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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
17 filles
de Delphine et Muriel Coulin
France, 2011, 1h27

Le dossier pédagogique dont on trouvera un extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants et aux animateurs qui verront le film 17 filles avec un large public d'adolescentes et adolescentes (à partir de quatorze ans environ) ou d'adultes. Les différentes animations proposent d'abord de revenir avec les spectateurs sur les motivations profondes des personnages, de dégager également les valeurs qui sous-tendent les réactions de l'entourage, et d'essayer de définir, au moins partiellement, le point de vue des auteures sur cette histoire. On laissera aux participants et participants l'occasion de défendre leur propre point de vue et leurs valeurs en relation avec une cette histoire.
L'animation proposée ci-dessous suggère de revenir plus précisément sur une série de scènes du film où l'on peut deviner une signification implicite ou symbolique.

Interpréter des images

Interpréter les paroles des personnages, comme on vient de le faire, permet d'avancer des hypothèses quant à leurs sentiments et leurs motivations. Le point de vue des auteures du film, Delphine et Muriel Coulin, peut se lire, au moins partiellement, en interprétant certaines scènes, que l'on pourrait qualifier de scènes d'atmosphère.

Invitons les participants à commenter les scènes suivantes. Pourquoi les réalisatrices ont-elles tourné ces scènes, qui ne sont pas déterminantes au niveau de l'intrigue?


Quelques images à interpréter

  • Avant même les premières images du film, une voix off déclare que, cette année-là, il y a eu une invasion de coccinelles à Lorient et qu'au lieu de rester dans les jardins, elles ont investi le bord de mer. Plus tard, quand les jeunes filles sont sur la plage, elles s'amusent du grand nombre de coccinelles.
  • Camille attend sa mère pour le repas. La télévision diffuse un reportage sur une manifestation de marins pêcheurs.
  • Pendant leur temps libre, les jeunes filles se retrouvent en ville, sur un tourniquet destiné aux enfants.
  • À plusieurs reprises dans le film, les réalisatrices filment les jeunes filles seules, inactives dans leur chambre à coucher ou dans la salle à manger de leur maison.
  • Le cours de gymnastique aquatique pour les jeunes filles enceintes tourne au jeu (elles s'éclaboussent et rient).
  • La découverte du mensonge de Florence tourne en bataille d'oreillers, avec des plumes qui volent partout.
  • Sur la plage où les jeunes filles retrouvent quelques garçons pendant la nuit, un ballon tombe malencontreusement dans le feu. Les jeunes, filles et garçons, jouent au football avec le ballon enflammé.

Commentaires

Voici quelques interprétations de ces scènes. Elles peuvent être soumises aux participants pour alimenter la discussion.

Les coccinelles

En introduisant le film par l'anecdote de l'invasion de coccinelles, les réalisatrices établissent implicitement un parallèle entre ce fait et l'histoire qui va suivre. La comparaison est limitée, certes, mais cette introduction invite néanmoins à l'interprétation. Ainsi, l'invasion des coccinelles et «l'épidémie de grossesses» ont pour point commun d'être des faits exceptionnels («on n'a jamais vu ça») et assez inexplicables. D'autre part, comme les jeunes filles que l'on voit sur la plage prendre ensemble ce qui est sans doute le dernier bain de mer de l'année, le spectacle des coccinelles a quelque chose de frais et de charmant.

Pourtant ce fait «merveilleux» a aussi une face sombre: quel changement est intervenu dans la nature sans que l'on s'en rende compte pour que les coccinelles aient un comportement aussi étrange? De plus, l'on ne voit pas bien comment elles pourraient survivre en aboutissant en masse sur la plage, comme elles le font. De la même manière, le comportement (inexplicable pour les adultes) des jeunes filles cache probablement un profond malaise.

Le reportage

La télévision diffuse un reportage sur une manifestation de marins pêcheurs qui réclament un plan d'aide pour leur secteur d'activité en difficulté. Ainsi, la région de Lorient vit une phase difficile sur le plan économique. Cette scène donne donc des indications sur le contexte dans lequel se déroule l'histoire. Cet élément peut être mis en rapport avec la réflexion du frère de Camille qui lui demande si elle va faire une chômeuse ou un soldat. Comme s'il n'y avait aucune perspective professionnelle à Lorient.

