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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par Les Grignoux et consacré au film
Le Dernier Loup
de Jean-Jacques Annaud
France/Chine, 2015, 2h01

On trouvera ici un extrait du dossier pédagogique consacré au film Le Dernier Loup. Ce dossier propose plusieurs pistes d’animation pour exploiter facilement la vision du film en classe avec des élèves de l’enseignement primaire dès l’âge de dix ans.

UNE LEÇON D’ÉCOLOGIE AVEC BILIG

OBJECTIFS

  • Prendre conscience des équilibres à l’oeuvre dans la nature
  • Améliorer sa compréhension des dialogues et des enjeux du film

Bilig, le doyen de la « brigade de production », constitue la référence du groupe en ce qui concerne la transmission des savoirs et savoirs faire concernant l’environnement. Il est également le gardien des traditions en général : c’est lui qui explique à Chen Zhen en quoi consistent les funérailles célestes réservées à Batu par exemple.

CONCRÈTEMENT

L’activité suivante propose de revenir sur la thématique écologique du film à partir de quelques répliques emblématiques prononcées par le personnage de Bilig.

Les élèves se souviennent-ils de ces phrases ? Se souviennent-ils de ce personnage ? Se souviennent-ils éventuellement des circonstances dans lesquelles ces phrases ont été prononcées et comment les interprètent-ils ?

Les élèves peuvent réfléchir à ces questions en petits groupes. On leur soumettra la grille à compléter ci-dessous.

Les groupes pourront ensuite mettre leurs résultats en commun et les commenter.

Quand le vieux Bilig parle :À qui s’adresse-t-il ?Le contexte en quelques mots (la situation dans laquelle sont prononcés ces mots)*
« Bienvenue au frigo des loups ! »    
« Le fléau de la steppe, c’est les gazelles parce qu’elles dévorent l’herbe. »    
« La Petite Vie dépend de la Grande Vie. »    
« Les écureuils et les marmottes sont les pires ennemis de la steppe. »    
« Si ces gens viennent jusque ici, c’est uniquement parce qu’ils ont épuisé leurs propres terres. »    
   
*1. Où cette phrase est-elle prononcée (quel lieu du film) ?
2. Expliquer en quelques mots à qui et pourquoi le personnage tient ces propos.

COMMENTAIRES

« Bienvenue au frigo des loups ! C’est leur réserve de viande pour les louveteaux qui naîtront au printemps »

image du filmBilig prononce gaiement cette phrase en présentant à Chen Zhen le site sur lequel les loups ont mis à mort et enterré des dizaines de gazelles. L’expression « frigo des loups » sous-entend que les loups ont consciemment et intentionnellement constitué cette réserve de nourriture en vue de la naissance des louveteaux, pourtant encore éloignée de plusieurs mois (Cette scène se passe en hiver et la naissance des louveteaux a lieu au printemps.) !

« Le fléau de la steppe, c’est les gazelles, parce qu’elles dévorent l’herbe. L’herbe, c’est la vie de la prairie ! C’est la Grande Vie. Tout le reste, c’est la Petite Vie qui dépend de la Grande Vie. »

Toujours au frigo des loups, Bilig donne cette explication étonnante à Chen Zhen qui s’indigne de ces « meurtres » commis par les loups qui lui semblent « des créatures abominables qui ne respectent pas la vie ». Contrairement à ce qu’exprime Chen Zhen, d’une part les loups n’ont pas assassiné ces gazelles par simple cruauté mais bien pour assurer la survie des petits à naître.

D’autre part, en tuant des gazelles, donc des herbivores, les loups protègent littéralement la santé de la steppe qui sinon se verrait perpétuellement dépouillée de son manteau vert. Or une steppe désertique ne serait plus hospitalière pour les nomades : leurs moutons n’auraient plus de quoi se nourrir, ne donneraient plus de lait. Ils seraient obligés de quitter la steppe et de se sédentariser pour trouver d’autres moyens de subsistance. Ce serait la fin d’un mode de vie. Cependant, Bilig explique qu’il faut malgré tout relâcher les gazelles survivantes pour que les loups puissent se nourrir, sans quoi ils attaqueraient les troupeaux de moutons des éleveurs.

