont limitées et sont en outre responsables de l’effet de serre qui va entraîner en particulier des problèmes d’approvisionnement en eau potable. Des solutions existent pourtant : ce sont les énergies renouvelables.

Les éoliennes, la bio-masse, l’énergie solaire, celle des mers, la géothermie sont déjà largement utilisées dans des pays ou des régions comme le Danemark, l’Islande , la Suède, l’île de la Réunion.

Ces nouvelles énergies doivent s’accompagner de nouvelles manières de consommer notamment dans les transports : à Copenhague, on privilégie de manière systématique les déplacements à vélo et en transports en commun. L’exemple de publicités lumineuses extrêmement gourmandes en électricité est le contre-exemple à ne pas suivre.

Par ailleurs, l’expérience de recyclage des déchets à San Francisco, où les habitants sont invités à trier tout ce qu’ils jettent dans trois poubelles différentes, montre comment la production de biens divers (notamment de nourriture) doit prendre place dans un circuit de récupération qui permet ici de produire un compost extrêmement utile aux cultures : « ça rend des nutriments aux fermes ».

Les aspects positifs

Les aspects positifs sont évidents. Les énergies renouvelables permettent de diminuer largement l’émission de gaz à effets de serre et constituent une ressource indéfinie. Elles sont synonymes de développement durable. Les effets bénéfiques du recyclage des déchets sont tout aussi évidents lorsqu’on observe les décharges et les pollutions que génèrent les déchets non traités qui se retrouvent notamment dans la nature et dans les océans.

Des arguments à discuter

Les images prises à Copenhague sont particulièrement enjolivées : il ne pleut pas (ce qui est tout de même un frein à l’utilisation du vélo…), les transports en commun sont particulièrement propres et efficaces, l’ensemble de la ville est agréable et conviviale, ce à quoi contribuerait notamment l’usage des transports en commun. On voit pourtant que, dans de nombreux autres pays européens, les villes et les transports en commun souffrent de beaucoup de maux (dégradations diverses, surpeuplement aux heures de pointe, incivilités diverses…) qui ne sont pas dûs uniquement à la concurrence des automobiles. Dans ce chapitre, à Copenhague et ailleurs, tout semble fonctionner harmonieusement sans aucun problème ni technique ni humain : il est par exemple difficile de comprendre qu’en Suède, les éoliennes aient un rendement financier de 6 à 7%, sans que les financiers ne soient alors tentés d’y investir massivement (on remarquera d’ailleurs que cette idée d’un rendement financier important est contradictoire avec l’idée d’une décroissance économique développée au chapitre suivant).

De façon plus fondamentale, la question des énergies peut donner l’impression d’être traitée de façon sommaire. Ainsi, l’éolien et le solaire sont dépendants du vent et du soleil qui, on le sait bien, ne sont pas constants : en Allemagne par exemple, les variations de l’éolien qui y est largement implanté sont compensées par des centrales thermiques au charbon, très polluantes. Cela ne signifie pas que les énergies renouvelables ne sont pas une bonne solution, au contraire, mais qu’elles posent des problèmes techniques qui devront être progressivement résolus. Mais de telles solutions — par exemple une meilleure interconnexion des réseaux électriques qui permet de compenser l’absence de vent à un endroit par l’énergie éolienne produite à un autre endroit — ont des coûts relativement importants.

La question des coûts semble effectivement traitée sommairement : tous les exemples cités — sauf celui de la Réunion — sont choisis dans des régions ou des pays très développés où le recours aux énergies renouvelables apparaît comme un « luxe » possible. Dans les pays en développement, en particulier en Chine, le recours aux énergies fossiles comme le charbon est massif à cause de leur faible prix. Et, même dans les pays européens, les travaux d’isolation — absolument nécessaires si l’on veut faire des économies d’énergie — nécessitent des investissements qu’il n’est pas facile de rentabiliser, du moins à court terme.