Le tourniquet

Pendant leur temps libre, les amies se retrouvent sur un jouet urbain, une sorte de tourniquet destiné aux enfants, installé sur une place déserte. Cet endroit est le lieu emblématique de leur ennui: elles tournent en rond. Elles ne savent pas quoi faire. Faire un tour en ville? Mais elles sont déjà en ville. Aller au cinéma? C'est cher et il faut prendre le bus et traverser des zones industrielles sinistres. Prendre le soleil sur place? Quand le soleil brille, les odeurs du port de pêche envahissent la ville.

La reprise de cette situation à la fin du film, quand les jeunes filles ont accouché et qu'elles réinvestissent le lieu avec les voitures d'enfant est lourde de sens. Rien n'a changé. L'ennui est toujours là, malgré la présence des enfants.

Les jeunes filles seules dans leur chambre

Immobiles, regard perdu: plusieurs jeunes filles sont montrées dans leur chambre. Les premières sont connues: Mathilde, Florence, puis Flavie et Julia. Ensuite, ce seront d'autres adolescentes dont les rôles sont moins importants. Ces moments suspendus peuvent être interprétés de différentes manières: c'est encore une fois l'ennui qui domine, elles sont à chaque fois inactives; mais l'on peut supposer aussi que c'est un temps de réflexion ou de rêverie.

Mathilde puis Florence sont montrées juste après l'annonce de la (fausse) grossesse de Florence. On peut imaginer que chacune réfléchit, imagine comment les choses vont tourner ensuite. Mathilde, qui considère la grossesse de Camille comme une mauvaise nouvelle, est peut-être perturbée d'avoir vu comment Camille a réagi à la grossesse de Florence: «On va être deux» a-t-elle dit avec un enthousiasme certain. Quant à Florence, on peut imaginer qu'elle doute peut-être: elle a menti, combien de temps le mensonge va-t-il tenir?

Plus tard, c'est Flavie et Julia que l'on verra dans leur chambre, juste après la soirée où elles sont passées à l'acte. Pour elle, leur vie va peut-être basculer dans les prochains jours et elles attendent. Sans doute se posent-elles également des questions.

Ensuite, les autres jeunes filles qui sont montrées dans les mêmes conditions évoquent l'ennui, mais surtout la solitude, propice à l'angoisse, qui contraste fortement avec l'enthousiasme, la solidarité, les fantasmes, l'assurance et même parfois l'arrogance qui dominent quand les jeunes filles sont ensemble.

Les filles s'éclaboussent dans la piscine

Pendant le cours de gymnastique aquatique survient Flavie qui a de bonnes nouvelles: l'échographie avait suscité des inquiétudes, mais finalement, les résultats des tests sont bons et son enfant est en bonne santé. Elle saute alors dans l'eau avec joie pour rejoindre ses amies et ce saut donne le signal d'une partie de rigolade où les jeunes filles rient et s'éclaboussent comme des enfants. C'est sans doute ce caractère que les réalisatrices ont voulu souligner avec cette scène: les jeunes filles sont encore un peu des enfants.

La bataille d'oreillers

Florence est découverte: c'est un coussin qu'elle portait sur le ventre. Florence est exclue et les jeunes filles ouvrent le coussin, comme pour s'assurer de la supercherie. Le contenu se déverse et c'est le début d'une bataille d'oreillers où s'envolent des plumes dans toute la pièce. Cette scène est un clin d'œil au film de Jean Vigo, Zéro de conduite (France, 1933) dont la bataille d'oreillers est restée célèbre pour sa représentation de l'enfance et de la rébellion. Ici, c'est à nouveau l'enfance et l'insouciance qui s'expriment par ce jeu, alors que les grossesses des jeunes filles vont les faire passer brutalement à l'âge adulte et aux responsabilités.

Le foot avec le ballon en feu

Cette scène de la partie de ballon en feu évoque également l'enfance, puisqu'il s'agit d'un jeu, mais le fait que le ballon soit en feu lui donne une connotation particulière. Les réalisatrices donnent une représentation concrète de l'expression «jouer avec le feu». Insouciance et danger s'associent ainsi, ce qui correspond assez bien à la situation des jeunes filles mineures enceintes. (En réalité, ce n'est pas le feu qui va se révéler dangereux, mais bien le jeu, qui, joué avec trop d'enthousiasme par Clémentine, va provoquer une hémorragie inquiétante, qui sera finalement à l'origine de l'accident de Camille…)