« Les réserves de viande des loups ont été pillées par des étrangers. Ils sont déjà affamés. Si on tue leurs petits, ils vont être furieux et ils vont se venger. Ils vont se venger sur nous et nous attaquer avec une très grande violence. Moins il y aura de loups, plus les écureuils et les marmottes, les pires ennemis de la steppe, vont proliférer. »

image du filmBilig s’adresse ici au Directeur des brigades de production, Bao Shungi. Lors de cette scène, ils se trouvent sous la yourte de Bilig et sont entourés d’autres hommes du village.

La brigade de Bilig vient de se voir confier la garde de chevaux de l’armée mais en échange, elle reçoit l’ordre de tuer tous les louveteaux dans les tanières, sans doute pour protéger les chevaux. Bao Shungi rappelle que c’est une pratique annuelle chez les pasteurs nomades. Mais cette fois, les circonstances sont différentes explique Bilig, car les loups en plus d’avoir été volés, sont affamés et vont voir leurs petits disparaître. Le risque que les loups attaquent les troupeaux des pasteurs est donc très élevé. Par ailleurs, la disparition des loups entraînera la prolifération de leurs proies, dont celle des rongeurs, ce qui peut s’avérer catastrophique pour l’environnement. Si les nomades pratiquent d’habitude des « prélèvements » sur la population des loups, c’est uniquement lorsque les naissances sont très nombreuses. Comme on l’a vu, exterminer la population des loups revient pour les nomades à condamner leur environnement (la « Grande Vie ») et donc à se condamner eux-mêmes ainsi que leur mode de vie (la « Petite Vie ») qui dépend entièrement de la steppe.

« Si ces gens viennent jusque ici, c’est uniquement parce qu'ils ont épuisé leurs propres terres. Le sol est trop mince dans la steppe, notre terre n’est pas faite pour le labourage. »

Bilig montre à Chen Zhen le territoire sur lequel son groupe passera le prochain hiver : il s’agit d’une des dernières terres vierges de la région. Mais les nomades ont été précédés sur cette terre par les « nouveaux migrants », comme les appelle Bilig. Les autorités leur ont donné l’autorisation de s’y installer pour s’y sédentariser. Bilig est très fâché car, pour lui, ces hommes s’installent sur ce territoire vierge parce qu’ils ont détruit le leur en utilisant des techniques agricoles agressives.

Il met en garde Bao Shungi contre le labourage : cette technique de retournement de la terre en profondeur est inadaptée au sol mince et fragile de la steppe et le détruit. En se déplaçant comme ils le font, les pasteurs nomades mongols laissent au sol de la steppe le temps nécessaire pour se régénérer après le passage de leurs troupeaux de moutons.

Conclusion : une question d’équilibre

image du filmLe mode de vie des pasteurs nomades mongols décrit dans le film est intimement lié à leur environnement car c’est d’abord cet environnement qui détermine leur mode de vie nomade : la nature-même du sol steppique, mince et fragile, oblige les populations, accompagnées de leurs troupeaux de moutons (qui leur assurent une subsistance « mobile ») à se déplacer tout au long de l’année, pour laisser à l’herbe le temps de repousser. Une exploitation intensive du sol, à l’aide de charrues pour le labour par exemple, détruit le sol et empêche à terme toute végétation de réapparaître.

On comprend mieux le culte, ou en tout cas le grand respect, que les pasteurs nomades du film portent aux loups. En régulant les populations d’herbivores et de rongeurs, les loups sont les véritables protecteurs du sol de la steppe qu’ils sauvent de la désertification et sont donc les garants d’un mode de vie ancestral en voie de disparition. Les Mongols considèrent même les loups comme les envoyés de Tengri, leur dieu protecteur.

Aujourd’hui malheureusement, les dégâts causés de longue date aux step-pes de cette région du monde ont presque eu raison de ce mode de vie pourtant millénaire.

Enfin, l’on remarquera que les hommes et les loups du film partagent un destin commun : cet élément narratif évoque encore cette identification hommes/loups qui est au coeur de la mythologie mongole : Chen Zhen, comme Petit Loup, se trouve une famille d’accueil ; Bilig est victime d’un piège tendu aux loups ; les loups sont exterminés : cet épisode fait sans doute allusion à la disparition du mode de vie des pasteurs nomades.

affiche du film