La question des transports ne se résume pas non plus à la seule utilisation des transports en commun : même si le rail doit être privilégié, il est difficile aujourd’hui de faire disparaître l’ensemble des camions, camionnettes et autres véhicules utilitaires qui circulent sur nos routes et dans nos villes, alors que les batteries des camions électriques ne leur donnent qu’une faible autonomie. En outre, leur coût dépasse actuellement celui des camions propulsés au diesel.

Les résistances possibles

La question des coûts est, on le voit, un frein au développement des énergies renouvelables, et le principal obstacle réside sans doute dans l’écart entre l’intérêt collectif à long terme et l’intérêt individuel à court terme. On le voit encore aujourd’hui (en 2015) avec la chute des prix des produits pétroliers (provoquée notamment par le recours à la fracturation hydraulique aux États-Unis, extrêmement polluante) qui est vue par les consommateurs européens et américains comme une aubaine qui les pousse vers l’utilisation des énergies fossiles (gaz, essence, diesel) pour le transport (individuel) et le chauffage. Et la vente d’autos de plus en plus nombreuses, de plus en plus grosses et de plus en plus lourdes, ne diminue pas en Europe ni ailleurs dans le monde.

Les changements de comportements que nécessite la transition énergétique vers le renouvelable se heurtent ainsi à l’individualisme dominant : tout le monde n’est pas prêt à faire l’effort de se déplacer à vélo (surtout si l’on habite dans une région vallonnée !) ou en transports en commun, ni à renoncer à sa voiture. Même l’implantation d’éoliennes suscite souvent des résistances chez certains riverains sous prétexte de préservation des paysages ou de nuisances sonores (même si les mêmes riverains ne se préoccupent guère des déchets de l’industrie nucléaire qui resteront dangereusement actifs pendant des milliers sinon des dizaines de milliers d’années)… Ce ne sont donc pas uniquement les grandes firmes capitalistes, comme il est dit dans le film, qui favorisent les énergies fossiles et les biens de consommation périssables, mais également les consommateurs qui privilégient ce type de produits, préférant par exemple se déplacer en auto qu’en train ou en bus ou bien acheter l’électricité d’un fournisseur nucléaire que celle (pas nécessairement plus chère…) d’un producteur d’énergie « verte ».

Cité dans le film, l’exemple des smartphones, dont la production et la consommation sont énergivores, est de ce point de vue révélateur : seule une minorité de personnes est sans doute prête aujourd’hui à renoncer à ces engins alors que, par ailleurs, beaucoup défendent déjà l’idée que les ordinateurs et les connexions Internet à haut débit constituent des biens de première nécessité auxquels tout le monde a droit !

Par ailleurs, faire des investissements à long terme — par exemple pour l’isolation d’une maison — suppose soit que l’on dispose de fonds suffisants, soit que l’on soit assuré à l’avenir de revenus suffisants : on comprend facilement que ce sont les plus fortunés qui se montrent les plus sensibles aux thèmes écologiques et qui sont prêts à faire des dépenses supplémentaires en ce sens. Le changement de comportements implique, on le comprend, des changements de mentalités qui sont sans doute lents à se manifester à cause en particulier des intérêts individuels et à court terme. Bien entendu, différentes politiques — comme les primes à l’isolation, la priorité donnée aux transports en commun ou aux vélos, l’obligation de trier les déchets… — sont des facteurs importants pour inciter les individus à modifier leurs attitudes et comportements. Mais, comme il est dit dans le film, ces politiques dépendent elles-mêmes de décideurs qui ne sont sans doute pas assez attentifs à l’intérêt collectif des générations futures : tout est effectivement lié.

D’autres initiatives

Il n’y a pas qu’à San Francisco qu’on trie ses déchets dans trois (ou quatre !) poubelles différentes ! Cela se pratique dans de nombreuses villes européennes avec des succès différents. On constate par ailleurs que nombre de maisons individuelles se couvrent de panneaux solaires et que les normes d’isolation des nouvelles constructions dans les pays européens deviennent de plus en plus sévères.

Les initiatives pour réduire notre consommation énergétique et pour favoriser les énergies renouvelables existent bien mais restent sans aucun doute insuffisantes face au défi du changement climatique. Mais chacun a sans doute un rôle à jouer en ce domaine en privilégiant de façon systématique des consommations écologiquement responsables notamment d’un point de vue énergétique.

Des informations complémentaires

Tout le monde ne sait pas nécessairement ce qu’est la biomasse, la géothermie ou même l’énergie marine, ni ne connaît la manière précise dont ces énergies sont produites.

Certaines affirmations entendues dans le film méritent également explication : ainsi, le responsable du recyclage à San Francisco explique que le compost fertilise le sol tout en absorbant le CO2 présent dans l’atmosphère, ce qui peut étonner dans la mesure où le compost est « produit » par des bactéries qui, comme tous les êtres vivants, émettent du gaz carbonique. L’explication, qu’on trouve facilement sur Internet, est que l’utilisation de ce compost favorise l’humidité du sol et une augmentation de la biomasse, ce qui entraîne un développement plus rapide des plantes et dès lors une augmentation du processus bien connu de la photosynthèse et de « l’absorption » du CO2 par les végétaux. Des études sur le bilan carbone du compostage — dégagement de gaz à effets de serre et absorption du CO2 par les cultures — semblent favorables à cette technique contrairement aux amendements par engrais issus du pétrole. Il faut cependant que ce compostage soit fait dans de bonnes conditions (avec notamment une aération suffisante), ce qui n’est pas nécessairement le cas des composts artisanaux.

Cette question circonscrite permet de poser plus largement celle des bilans énergétiques globaux : une éolienne produit de l’électricité grâce au vent qui bien sûr ne s’arrête jamais (du moins sur de longues périodes), mais il faut de l’énergie pour construire ces machines, pour les entretenir, pour éventuellement compenser leurs faiblesses (par exemple quand le vent faiblit et que la demande électrique est forte). Il faut donc s’informer autant que possible sur les différentes solutions qui sont proposées et dont le bilan énergétique est très variable : ainsi, à partir des années 2000, certains ont proposé d’utiliser des biocarburants, issus donc de l’agriculture et de ce fait « renouvelables », mais il est apparu rapidement que le bilan écologique est négatif puisque, comme c’est d’ailleurs signalé dans le film, cela implique de consacrer de grandes surfaces de culture à des plantes comme la betterave, la canne à sucre, le blé, le soja ou le colza, ce qui a pour effet dans de nombreux pays de pousser à la déforestation. Dans d’autres régions, la production de bio-carburants entre en concurrence avec les cultures destinées à l’alimentation humaine, entraînant un renchérissement des denrées alimentaires !

On peut poser le même type de question à l’endroit des voitures électriques que certains voudraient voir se répandre largement dans nos villes — car elles évitent la pollution aux gaz de combustion de moteurs à essence ou diesel — mais qui impliquent l’utilisation de batteries qui contiennent des métaux lourds qui sont des sources importantes de pollution. Toutes les solutions « vertes » (surtout quand elles sont proposées par des firmes commerciales) n’ont pas la même empreinte écologique, et il est important de rechercher un maximum d’informations à ce propos, même si les réponses sont souvent complexes, incertaines, sinon contradictoires.

Photo du film

3. Une autre économie

[Ce chapitre est disponible dans le dossier imprimé.]

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4. La démocratie

[Ce chapitre est disponible dans le dossier imprimé.]

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5. L’éducation

[Ce chapitre est disponible dans le dossier imprimé.]

Bibliographie et liens utiles

La nourriture

Le rapport d’Oliver de Schütter sur l’alimentation mondiale permet de mieux comprendre les multiples questions qui se posent aujourd’hui à l’agriculture (et notamment la pauvreté des petits agriculteurs dans beaucoup de régions du monde).

L'économie

Différentes initiatives en Belgique et à Liège en particulier :

Sur les monnaies locales:

La démocratie

Le site de mouvements citoyens

À propos de la démocratie participative et délibérative

Pour se renseigner sur le fonctionnement d’un État démocratique comme la Belgique, sur les textes fondateurs, les élections… l’on pourra facilement consulter les sites Internet des différentes institutions :

Des informations sur les droits humains fondamentaux et la Déclaration universelle des droits de l’homme sont disponibles notamment sur le site des Nations Unies.

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